Pharmacie : le géant Boehringer n’apprécie pas le traitement réservé à son Pradaxa® 

 

Bonjour

Habituellement ce sont des affaires qui ne sortent pas des cocons feutrés du monde pharmaceutique. Tel n’est pas le cas avec l’affaire Pradaxa®, du nom du célèbre anticoagulant de la multinationale Boehringer Ingelheim 1. Cette dernière se dit « surprise » et « ne partage pas » les éléments de l’avis rendu par la Haute Autorité de Santé. Cette HAS vient en effet de faire passer niveau de Service Médical Rendu (SMR) de Pradaxa® « d’important » à « modéré ». Une décision totalement injustifiée selon Boehringer qui « place la France dans une situation singulière par rapport aux autres pays européens ».

Et Boehringer Ingelheim de « réaffirmer sa profonde conviction dans les bénéfices de Pradaxa® et sa place dans la stratégie thérapeutique, démontrés par les études conduites sur plusieurs centaines de milliers de patients à travers le monde ».

Le Pradaxa® (dabigatran)  est un anticoagulant oral. Dosé à 75 mg et à 110 mg, il est utilisé dans la prévention des accidents thromboemboliques veineux dans le cadre d’une chirurgie pour la pose d’une prothèse de hanche ou du genou. Dosé à 110 mg et à 150 mg, il est utilisé dans la prévention des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et de la formation de caillots chez les adultes présentant un trouble du rythme cardiaque ( « fibrillation atriale non valvulaire ») ainsi que dans le traitement des thromboses et des embolies pulmonaires et en prévention des récidives.

D’important à modéré

Tout résulte ici de la publication, le 9 février dernier, de l’avis de la Commission de Transparence (CT) concernant le Pradaxa® – avis émis dans le cadre de la réévaluation de l’ensemble de la classe des anticoagulants oraux directs (AOD).  Cet avis considère le SMR de Pradaxa® comme ‘’modéré’’, revenant ainsi sur l’avis rendu en 2016 par la même autorité, qui reconnaissait à Pradaxa® un SMR ‘’important ‘’, observe Boehringer Ingelheim.

Que s’est-il passé en si peu de temps pour que l’on en vienne à un tel déclassement ? Il faut ici rappeler que la firme avait déjà publiquement attaqué, il y a trois ans, la Commission de Transparence pour les mêmes raisons : « Praxada® : Boehringer Ingelheim voit rouge et menace la Commission de Transparence ».

Boehringer Ingelheim avait alors alerté la presse et disait ne pas comprendre et ne pas partager l’évaluation défavorable de la Commission. La firme réaffirmait alors que Pradaxa® offre un bénéfice médical important en prévention des accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez les patients souffrant d’une fibrillation atriale. Et Boehringer Ingelheim annonçant qu’elle userait de tous les recours légaux pour faire appel des conséquences de cet avis concernant le remboursement de Pradaxa®.

Cette réaction était d’autant plus vive que deux des concurrents de ce médicament conservaient un SMR « important ». Elle avait semble-t-il atteint son objectif puisque nous nous retrouvons aujourd’hui dans une situation identique.

100 000 patients traités en France

Aujourd’hui Boehringer prend soin de souligner qu’il est le seul laboratoire commercialisant un anticoagulant oral  à mettre à disposition des médecins un agent de réversion (Praxbind®)  permettant une maîtrise du risque hémorragique dans des situations d’urgence pour les patients sous Pradaxa®.  « Notre souhait, conclut la firme,  est que les 100 000 patients traités en France puissent continuer à bénéficier de Pradaxa® car les études en vraie vie (sic) menées depuis 2012 confirment le rapport bénéfice/risque de Pradaxa®. C’est pourquoi nous abordons avec détermination les prochaines étapes de ce processus dans les semaines à venir. »

Où l’on comprend que bien des éléments nous manquent pour saisir la totalité des éléments de cette nouvelle affaire. Sans doute faut-il ici ajouter une pièce datant d’octobre 2016 : la décision prise par la Haute Autorité de Santé, au vu des revendications transmises par Boehringer Ingelheim  concernant son Pradaxa®.

« Considérant que le chiffre d’affaires du produit Pradaxa® est supérieur à vingt millions d’euros » la HAS estimait qu’il était « susceptible d’avoir un impact significatif sur les dépenses de l’assurance maladie ».  En conséquence il était décidé que la « Commission évaluation économique et de santé publique » procéderait à l’évaluation médico-économique de ce produit. Ce document date du 26 octobre 2016. Il est signé par la présidente de la HAS d’alors : Agnès Buzyn.

A demain

1 Boehringer Ingelheim se présente comme une entreprise familiale, engagée dans la recherche et développement, qui figure parmi les vingt premières entreprises du médicament au monde. En 2016, Boehringer Ingelheim a réalisé un chiffre d’affaires de 15,9 milliards d’euros. Avec plus de trois milliards d’euros d’investissements, les dépenses en Recherche & Développement représentent 19,6 % du chiffre d’affaires du groupe.

Une réflexion sur “Pharmacie : le géant Boehringer n’apprécie pas le traitement réservé à son Pradaxa® 

  1. Mon père est décédé des suites du Pradaxa en 02/2013 . J’ai déposé une plainte et suis passé en commission à l’amiable il y a qques jours une mascarade plutôt de commission. En fair seul compte l’argent et les profits des labo c’est une honte!!!

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