Combien de temps encore l’affaire du Levothyrox va-t-elle pouvoir intéresser les médias ?  

Combien de temps l’affaire du Levothyrox va-t-elle encore pouvoir intéresser les médias ?

Bonjour

« Le laboratoire Merck ne distribuera plus l’ancienne formule du Levothyrox après 2018 ». C’est une information de l’AFP reprise par Le Monde. C’est aussi un symptôme. On sait qu’à la suite d’une vaste polémique l’ancienne formule de ce médicament (Euthyrox®) est « réimportée », en France, depuis le mois d’octobre. Pour combien de temps ? Le laboratoire allemand Merck Serono a affirmé, jeudi 14 décembre, qu’il ne prévoyait pas de distribuer cette « ancienne formule » au-delà de 2018, alors même qu’elle doit être progressivement remplacée dans l’ensemble des pays européens.

« Nous n’allons pas éternellement réimporter » en France, a prévenu Thierry Hulot, le patron des activités biopharmaceutiques de Merck Serono en France, précisant qu’une nouvelle importation était prévue très prochainement pour que le pays « puisse tenir jusqu’à mars ». Il a aussi ajouté que Merck était « éventuellement prêt à en réimporter un peu plus longtemps encore » – mais sans vouloir donner de date butoir.

Merck Serono ne prend ici, bien évidemment,  aucun risque. La firme connaît les derniers chiffres de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) : entre le 16 octobre et le 6 décembre 90,5 % des ventes française concernaient le Lévothyrox®-nouvelle formule (de Merck), 7,2 %  la « L thyroxine Henning® » (de Sanofi), 1,8 % la L-thyroxine serb® et seulement 0,5 % pour l’Euthyrox®, de Merck.

Désintérêt médiatique progressif

Où l’on pressent, avec le dégonflement attendu de la polémique, un progressif désintérêt des médias. Autre signe convergent, rapporté par Le Quotidien du Médecin : le Conseil d’État a, le 13 décembre, donné raison au gouvernement contre un patient traité par Levothyrox. Ce dernier avait saisi en urgence la justice administrative pour enjoindre le ministère de la Santé à remettre à disposition des malades l’ancienne formule, « dans les 48 heures ». Le Conseil d’État était ici saisi d’un pourvoi en cassation par le plaignant dont la demande avait été rejetée fin septembre par le tribunal administratif de Paris

Dans sa décision, le Conseil d’État estime que la ministre de la Santé « n‘a pas porté dans sa gestion des effets indésirables de la nouvelle formule du médicament Lévothyrox, une atteinte grave et manifestement illégale au droit de toute personne de disposer d’un traitement le plus approprié à son état de santé ».

La haute juridiction rappelle notamment les mesures prises par les autorités publiques : notamment l’invitation faite par le ministère aux laboratoires Merck Santé de solliciter l’autorisation d’importer des unités d’Euthyrox®, l’autorisation par l’ANSM d’importer près de 186 000 boîtes puis 215 000 boîtes de 100 comprimés d’Euthyrox®. On connaît la suite médicamenteuse. Conclusion :

« Dans ces conditions, et compte tenu du fait que le requérant ne fait pas état de difficultés qu’il aurait actuellement à se procurer le médicament que lui a prescrit son médecin, le Conseil d’État juge qu’il n’y a pas de carence caractérisée de la part du ministre de la santé portant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Par suite, et sans examiner si la condition d’urgence est remplie, il rejette la demande du requérant. »

Fin du chapitre. Extinction des projecteurs.

A demain

 

Une réflexion sur “Combien de temps encore l’affaire du Levothyrox va-t-elle pouvoir intéresser les médias ?  

  1. Vous dites « Fin du chapitre. Extinction des projecteurs. »
    Je ne partage pas totalement votre analyse, la décision du Conseil d’Etat est bien plus subtile que cela.
    De bons juristes en tireront des pistes…

    Par ailleurs, ce que j’aimerais vraiment, mais alors vraiment, c’est une analyse vraiment objective des données de la pharmacovigilance, qu’en scientifiques dignes de ce nom on recense d’abord les données et qu’ensuite seulement on analyse et commente.

    Sans compter que je demande qu’on m’explique pourquoi on m’a traitée pendant des années avec un « mauvais » médicament sans me le dire ! c’est ça que je ne réussis pas, mais pas du tout à avaler ! ce qu’on mettait sur le compte de l’évolution naturelle de ma maladie était donc dû, peut-être, à un mauvais médoc ? je me sens grugée.

    signé : Bobinette Cherra, une patiente a priori sans effets secondaires

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