Laïcité et pilosité : quelle taille maximale de barbe accepter chez un médecin hospitalier ?

Bonjour

Maintenir ou pas en vie une personne en état végétatif … Donner ou pas son sang quand on est un homme ayant des relations sexuelles avec des hommes … Quelle longueur de barbe chez un médecin exerçant dans l’espace hospitalier public ? Jusqu’où ira le Conseil d’Etat dans les champs mêlés de la médecine et de l’éhique, de la fin de vie, de la virologie, de sexualité et de la laïcité ? Résumons ce nouveau dossier avec l’aide confraternelle du Monde, de l’Agence France Presse et du Figaro.

La cour administrative d’appel de Versailles vient de rejeter, dans une décision du 19 décembre, la requête d’un stagiaire médecin au centre hospitalier de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ce médecin avait été « limogé » en février 2014 en raison du port d’une barbe jugée « religieusement ostentatoire ». Une affaire plus complexe qu’on pourrait l’imaginer. Car la justice administrative estime, sur le fond, que « le port d’une barbe, même longue, ne saurait à lui seul constituer un signe d’appartenance religieuse ».

Comment, dès lors, comprendre ? En sachant que c’est seulement en présence « d’éléments justifiant qu’il représente effectivement (…) la manifestation d’une revendication ou d’une appartenance religieuse » que ce port peut être considéré comme ostentatoire. En d’autre terme c’est le contexte de la barbe et non la barbe en elle-même que la cour d’appel se prononce. En cause: M. A., un praticien égyptien détaché pour un an, à partir de novembre 2013, dans le cadre d’une convention entre le National Liver Institute de l’université de Menoufia (Egypte) et l’hôpital français.

Phanères

Que sait-on du dossier ? Qu’avant même le début de son stage, la direction lui avait demandé (à trois reprises mais en vain) de tailler une barbe qualifiée d’« imposante ». Contexte : l’hôpital craint qu’elle puisse être « perçue par les membres du personnel comme un signe d’appartenance religieuse » et souligne « que l’environnement multiculturel de l’établissement [rend] l’application des principes de neutralité et de laïcité du service public d’autant plus importante ».

M. A., lui,  « s’est borné à invoquer le respect de sa vie privée sans pour autant nier que son apparence physique était de nature à manifester ostensiblement un engagement religieux ». La cour d’appel considère en quelque sorte qu’il a lui même reconnu le caractère potentiellement religieux de sa barbe. Corollaire : M. A. « manqué à ses obligations au regard du respect de la laïcité et du principe de neutralité du service public ». Et ce même si, souligne la justice administrative, « le port de sa barbe ne s’est accompagné d’aucun acte de prosélytisme ni d’observations des usagers du service ».

Conclusion : la mesure disciplinaire est « légalement justifiée », selon la cour de Versailles, qui confirme ainsi la décision du tribunal administratif de Montreuil en première instance. Interrogée par Le Figaro, son avocate, Me Nawel Gafsia, assure qu’il « a finalement pu faire son stage à l’hôpital Paul Brousse, à Villejuif » et que « sa barbe de 5 centimètres n’a posé de problème à personne ». A Villejuif. Elle annonce que aussi son client va se pourvoir devant le Conseil d’Etat. Toute plaisanterie avec la plus haute juridiction administrative usant d’un trébuchet pour des phanères coupés en quatre serait du plus vilain effet.

A demain

2 réflexions sur “Laïcité et pilosité : quelle taille maximale de barbe accepter chez un médecin hospitalier ?

  1. Une barbe, c’est sale, forcément;
    Une barbe, ça perd ses poils, forcément.
    A ce titre, toute barbe, y compris de 3 jours devrait être interdite à tous les personnels d’un hôpital.
    De même que des cheveux lâchés.

  2. Jac, vous n’allez pas assez loin dans votre intervention qui est au poil !
    C’est toute pilosité qui est potentiellement iatrogène. Faut tout raser de la tête – adieu tifs, cils sourcils, poils au nez ou aux oreilles – aux pieds, sans oublier les organes pelviens que nos anciens nommaient, les hypocrites, honteux.
    Les médecins de santé publique assistés des médecins conseils de l’Assurance Maladie sont bien placés pour contrôler qu’il en est bien ainsi et en rendre compte au Conseil d’Etat.

    Mais vous me faites marcher, vous ne vous nommez pas Jac en réalité. M’en voulez-vous si je retourne lettre à lettre votre pseudo ? Je trouve Caj que j’entends cage.

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