Combien de maternités françaises vont-elles devenir pleinement bienveillantes ? 

Bonjour

Sujet de Noël rêvé. Il est à lire sur Medscape France (Stéphanie Lavaud) : « Un label ‘’maternité’’ pour faire de la bienveillance une priorité ». Où l’on apprend que, sous la houlette de son président le Pr Israël Nisand, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a décidé de mettre en place un « label maternité » –  label décerné aux établissements qui répondront à un certain nombre de critères relatifs à l’information des femmes et à la bienveillance de l’accueil.

Il faut voir dans cette initiative une (heureuse) réponse aux accusations de violences gynécologiques qui ont émergé cet derniers mois dans les médias, sur les réseaux sociaux – des accusations amplifiées qui plus est avec les déclarations plus qu’approximatives de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité des femmes et des hommes concernant, notamment, les épisiotomies. Au final un « gynéco-bashing » face auquel la profession a choisi de réagir : les praticiens du CNGOF ont décidé, comme l’a expliqué le Pr Nisand, « d’upgrader la qualité – non pas technique, car la France est déjà dans le peloton de tête sur la sécurité des naissances – mais en termes de bientraitance ».

Pourquoi tant de violences ?

« Upgrader » la qualité, donc, plutôt que rester à dénoncer les accusateurs et leurs violences. Progresser plutôt que de pester contre un déferlement vécu comme une punition collective. Israël Nisand : « l’alerte que nous avons eu tout du long de l’année, nous en tenons compte, même si ce n’est pas nous qui sommes violents. La naissance est une violence, et nous devons l’atténuer encore mieux que nous ne l’avons fait jusqu’à présent ». Medscape France :

« Si les gynéco-obstétriciens disent avoir été meurtris par les accusations portées par certaines femmes, ils n’en reconnaissent pas moins « qu’ils ont parfois du mal à y mettre les formes. ‘’Dire que la femme et l’enfant se portent bien, c’est le minimum minimorum mais ça ne suffit plus. Nous avons tellement avancé sur la sécurité que l’on peut passer à la vitesse supérieure. C’est-à-dire veiller à l’équilibre psychique et à l’intégrité de la femme ‘’ reconnait le Pr Nisand.

 « De son côté, le Dr Amina Yamgnane (gynécologue-obstétricienne, Neuilly) rappelle que ‘’l’accouchement est un moment de charge émotionnelle intense pour tous, famille et accoucheurs ». Lors de  »situations extrêmes, les accoucheurs, qui sont des êtres humains, peuvent parfois tenir des propos violents dans le feu dans l’action. Sous l’effet du stress, il peut y avoir des sorties de route langagière.’’ C’est pourquoi, ‘’il faut toujours revoir la patiente, à froid, pour aller discuter avec elle de ce qui s’est passé’’ estime la chef de service de la maternité de l’Hôpital américain. Avant d’ajouter que ce qui s’est passé cet été ‘’ne questionne pas le savoir-faire des soignants mais le savoir-dire et le savoir-être’’ ».

 Combien d’épisiotomies ?

En pratique le label sera proposé aux maternités qui souhaitent « améliorer leur qualité et leur accueil ». Pour être labellisées, les maternités volontaires devront s’engager à respecter quatorze critères (afficher leur taux d’épisiotomies, de césariennes, d’extractions instrumentales, élaborer un projet de naissance pour la maman, s’assurer de la formation de son personnel médical et paramédical à la bienveillance et à la bientraitance, etc.). De plus les femmes qui accoucheront dans ces maternités « bienveillantes et bientraitantes »  bénéficieront d’une application grâce à laquelle elles recevront en temps et heure tout au long de leur grossesse une information « neutre et collective. » Cette application les incitera aussi à « élaborer un projet de naissance réaliste et compatible avec la sécurité ».

Ce label devrait commencer à voir le jour durant l’été 2018 et le Pr Nisand espère que la moitié des 513 maternités françaises pourront l’obtenir. Une belle issue après la polémique ; un sujet de rêve pour le prochain Noël.

A demain

4 réflexions sur “Combien de maternités françaises vont-elles devenir pleinement bienveillantes ? 

  1. « Ce label devrait commencer à voir le jour durant l’été 2018 et le Pr Nisand espère que la moitié des 513 maternités françaises pourront l’obtenir. »

    Ce label n’est-il pas un aveu de la part du CNGOF après avoir tant dénié l’existence de « maltraitance »?
    Donc, dans cette dernière phrase,le Pr Nisand admet là aussi la maltraitance de nombre de maternité en considérant que la moitié de celles-ci n’obtiendront pas le label.

  2. Aveu, pas aveu, ce n’est plus le problème puisque le vrai problème est maintenant pris en charge, à la condition que ce ne soit pas juste une réaction destinée à redorer momentanément un blason mais une démarche profonde et durable.

  3. Les propos du Dr Amina Yamgnane ne sont pas recevables car ils justifient et excusent toutes les violences.

    Dans les couples et les familles et il peut aussi y avoir des « moments de charge émotionnelle intense pour tous », des « situations extrêmes, » Au prétexte que conjoints et parents « sont des êtres humains, [ils pourraient] parfois tenir des propos violents et sous l’effet du stress, il peut y avoir des sorties de route langagière ».
    Et j’ajoute : des violences physiques.

    Même si notre société est encore bien trop tolérante envers les violences verbales et physiques dans les familles, elle admet maintenant que les « sorties de route » sont condamnables.

    Des professionnels ne devraient avoir aucune excuse.
    Des professionnels devraient recevoir la formation adéquate.
    Leurs institutions ne doivent pas les laisser seuls et doivent prendre cette question en charge.

    C’est valable aussi bien pour les médecins que pour les enseignants, les policiers,… qui sont chargés d’une responsabilité sociale fondamentale.

    D’ailleurs, les médecins accepteraient-ils que l’instituteur de leur enfant fasse des « sorties de route » quelle que soit les difficultés qu’il rencontre ?
    Et de nos jours, elles ne manquent pas …
    Il ne travaille même pas en équipe, lui !

  4. Mon fils est né il y 15 ans.

    Je me souviens de la bienveillance des sages femmes il y a 15 ans, Je me souviens de la naissance de ma fille il y a 25 ans et de la bientraitance dont nous avons pu bénéficier.

    Mais … A la lecture de cet article, les larmes viennent aux yeux. Encore, malheureusement, 15 ans après. Oui, 15 ans après, les mots et les gestes du gynécologue durant la venue au monde de mon fils me font encore tant de peine… La blessure est toujours à vif. Il y a du mépris, des mots et des gestes qui tuent.

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