Lactalis : le « traitement médiatique » aurait profondément impacté les collaborateurs du PDG

Bonjour

Deux mois après le début de la crise du lait infantile contaminé aux salmonelles, le PDG Emmanuel Besnier a, sur le site de l’entreprise, publié une lette ouverte dans laquelle il orésente ses « plus sincères excuses » aux consommateurs et aux familles concernées ». Un document étrangement présenté sous le titre « rappel produit ».

« Auprès des familles concernées et de nos consommateurs tout d’abord : je vous présente mes plus sincères excuses. Toute l’entreprise, moi le premier, sommes mobilisés vers un objectif commun : réparer et améliorer ce qui doit nécessairement l’être et restaurer la confiance entre vous et nous. Cette confiance, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour la rétablir : le chemin sera long mais nous y parviendrons, j’en suis persuadé. (…)

 « Enfin, je tiens à saluer la responsabilité et le soutien de nos Instances Représentatives du Personnel, la mobilisation et l’engagement de l’ensemble des collaborateurs du Groupe, des salariés du site de Craon pendant une période de plusieurs semaines de traitement médiatique, qui a profondément impacté la plupart de nos collaborateurs. 

 Emmanuel Besnier, Président Directeur Général du Groupe Lactalis »

 Cette sincérité affichée survient après de premières confidences-accusations. C’est le dernier épisode en date d’une crise marquée par une gestion à bien des égards calamiteuse par la direction du « premier groupe laitier mondial ».

On aimerait, bien sûr, en savoir plus sur ce que M. Besnier entend précisément par « traitement médiatique ». A bien le lire, faute de l’entendre, c’est ce traitement qui à « profondément impacté la plupart de ses collaborateurs ». Où l’on retrouve, grand classique, les médias et les journalistes in fine coupables d’avoir rapporté au plus près ce qu’il en était de la réalité. Sans autre forme de procès.

A demain

2 réflexions sur “Lactalis : le « traitement médiatique » aurait profondément impacté les collaborateurs du PDG

  1. Sans aucunement nier la gestion très maladroite de cet incident, ni les soucis et inquiétudes causés aux parents des enfants malades (je passe sous silence ce que je pense des parents qui portent plainte alors même que leurs enfants n’ont pas été touché par cette contamination), je pense effectivement que ce dossier a été largement « monté en épingle » dans les médias.
    D’une part on nous explique qu’il est ringard de vouloir interdire la légalisation de certaines drogues qui causent des ravages démontrés sur les jeunes, et d’autre part on fait un scandale pour 35 nourrissons qui ont connu des diarrhées sévères sur la base de 12 millions de boites de lait vendues (il serait également intéressant de savoir combien de bébés ont été contaminés après les rappels de lot).
    Je ne conteste en rien qu’il y a (eu) un problème.
    Néanmoins, aucun journaliste n’a essayé d’expliquer la nature exacte du problème, les types de contrôles en place et leurs coûts ; aucune explication quant à la difficulté d’éradiquer de telles souches de contamination.
    On peut penser ce que l’on veut du secteur agro-alimentaire, mais en tout état de cause, ce secteur est beaucoup plus sûr que 40 ou 50 ans en arrière (je passe sous silence à dessein les siècles précédents).
    Je reste persuader que le devoir des journalistes est d’informer, c’est-à-dire d’expliquer et de placer les faits dans leur contexte, voire si nécessaire de développer les aspects techniques, scientifiques, économiques, etc.
    Michel Chevalet – si souvent brocardé – faisait ce travail de pédagogie « comment ça marche ? ».
    Concernant Lactalis (dans une certaine mesure, une « publicité » assez comparable à ce qui s’est dit et écrit quant au Lévothyrox), on a tout entendu « comportement scandaleux », « appas du gain », « incompétence », « maximisation des profits au détriment du consommateur », etc. mais rien n’a été expliqué.
    Si le chiffre annoncé est vrai, je souhaiterais que les journalistes expliquent ce que coûtent les 16’000 contrôles réalisés.
    De même, l’ANSES et la DGCCRF ont été stigmatisées (incompétence, manque de moyen, laxisme, etc.) mais il est cependant possible que le problème rencontré ne soit imputable à aucune de ces deux administrations.
    Il me semble également nécessaire de rappeler que, quoiqu’on en dise, le risque 0 n’existe pas. Toute bonne gestion du risque est le résultat d’un équilibre entre ce que l’on sait, ce que l’on sait maîtriser, ce que l’on peut maîtriser, et les coûts associés.
    Même en dépensant des sommes 10 ou 100 fois plus importantes, le risque résiduel ne sera jamais nul.
    Pour ceux que la gestion du risque dans le domaine de la santé (pharmacie, dispositif médicaux) et de l’agro-alimentaire, je vous recommande de lire (et de faire l’effort de comprendre) l’approche de la gestion du risque proposée par ICH Q9 « Quality Risk Management » (qui est d’ailleurs repris dans les BPF Pharmaceutiques Européennes et Françaises).

    NB: Je ne travaille ni pour Lactalis, ni pour Merck-Serono.

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