Médicaments et « fantaisie » : Big Pharma est invité à ne plus faire tout et n’importe quoi

Bonjour

Hormis les vitrines fleuries des officines on ne connait rien, ou presque, des liens qui unissent publicité et pharmacie. Une fenêtre est aujourd’hui entrouverte sur le site de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) : « L’ANSM publie ses recommandations sur les noms des médicaments – Point d’Information ».  Il s’agit de « prévenir les risques potentiels liés au choix du nom des médicaments ».

L’Agence rappelle à ceux qui ne le savaient pas que le choix du nom d’un médicament « n’est pas anodin », et qu’il peut entraîner des risques pour les patients ou les professionnels de santé : confusion avec un autre médicament ou produit, erreur sur la population cible, les indications, la composition ou les modalités d’utilisation… C’est pourquoi elle a élaboré des « Recommandations à l’usage des demandeurs et titulaires d’autorisations de mise sur le marché et d’enregistrements relatives aux noms de médicaments ».

La lecture de ce document technique, disponible sur le site de l’ANSM, est particulièrement indigeste à qui n’est pas du métier. Un chapitre mérite toutefois l’attention : celui des « noms de fantaisie » donnés aux médicaments. Désormais lorsque la firme pharmaceutique proposera un nom de fantaisie pour un médicament il « sera invité » (sic)  à tenir compte de nouvelles recommandations. Extraits du document officiel :

« Le nom de fantaisie proposé doit être choisi de façon à éviter toute confusion avec d’autres médicaments, lors de la prescription, de la délivrance ou de l’administration ; il doit en outre être choisi de façon à éviter toute confusion avec d’autres produits à finalité sanitaire tels que les dispositifs médicaux, avec les produits à finalité cosmétique ou avec les denrées alimentaires et en particulier les compléments alimentaires (…)

Messages promotionnels

« A l’écrit, il convient d’éviter toute éventuelle ressemblance avec un autre nom de médicament concernant notamment : * la position des lettres ; * les premières lettres ; * le risque de confusion lié à l’écriture manuscrite des prescriptions ; * le nombre de lettres en commun par rapport à l’ensemble des lettres composant le nom proposé. A l’oral, il convient également d’éviter toute ressemblance phonétique avec un autre nom de médicament (…)

« Le nom de fantaisie ne doit pas induire en erreur sur les qualités, les propriétés ou la composition du médicament, tant en écriture que phonétiquement. L’utilisation de noms trop proches de termes désignant des pathologies, par exemple, ne doit pas être trompeuse par rapport à l’indication thérapeutique ni présenter un risque de confusion préjudiciable pour la santé publique.

« Le nom de fantaisie ne doit pas véhiculer de message promotionnel au regard des propriétés thérapeutiques et/ou pharmaceutiques ou de la composition du médicament, tant en écriture que phonétiquement. Des segments tels que : FORT, FAIBLE, PLUS, MOINS, ULTRA, VITE, HYPER, VITAL, FLASH, CONTROL, STOP, ANTI, BIO…, ne doivent pas être utilisés, dans la mesure où ils sont susceptibles de véhiculer un message promotionnel relatif à l’utilisation du médicament.  De même, un nom ou une syllabe mettant en évidence un superlatif, même orthographié différemment, ne doit pas non plus être utilisé : exemple (X…FOR). Il est recommandé de ne pas utiliser d’anglicismes, ayant une connotation promotionnelle, tels que : STRONG, NEW,…(…)

« Marques ombrelles »

« Il est recommandé qu’un même nom de fantaisie ne soit pas utilisé à la fois pour un médicament soumis à prescription médicale obligatoire (PMO) et pour un médicament de prescription médicale facultative (PMF). En effet, il est important d’éviter des confusions préjudiciables aux patients dans la mesure où ces médicaments peuvent être très différents, notamment en termes d’indications, de dosage, de posologie, de surveillance médicale ou de durée de traitement.

Les recommandations de l’ANSM proposent également un encadrement plus strict de la mention de l’arôme dans le nom, ainsi que l’arrêt de l’utilisation des « marques ombrelles » pour des produits de statuts différents ou pour des médicaments en prescription médicale facultative (PMF) ayant des compositions et/ou des indications différentes.

Pourquoi use-t-on, dans le champ du médicament, de ces formules que sont « nom de fantaisie » ou « marque ombrelle » ? L’ANSM ne nous le dit pas.

A demain

 

 

 

 

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