Transparence : « l’AP-HP confirme le suicide, vendredi, d’un de ses agents, à l’Hôtel-Dieu »

Bonjour

Symboliques. C’est un communiqué banalement tragique de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Il est disponible dans « espace presse » : « L’AP-HP confirme le suicide d’un de ses agents dans les locaux de son service central de Santé au Travail ».

Confirmation d’un suicide, donc. Et un communiqué de presse qui ne laisse rien au hasard :

« Mardi 27 février 2018 à la mi-journée, l’agent avait informé une organisation syndicale et un média de l’imminence d’un ‘’événement tragique’’ la concernant ‘’au siège’’ de l’AP-HP. Ce message d’alerte laissait présager un passage à l’acte après une première tentative de suicide et plusieurs passages en hôpital psychiatrique. Transmis le jour même à la DRH de l’AP-HP, elle a [sic] été prise très au sérieux par l’AP-HP et les organisations syndicales. »

« L’agent » s’est donné la mort dans les locaux du service Central de Santé au Travail (SCST) situés à l’Hôtel Dieu. « En arrêt maladie depuis juillet 2017, cet agent avait rendez-vous avec une psychologue du service. Malgré l’intervention des équipes de l’Hôtel-Dieu, la victime n’a pas pu être réanimée, nous dit encore le service de presse de l’AP-HP.  La famille a été immédiatement prévenue. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place et a accueilli les personnels qui le souhaitaient. Les services de police se sont immédiatement rendus sur place. L’AP-HP a présenté ses condoléances à la famille, aux proches et aux collègues de l’agent. »

Et cette même AP-HP de détailler les actions effectuées :

« Mardi 27 février, la direction des ressources humaines de l’AP-HP a rassemblé toutes les informations disponibles concernant le parcours administratif et la situation médicale de l’agent ; mercredi 28 matin, l’hôpital Tenon, auquel était rattaché cet agent, a mené toutes les démarches afin de s’assurer d’une réelle prise en charge médicale et d’un soutien de la famille.

«  Le jour même, deux assistantes sociales de l’hôpital Tenon – AP-HP ont effectué une visite au domicile de l’agent qui était absente. En interrogeant le voisinage, elles ont appris qu’elle était en province depuis quelques jours chez son père. Contacté, ce dernier n’a pas répondu. Toujours le mercredi 28, la « personne de confiance » de l’agent a été à plusieurs reprises en contact avec l’AP-HP et a indiqué qu’elle n’était jamais laissée seule ; elle était d’ailleurs accompagnée par une amie lors de son rendez-vous au service central de médecine du travail le vendredi 2 mars 2018.

« Mercredi 28 février 2018, une procédure de DGI – Danger Grave et Imminent – déposée par des membres du CHSCT de l’hôpital Tenon – AP-HP est levée le jour même ; les mesures mises en œuvre par l’AP-HP ayant été jugées adaptées à la situation. Le jeudi 1er mars au soir, la psychologue de la médecine du travail de l’AP-HP (contactée par l’agent en vue d’un rendez-vous), après un long échange, l’informe de l’ensemble des dispositifs de prise en charge et d’écoute existants près de son domicile. Il est convenu d’un rendez-vous pour organiser sa prise en charge dès le lendemain matin à 9h30 à son bureau situé à l’Hôtel-Dieu. Elle s’est assurée qu’elle était accompagnée.

« L’agent s’est rendue à ce rendez-vous qui lui avait été proposé, avec une amie. C’est à ce moment que le drame s’est produit. »

« Analyser les causes  en toute transparence ».

Peut-on savoir, pour tenter de comprendre, qui était cet « agent » ?

« L’agent a occupé plusieurs postes  à l’AP-HP. En 2007, après avoir été recrutée en CDD de cinq mois à l’hôpital Trousseau, une 1ère mise en stage en vue d’une titularisation dans la fonction publique hospitalière, à l’AP-HP lui a été proposée. En 2008, il a été mis fin à ce stage après passage devant la commission administrative paritaire. En 2013, elle effectue un remplacement de six mois à l’hôpital Robert-Debré.

Début 2016, après un CDD de près d’un an à l’hôpital Bicêtre, son CDD n’est pas renouvelé. Le jour où elle en est officiellement informée, elle commet une tentative de suicide dans son service. Cette tentative ne sera pas reconnue comme accident du travail par les organismes de sécurité sociale, car elle a été déclarée par l’agent bien au-delà du délai légal. En mars 2017, une seconde mise en stage [sic] lui a été proposée lors de son recrutement à l’hôpital Tenon où elle a travaillé cinq mois avant d’être placée en arrêt maladie. »

Un CHSCT central extraordinaire devait se réunir aujourd’hui jeudi 8 mars « pour analyser les causes  en toute transparence ». Le syndicat de personnels SUD Santé de l’AP-HP reproche à la direction générale un « manque de suivi médical et de protection de cet agent », qui avait déjà fait une tentative de suicide sur son lieu de travail en 2016. Ce syndicat précise qu’il s’agissait d’une « technicienne de laboratoire ». Et qu’elle s’est donné la mort le vendredi 2 mars. C’était dans les toilettes du service de la médecine du travail – hôpital de l’Hôtel-Dieu de Paris.

A demain

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s