Bioéthique : allons-nous parvenir à dépasser nos vieilles polémiques sexuelles et politiques ?

Bonjour

Bioéthique à tous les étages médiatiques : ouverture en fanfare des « Etats Généraux ». « Du 18 janvier au 7 juillet, médecins, experts, associations et citoyens sont notamment appelés à débattre au sujet de la PMA et de la GPA en vue d’une révision des lois à l’automne prochain » résume France Culture. C’est vrai et, en même temps, un peu court comme l’explique  le dossier adressé par Marie-Christine Simon, directrice de l’information et de la communication au Comité consultatif national d’éthique (CCNE) – grand ordonnateur de ces « Etats Généraux ».

Car à côté des sujets « sociétaux » (PMA, GPA et – à la demande du gouvernement – la « fin de vie ») figureront des thèmes non moins essentiels. Des sujets  issus des progrès scientifiques et technologiques récents. « Depuis la dernière loi relative à la bioéthique, les avancées technologiques et les progrès de la connaissance ont été constants dans le domaine de la santé, avec un certain nombre d’évolutions majeures liées notamment au développement des systèmes numériques et de ce qu’on appelle aujourd’hui le ‘’Big Data’’, résume le CCNE. La recherche génomique, le don d’organes ou encore l’intelligence artificielle sont ainsi quelques-uns de ces domaines. »

Etat des lieux, selon le CCNE, et des prochains débats généraux :

1. Reproduction, développement embryonnaire, cellules souches.  « Une tension éthique incontestable apparaît entre le respect dû à l’embryon comme personne potentielle et l’importance de poursuivre des recherches dont les résultats pourraient être traduits au bénéfice des patients (thérapies cellulaires, compréhension de certaines maladies néonatales, nouvelles sources de greffons…) ».

Thèmes à venir : maintien ou non en culture in vitro d’un embryon préimplantatoire humain ; possibilité, à partir de cellules souches pluripotentes embryonnaires ou non embryonnaires, de reproduire in vitro certains aspects du développement du vivant [création de mini-organes fonctionnels, reconstitution de l’organisation 3D des premières étapes d’un embryon à partir de cellules souches…].

2.Génétique et génomique. « Les techniques de séquençage et d’ingénierie génomique cherchent, entre autres, à révéler le lien entre le génome constitutionnel d’un individu et les prédispositions de ce même individu à développer certaines maladies. Ces techniques sont aujourd’hui de plus en plus accessibles financièrement et faciles d’utilisation, de sorte que commencent à se faire jour les prémisses d’une médecine prédictive. »

Question : est-il « éthique » de mettre à disposition des individus de tels outils prédictifs qui pourraient concourir notamment à une généralisation des dépistages néonataux ou prénataux, dont les bénéfices mais aussi les dérives potentielles sont indéniables ? Que faire vis-à-vis des nouvelles techniques de « ciseaux génétiques » qui permettent de modifier à volonté les génomes des êtres vivants mais aussi de leurs cellules reproductrices ?

3.Dons et transplantations d’organes. « La transplantation d’organes chez l’Homme a considérablement augmenté l’espérance et la qualité de vie des personnes impliquées et les techniques de greffe sont désormais en constante amélioration. »

Au vu de la demande (et de la pénurie) croissante de greffons, faut-il maintenir les principes d’anonymat, de gratuité, de consentement au don ? Et pourquoi continuer à interdire, en France, l’auto-conservation par congélation des cellules souches du sang de cordon ?

4.Données de santé. « En France, les données de santé collectées dans le cadre du soin bénéficient d’une protection spécifique qui vise à distinguer le médical du non médical. Toutefois, les données de santé peuvent poser des questions éthiques importantes, dans leur utilisation ou leur croisement avec d’autres informations médicales, notamment dans le cadre d’une médecine prédictive. »

Que (ne pas) faire face au développement du recours à des objets connectés, à a transmission de ces données et de leur collecte et utilisation par des tiers ? Comment (ne pas) faire pour que ces masses croissantes de données ainsi constituées (Big Data) ne soient pas la source incontrôlable d’atteinte à la vie privée ? Comment, dans ce cadre nouveau, dans ce nouveau monde, redonner à l’individu, à la société, une (certaine) maîtrise sur les données qui le.la concernent, ainsi que la compréhension de ce qui en est fait ? Comment imaginer des aménagements d’un consentement libre et éclairé, « consentement » risquant, dans ce contexte, d’être aussitôt inopérant ?

5. Intelligence artificielle et robotisation. « L’intelligence artificielle et la robotisation constituent des thématiques en plein essor, permettant le développement de capacités chez la machine – d’analyse et de diagnostic notamment – semblables à celles d’un être humain. La présence de robots cognitifs au sein de la société, qui s’accroît rapidement, suscite à cet égard de nouveaux défis éthiques, notamment sur des questions en matière de sécurité, de respect de la vie privée et de protection de la dignité humaine. »

Le lecteur imaginera seul, sans robot, les questions éthiques ici soulevées.

6. Neurosciences. « Les progrès effectués dans ce domaine soulèvent un certain nombre de questions éthiques, vis-à-vis des applications cliniques mais aussi dans le champ de la recherche, notamment du fait du développement des techniques d’imagerie et de l’interprétation de ces données. »

C’est peu dire que la question des usages (juridiques, comportementaux…) de telles données doit être soulevée. Se pose également celle de l’utilisation élargie (à visée « non thérapeutique ») de l’hyperstimulation cérébrale. Nous y reviendrons.

7. Santé et environnement. « Il est aujourd’hui indéniable que la qualité de la biodiversité influence la santé humaine : la préservation de l’une et de l’autre vont de pair. La prise de conscience de la position de l’humanité au sein du vivant non-humain et ses capacités à l’altérer rendent ainsi nécessaire un changement des relations qu’elle tisse avec l’ensemble du vivant. »

Intégrer dans la réflexion sur la santé humaine la prise en compte des facteurs environnementaux et du droit des générations présentes et futures à vivre dans un environnement sain ?

A demain

 

 

 

 

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