« Rabot et garrot » : le gouvernement aura-t-il bientôt asphyxié les établissements hospitaliers ?

Bonjour

Le gouvernement vient de faire connaître les nouveaux tarifs hospitaliers : tarifs des séjours en baisse de 0,5% – une baisse portée à 1,2% en tenant compte de la mise en réserve « prudentielle » de 0,7%. Très vifs regrets de Frédéric Valletoux, président la Fédération Hospitalière de France (FHF) qui observe que ses « alertes récurrentes » n’aient pas été entendues par l’exécutif.

La FHF explique que les calculs tarifaires officiels continuent à reposer sur des prévisions d’activité irréalistes pour 2018 (+2,6%), et que le tendanciel des charges reste supérieur à 3%. En clair, cette nouvelle baisse tarifaire engendrera une nouvelle aggravation du déficit des établissements publics de santé, et des tensions accrues sur l’emploi et les organisations de travail. Plus précisément cela signifie que pour revenir à l’équilibre à la fin de 2018, les hôpitaux devraient supprimer 33 000 emplois. « Ce qui est bien sûr inenvisageable ».

La situation est d’autant moins compréhensible que le même gouvernement (et sa ministre des Solidarités et de la Santé) affirme sa volonté de transformer le système de santé. Refusant que l’hôpital public soit « la variable d’ajustement d’autres secteurs » la FHF appelle dès ce mois de février le gouvernement à prendre, sans délai, l’engagement solennel d’une restitution intégrale de la mise en réserve » prudentielle » dès lors que l’objectif national de dépenses d’Assurance-maladie sera tenu en fin d’année.

Grondements silencieux

C’est dire si la confiance ne règne plus et les soignants des hôpitaux publics ne sont plus les seuls à appeler à l’aide. Le mécontentement « monte de tous les côtés », constate le Pr Michel Claudon, président de la conférence des présidents des commissions médicales d’établissement des CHU, cité par Le Monde. Il dénonce une « course inutile à l’activité » (sic).

Il y a plus inquiétant encore, pour l’exécutif. « Les hôpitaux et les cliniques grondent en silence », ont ainsi prévenu les présidents des quatre fédérations hospitalières dans une tribune parue le 25 février dans Le Journal du Dimanche :

« Cette situation délétère engendre un malaise général. La souffrance est bel et bien là, chez des professionnels pourtant passionnés par leur métier, un métier difficile mais gratifiant. Les hôpitaux et les cliniques grondent en silence. Nous attendons donc de celles et ceux qui, par la force de la démocratie, ont la responsabilité de bâtir l’avenir de notre santé, qu’ils prennent conscience de l’urgence de la situation, qu’ils refondent le pacte de confiance avec celles et ceux qui soignent, et qu’ils empruntent la seule voie qui soit à la hauteur des enjeux : rénover profondément notre système de santé. »

 Le temps, désormais, est compté. Et le « maître des horloges » est au Palais de l’Elysée.

 A demain

 

 

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