Agnès Buzyn, grippe, politique et vaccins : le « deux poids deux mesures » de la ministre     

 

Bonjour

C’est un jeune rituel médiatique  : la publication du rapport annuel de la très vieille Cour des comptes. Un rituel doublé d’une facilité journalistique : le travail est fait, Mediapart peut faire du copié-collé.

7 février 2018. La Cour nous offre son rapport. Glanons-y un extrait :  « La politique vaccinale : un enjeu de santé publique, une confiance à conforter ». C’est une approche émdicale et comptable  des limites et des failles de l’action publique et des responsables sanitaires. Extraits :

« La France a joué un rôle majeur dans l’histoire de la vaccination, en établissant les bases scientifiques de son principe grâce notamment à l’école pasteurienne et en mettant au point de nombreux vaccins (rage, BCG, diphtérie, hépatite B).

«  À mesure que tend à s’effacer la mémoire des grandes épidémies du passé, un débat se diffuse à nouveau sur la nécessité de la vaccination en raison du décalage ressenti entre un risque infectieux jugé faible et d’éventuels effets indésirables, voire une accusation de nocivité. La coexistence en France de vaccinations obligatoires et de vaccinations recommandées a eu tendance à l’aviver. »

La Cour a cherché à prendre la mesure des résultats obtenus par les actions engagées durant le quinquennat Hollande-Touraine  pour faire face à ces évolutions au cours des dernières années. Elle a constate que des disparités fortes persistent selon les vaccins, les territoires et les populations. Elle observe aussi que ces fragilités « peuvent être à l’origine de réémergences épidémiques », et qu’elles « s’inscrivent dans un contexte d’hésitation vaccinale grandissante, nettement plus marquée qu’ailleurs et très largement relayée et alimentée par les réseaux sociaux ».

Ce phénomène complexe et mal appréhendé par les pouvoirs publics a des incidences fortes sur les comportements des patients et des professionnels de santé » ajoutent les magistrats de la rue Cambon. Et maintenant ? Que pensent-ils de l’action Macron-Buzyn ?

« L’extension récemment décidée des obligations vaccinales de la petite enfance, pour nécessaire qu’elle apparaisse pour rétablir rapidement des couvertures vaccinales satisfaisantes, doit impérativement s’accompagner de la mobilisation des différents professionnels de santé, impliquer plus activement l’école et mettre l’accent sur une information et une communication aux modalités adaptées aux nouveaux médias sociaux ».

Rhétorique politique

La Cour rappelle d’autre part que la vaccination contre la grippe saisonnière des professionnels de santé été rendue obligatoire (article 62 de la loi du 19 décembre 2005) avant d’être suspendue par un décret du 14 octobre 2006 signé de Xavier Bertrand qui ne s’est jamais expliqué sur le sujet 1.  Elle insiste pour qu’elle soit rétablie, ce qui « apparaît d’autant plus nécessaire qu’outre le renforcement de la protection des patients et des professionnels qu’elle poursuit, elle revêt un caractère encore accru d’exemplarité dans le contexte nouveau d’extension des obligations vaccinales de la petite enfance ».

Réponse d’Agnès Buzyn :

« S’agissant des professionnels de santé et de votre recommandation visant à rétablir l’obligation vaccinale (grippe) de ces derniers, je souhaite souligner que je tiens à ce stade à privilégier la conviction et faire appel à la déontologie de ces professionnels en vue d’une conduite exemplaire plutôt qu’à la contrainte. »

 Où l’on voit que la ministre des Solidarités et de la Santé un argumentaire et, en même temps, son contraire 2. Contraindre pour convaincre d’une part. Et, de l’autre, tenter de convaincre sans contraintes. Une rhétorique politique qui pourrait ne pas résister à une agression virale grippale massive.

A demain

1 « Décret n°2006-1260 du 14 octobre 2006 pris en application de l’article L. 3111-1 du code de la santé publique et relatif à l’obligation vaccinale contre la grippe des professionnels mentionnés à l’article L. 3111-4 du même code ».

2 « Vaccin anti-grippe : Agnès Buzyn osera-t-elle l’imposer à l’ensemble des soignants ? » Journalisme et santé publique 6 octobre 2017

 

 

Une réflexion sur “Agnès Buzyn, grippe, politique et vaccins : le « deux poids deux mesures » de la ministre     

  1. Sauf que:
    – la contrainte
    – la persuasion,
    nécessiteraient la preuve que la vaccination des professionnel de santé protège les malades, et mieux que : éviction (sous effectif peu souhaitable) lavage de main etc ..

    Or il suffit de lire les méta-analyses de la fondation Cochrane pour se dire que cette preuve manque cruellement.

    Notamment pour les personnels de santé vis à vis des résidents de maisons de retraite médicalisées.

    Donc on vaccine et préconise la vaccination grippale en se basant sur la foi.
    Ca ne me gêne pas, je me vaccine en me basant sur la foi. J’en ai honte mais je le fais.

    PAs facile d’être ministre.
    Le scepticisme est une qualité fondamentale du scientifique , n’oublions pas. L’invective non .

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