Alcoolisme et Conseil d’Etat : la polémique sur le baclofène arrive soudain devant la justice

Bonjour

Le scoop était dans Challenges : «  le bras de fer continue entre les patients et l’Agence du médicament (ANSM) sur le baclofène. Le 24 janvier, le responsable du collectif Baclohelp, Thomas Maës-Martin, a déposé devant le Conseil d’Etat un recours pour annuler l’interdiction de l’usage du baclofène à hautes doses décidée en juillet par l’Agence. Le collectif, conseillé par le cabinet d’avocats Spinosi & Sureau, plaide que cette décision constitue une « atteinte grave et immédiate » à la santé de quelque 40.000 personnes alcooliques qui recourt à ce médicament pour se sevrer. »

On se souvient que sur la base d’une vaste étude statistique de l’Assurance maladie, les experts de l’ANSM avaient jugé que les risques liés à la prise du baclofène à hautes doses étaient trop élevées. Au-dessus de 180 mg par jour, «la fréquence des hospitalisations est augmentée de 46 % et le risque de décès est multiplié par 2, 27», concluait l’étude. Ce qui avait conduit l’ANSM le 24 juillet dernier à rabaisser la posologie maximale à 80 mg par jour. Un niveau jugé bien trop faible par nombre de prescripteurs et de patients soulignant que pour lutter contre l’alcoolisme des prises moyennes de 150 mg (voire plus) étaient nécessaires.

Ecritures en défense

« Aussitôt, plusieurs médecins montent au créneau, rappelle Challenges. ‘’L’étude de l’Assurance maladie repose sur des suppositions, des interprétations et de possibles biais’’, fustige Bernard Granger, psychiatre à l’hôpital Cochin, qui proteste auprès du patron de l’Agence du médicament avec d’autres confrères. Le 13 octobre, lui et l’épidémiologiste Catherine Hill, auteure d’une étude de référence sur le nombre de morts liés au Mediator, font une nouvelle fois part de leurs interrogations aux experts de l’Assurance maladie. » Sans suite.

Deux recours ont été déposés, a confirmé le Conseil d’Etat à l’AFP : un recours en annulation, pour contester l’interdiction sur le fond, et un référé suspension, pour demander sa suspension en urgence. Le collectif de patients cite une demi-douzaine d’articles scientifiques et souligne que le médicament est couramment utilisé contre l’alcoolo-dépendance dans les autres pays d’Europe et aux Etats-Unis. «Concrètement, depuis l’interdiction du baclofène à hautes doses, des dizaines de milliers de personnes qui l’utilisaient pour rompre avec l’alcool risque de rechuter, témoigne Thomas Maës-Martin. Sans compter qu’un arrêt brutal de leur traitement peut se révéler dangereux.»

Le sujet est pris très au sérieux tant par  l’ANSM que par le ministère de la Santé. « Plusieurs scénarios sont désormais possibles, résume Le Quotidien du Médecin. le juge des référés peut rejeter la demande dans les prochains jours, notamment s’il considère qu’il n’y a pas d’urgence. Il peut également communiquer la requête du collectif à l’ANSM et au ministre, en leur donnant quelques jours pour déposer des écritures en défense. Enfin, il est également possible qu’une audience soit organisée d’ici une ou deux semaines. »

A demain

3 réflexions sur “Alcoolisme et Conseil d’Etat : la polémique sur le baclofène arrive soudain devant la justice

  1. « Bacloféniser » toutes les infos autour de l’alcoolo-dépendance ( environ 10% de la population adulte mondiale de tous pays ) trompe le public.
    Aucune addiction au monde n’est soluble dans quelque molécule que ce soit.
    Au mieux, le rituel de la prise de médicament a pour mérite de médicaliser (1) une réalité dont nous ignorons encore ce qui la détermine. La dépendance n’est qu’une observation clinique, pas une explication étiologique ! La médecine, avec ses outils actuels, n’y comprend rien.
    FMM
    (1) Médicaliser , c’est donner une face socialement acceptable. Gros progrès sur la culpabilité, le vice, la tare…

    • Bonjour

      Que savez vous de l’efficacité du baclofène ?
      L’avez vous donné à un de vos patients à dose suffisante ?
      « Aucune addiction au monde n’est soluble dans quelque molécule que ce soit. », sur quelles données vous basez vous pour prononcer cette phrase ? La science progresse tous les jours …
      Nous sommes pour notre part nombreux à avoir constaté la fin de notre addiction suite à un traitement par baclofène.
      Quant à Bacloville, une étude en double aveugle, baclofène contre placebo d’un an, à dose maximum de 300mg/j, elle montre une efficacité du baclofène pour près de 60% des patients : retour à une consommation à faible risque selon les critères OMS

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s