C’est promis – c’est juré: l’hôpital ne sera pas rafistolé (Edouard Philippe, Premier ministre)

 

Bonjour,

Comment tout refaire, de la cave au grenier avec rien sinon un peu d’ingéniosité ? 13 février 2018 Edouard Philippe a annoncé que le gouvernement se donnait « trois mois » pour réfléchir « intensément » au nouveau visage d’un hôpital public exsangue et à bout de souffle. En d’autre termes le Premier ministre annonce le prochain lancement d’une « réforme globale, cohérente et méthodique » non seulement del’hôpital mais bien de l’ensemble du système de santé. « Le temps des rafistolages est révolu » claironne l’ancien maire du Havre. Et pour cela prévoit une enveloppe budgétaire de … 100 millions d’euros par an – sur les  200 milliards d’euros que la Nation consacre dans le même temps à la santé. S’attendre à quelques mouvements dans les rangs blancs.

Tout est expliqué dans un dossier de presse ministériel : « Stratégie de transformation du système de santé ». En pratique une concertation « à plusieurs niveaux » se tiendra de mars à mai, à la fois « au niveau local » pour « recueillir l’avis des acteurs du terrain » et au niveau national, « notamment par une consultation en ligne ». Le gouvernement a d’ores et déjà identifié « cinq grands chantiers » pour sortir d’un système de santé « cloisonné » et fondé sur une tarification à l’acte qui pousse à la « course aux volumes ». a indiqué Édouard Philippe.

Sans barguigner

Les mots de l’exécutif sont choisis :  numérique, formation et ressources humaines, organisation territoriale. Ce sont ceux que le Premier ministre a fixé à l’agenda d’Agnès Buzyn, sa ministre des Solidarités et de la Santé. Les 100 millions d’euros « en plus  du budget de l’Assurance maladie lui donneront « un peu de marge pour accompagner les initiatives » ajoute Édouard Philippe. Sans rire. Pour sa part Mme Buzyn explique à qui veut l’entendre que « sur l’hôpital » nous sommes aujourd’hui « arrivés au bout du système ».  Et d’ajouter, sans barguigner, que 30 % des dépenses « ne sont pas pertinentes ».

« En dehors de ce budget dédié, Edouard Philippe et Agnès Buzyn ne desserrent néanmoins pas la contrainte budgétaire imposée depuis plusieurs années à un monde hospitalier à bout de souffle, traversé par de fortes tensions, observe Le Monde (François Béguin). Conformément à la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, ils proposent en revanche de ’corriger’’ et de ‘’rééquilibrer’’ la tarification à l’activité, qui pousse les hôpitaux à réaliser toujours davantage d’actes pour obtenir des financements. Une réforme que n’avait pas menée Marisol Touraine lors de ses cinq années au ministère de la santé, malgré la promesse faite en 2012 par François Hollande d’en finir avec ’l’hôpital entreprise’’ ».

Les nouveaux modèles à imaginer ne verront pas le jour avant « la fin de l’année 2019 ». Et d’ici là, on ne rafistolera pas un grand corps hospitalier malade  – une entreprise exsangue et à bout de souffle, qui ne sait plus trop vers où elle doit aller.

A demain

 

 

 

 

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