Cannabis pré-dépénalisé : 150-200 euros. Quel sera le montant des contraventions en prison ?

Bonjour

La vie comme elle va, entre drogues et médias.Il y eut, ce week-end, la disparition de Paul Bocuse (« Empereur des cuisiniers et prince des médias »). Puis on ne parla plus, sur les ondes dominicales, que grèves des gardiens de prison et cannabis pré-dépénalisé. Sans jamais rapprocher la dérention de l’addiction. Un oubli d’autant plus regrettable que l’on dispose, sur ce sujet,  de la toute récente et remarquable communication faite à l’Académie nationale de médecine du Dr Laurent Michel (CESP/Inserm 1018, Centre Pierre Nicole, Croix-Rouge française, Paris) : « Usage de substances psychoactives en prison et risques associés ».

« Avec près de 70 000 détenus en 2017, la France atteint un record historique en termes de nombre de personnes incarcérées. Cette population cumule divers facteurs de risques sanitaires : conduites addictives, précarité sociale, troubles psychiatriques, infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et de l’hépatite C (VHC) 6 à 10 fois supérieure à celles de la population générale. L’environnement pénitentiaire exacerbe les risques du fait de la promiscuité, la violence et les mauvaises conditions d’hygiène qui règnent dans les prisons. La surpopulation actuelle est un facteur aggravant la situation, précarisant les conditions de vie des détenus et les conditions de travail des personnels pénitentiaires et sanitaires. (…)

« Les conditions de vie sont ainsi particulièrement pénibles en prison. Cet élément doit être pris en compte dans l’interprétation des données portant sur l’usage de substances psychoactives par les détenus, celui-ci, notamment en ce qui concerne le cannabis ou le recours aux benzodiazépines, constituant une stratégie bien identifiée par les professionnels pénitentiaires et sanitaires pour supporter cet environnement. »

Entre 0,7 et 2,8 joints par jour

Dans le désert des statistiques exhaustives l’auteur cite une enquête originale : elle porte sur l’analyse des eaux usées de trois établissements pénitentiaires français (deux d’Ile-de-France et un du Val-de-Loire) et a été publiée en 2017 par l’OFDT. Elle permet une estimation quantitative relativement précise des consommations de substances psychoactives en détention à partir des métabolites retrouvés dans les canalisations d’évacuation des eaux usées. « Ses résultats sont inquiétants, conclut le Dr Michel. chaque personne détenue consommerait entre 0,7 et 2,8 joints de cannabis par jour et il y aurait entre une et quatre prises de cocaïne pour 1000 détenus par jour.

« La part de ceux initiant un usage de substances psychoactives en prison n’est pas connue mais est évoquée par de nombreux professionnels : drogues illicites (surtout cannabis), psychotropes (benzodiazépines essentiellement) ou traitements de substitution. Dans l’enquête de Sannier et col., 3,2% des détenus ayant répondu au questionnaire déclaraient avoir initié un usage de substance en prison, essentiellement cannabis et benzodiazépines. »

Faut-il parler ici, en milieu carcéral, de cannabis récréatif ou thérapeutique ? Que prévoit, aujourd’hui, l’exécutif pour ce qui est des prochaines contraventions en prison ?

A demain

 

 

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