Les jeunes américains délaissent les cigarettes de tabac. Par quoi les remplacent-ils ? 

Bonjour

Réduire les risques. C’est une information américaine importante reprise par Slate.fr puis par le site des buralistes français. Les dernières données issues de l’étude Monitoring the Future, pilotée par l’Institut national sur l’abus de drogues, ne laissent guère de place au doute : aux États-Unis, les jeunes délaissent de plus en plus la cigarette de tabac au profit du vapotage.

« Monitoring the Future » ? Depuis 1975, cette enquête mesure et analyse la consommation de drogues chez près de 45 000 adolescents scolarisés dans 360 établissements publics et privés. Il apparait aujourd’hui que seuls 4,2% des élèves en dernière année de lycée fumaient quotidiennement du tabac au quotidien – ils étaient 24,6% il y a vingt ans. Faut-il rappeler qu’ils sont 30 % ou plus, aujourd’hui, en France.

Brouillard tricolore

« Beaucoup de ces jeunes se tournent en revanche vers le vapotage, résume Slate.fr. En 2017, 28,2% d’entre eux l’avaient testé. Et nombreux sont ceux qui utilisent ce nouvel outil pour goûter au cannabis. Interrogés sur le contenu de leur vapoteuse la dernière fois qu’ils l’ont sortie, 11,1% des élèves de terminale reconnaissent y avoir mis de la marijuana. Plus de la moitié en revanche affirment avoir vapoté ’juste des arômes’’, et 32,8% de la nicotine. »

Les élèves de terminale seraient environ 6% à fumer quotidiennement du cannabis contre 4,2% du tabac, substance désormais en voie de « ringardisation ». A l’évidence ces résultats constituent un progrès majeur pour ce qui est de l’addiction et de l’intoxication tabagique que penser de l’appétence pour le cannabis ? Tne New York Times a interrogé des spécialistes : « Marijuana and Vaping Are More Popular Than Cigarettes Among Teenagers ».

«Nous ne connaissons pas encore les effets du vapotage sur la santé. […] Nos inquiétudes portent sur la manière dont celui-ci peut devenir un nouvel outil offrant [aux jeunes] de nouvelles façons de s’exposer à la nicotine et à la marijuana» estime, prudent, le Dr Wilson M. Compton, à la tête du National Institute on Drug Abuse. Certes, mais l’évolution observée outre-Atlantique n’est-elle pas, in fine, un progrès sanitaire par rapport à l’ancienne intoxication tabagique ? Comment trancher ?

Où l’on revient à l’une des équations sanitaires majeures quant à la réduction du risque et aux choix politiques devant être effectués dans ce domaine. Et force est bien une nouvelle fois de constater que, faute de chiffres fiables et de volonté affichée de l’exécutif, la France demeure, ici, dans un épais brouillard.

 A demain

 

7 réflexions sur “Les jeunes américains délaissent les cigarettes de tabac. Par quoi les remplacent-ils ? 

  1. Hypothèse.
    Enorme inconvénient du vapotage , énorme: l’idée et le lancement ne viennent pas du milieu médical. Peut pas être bon. Vous ne pensez pas ?

  2. Une machine « vapoteuse » est un moyen élégant, et incontrôlable, de se livrer à toutes les expériences d’utilisation des innombrables produits capables de modifier sa perception de la réalité. Tenez, vous pouvez même mettre de l’alcool éthylique dans ce machin, le transformant en alambic à l’envers.
    L’âge mondialisé des expériences et des prises de risque ne peut pas passer à coté.
    Ben oui, le tabac, misérable pipi de chat pour titiller les neurones, est définitivement dépassé !

  3. Etonnant cette manie de mélanger des chiffres qui n’ont pas la même base ni la même signification dans les « études » hygiénistes pour maintenir les demandes de crédits (ah mais ce n’est pas une addiction ni une dépendance quand c’est à l’argent du contribuable qu’on crave pour diffuser un discours de haine et d’intolérance).
    4,2% et 6% des jeunes consomment respectivement du tabac fumé et du cannabis (pas forcément fumé aux USA donc pour une part sans les risques pour leur santé physique).
    Les autres ont « expérimenté » (avec quel taux de conversion ? on est dans la littérature à moins de 10%) et encore faudrait-il confirmer pour ceux qui auraient mis du cannabis dans leur vape que ce n’était pas un arôme mais bien une substance et que c’était dans ce que nous appelons ici une vape (et non un vaporisateur qui chauffe des plantes, bien plus répandu là-bas).

  4. Et lycée de Versailles

    Les jeunes qui rencontrent la vape sont 23% à se mettre au vrai tabac ensuite au lieu de 7% qui ne vapent pas.

    Soneji S, Barrington-Trimis JL, Wills TA et al.. Association Between Initial Use of e-Cigarettes
    and Subsequent Cigarette Smoking Among Adolescents and Young Adults: A Systematic
    Review and Meta-analysis. JAMA Pediatr. 2017. PubMed PMID: 28654986; PubMed Central
    PMCID: PMC5656237.
    (téléchargeable librement)

    Results Among 17 389 adolescents and young adults, the ages ranged between 14 and 30 years at baseline, and 56.0% were female.

    =============================================
    The pooled probabilities of cigarette smoking initiation were 23.2% for baseline ever e-cigarette users and 7.2% for baseline never e-cigarette users.
    =============================================

    The pooled probabilities of past 30-day cigarette smoking at follow-up were 21.5% for baseline past 30-day e-cigarette users and 4.6% for baseline non–past 30-day e-cigarette users. Adjusting for known demographic, psychosocial, and behavioral risk factors for cigarette smoking, the pooled odds ratio for subsequent cigarette smoking initiation was 3.50 (95% CI, 2.38-5.16) for ever vs never e-cigarette users, and the pooled odds ratio for past 30-day cigarette smoking at follow-up was 4.28 (95% CI, 2.52-7.27) for past 30-day e-cigarette vs non–past 30-day e-cigarette users at baseline. A moderate level of heterogeneity was observed among studies (I2 = 56%).

    • « expérimenter »… vieux biais de sélection, utiliser l’expérimentation unidirectionnelle, utiliser un usage ponctuel en lieu et place d’un usage régulier chez des adolescents en train de parcourir les pratiques, ne pas poser la question de la présence ou non de nicotine (majoritaire chez ceux qui vont du tabac à la vape, minoritaire chez ceux qui expérimentent)…
      Factuellement, vu que la baisse du tabagisme accélère chez les jeunes Américains et Anglais (ainsi que les jeunes Français jusqu’à ce que ça leur soit interdit, depuis on n’a plus de chiffres), l’expérimentation du vapotage, quand il se concrétise par un usage dépassant la bouffée sur la vape du voisin, évite à ces jeunes qui auraient fumé de le faire et éventuellement au moins retardent leur entrée dans le tabagisme régulier dont on sait que l’âge conditionne la difficulté ensuite, bien plus tard, à en sortir (aux USA ils ont du mal à le savoir puisque le vapotage y est qualifié de produit du tabac… sans tabac).
      Ah oui, le rock’n’roll conduit à l’héroïne et le préservatif en vente libre cause les relations sexuelles chez les jeunes. Mêmes études, mêmes curés, même triste et criminelle pseudo-science.

      • « Factuellement », dites vous mais quels faits ?
        Avez-vous des données qui exposent ces faits ?
        Où peut on les consulter ?

    • Correction:

      Je devrais mettre cela au conditionnel:

      « Les jeunes qui rencontrent la vape SERAIENT 23% à se mettre au vrai tabac ensuite au lieu de 7% qui ne vapent pas. »

      Et souligner qu’il s’agit là bien sûr d’une ASSOCIATION ce qui ne peut prouver une relation de cause à effet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s