L’Eglise catholique indéfiniment allergique à la procréation médicalement assistée ?

Bonjour

Lundi 12 mars 2018. Retour de Milan, de La Scala et de son miraculeux Orphée et Euridyce. Milan et son invraisemblable, contagieuse et dévorante effervescence marchande enivrant jusqu’aux gargouilles du Duomo.

Retour en France où La Croix lance une  initiative originale : pendant trois semaines, le quotidien catholique va examiner les questions qui seront débattues tout au long des Etats généraux de la bioéthique lancés en janvier par le Conseil consultatif national d’éthique (CCNE). Le tout « en ayant à cœur de donner la parole à toutes les parties en présence ». « Une manière de poser, sans se laisser submerger par les passions, les enjeux de questions ultrasensibles, de la PMA à l’intelligence artificielle, en passant par les manipulations génétiques, la GPA, la fin de vie ou la médecine prédictive » (Loup Besmond de Senneville).

Passions

Toujours se méfier des passions qui risqueraient de nous submerger… Aujourd’hui, premier dossier  : la procréation médicalement assistée (PMA). Avec la perspective sans cette plus rapprochée de celle dite « pour toutes » – un événement qui bousculera le triptyque de la bioéthique « à la française ». C’est l’occasion, pour La Croix de redire le credo officiel. Rappel :

« L’Église promeut les techniques d’aide à la fertilité (traitement hormonal, restauration ou désobstruction des trompes, traitement de l’endométriose) mais s’oppose à l’assistance médicale à la procréation, soit parce qu’elle « réalise une totale dissociation entre la procréation et l’acte conjugal » (insémination), soit parce qu’elle suppose une destruction d’embryons surnuméraires (fécondation in vitro).

« ‘’Compte tenu du rapport entre le nombre total d’embryons produits et ceux effectivement nés, le nombre d’embryons sacrifiés reste très élevé’’», peut-on lire dans l’instruction Dignitas personae, ‘’sur certaines questions de bioéthique’’, publiée en 2008 par la Congrégation pour la doctrine de la foi. ‘’La PMA élargie aux femmes seules et aux couples de femmes achève de disjoindre la fécondation biologique et la parenté sociale’’, indiquent les fiches sur la bioéthique diffusées en février par la Conférence des évêques de France, ce qui constitue ‘’un acte de violence contre l’unité de la personne humaine’’. »

Médecin et en même temps archevêque

Le temps, ici, ne ne passe pas. Rome tient le même discours hors-sol depuis la naissance de la PMA. Et En France ?  On se souvient peut-être que le pape François a, le 7 décembre dernier, nommé le Dr Michel Aupetit archevêque de Paris – un médecin qui quitta son exercice de généraliste en 1990 pour entrer au séminaire de Paris. Les gazettes rappelèrent à  cette occasion son opposition ouverte à la loi Taubira et sa participation (remarquée et controversée) à la « Manif pour Tous » du 26 mai 2013. Jusqu’à La Croix qui le citait :

« Il ne convient pas qu’au nom d’un individualisme exacerbé, on crée une loi pour chaque catégorie de personnes. Sinon, pourquoi pas la polygamie ? L’inceste ? L’adoption d’un enfant par un frère et une sœur ? Pourquoi pas, en effet, “puisqu’ils s’aiment”, pour reprendre l’argumentation des partisans du “mariage homosexuel” ? »

« On peut dès lors supposer, après la flamboyance du cardinal Lustiger et les longs silences du cardinal Vingt-Trois, que cette voix va rapidement se faire entendre, écrivions-nous alors. Notamment lors des prochains débats et controverses qu’alimentera la révision de la loi sur la bioéthique – à commencer par la question politique de l’ouverture des techniques de PMA hors du champ de la thérapeutique. »

Le moment est venu : quelle sera la parole du Michel Aupetit, hier médecin, aujourd’hui archevêque de Paris ?

A demain

 

2 réflexions sur “L’Eglise catholique indéfiniment allergique à la procréation médicalement assistée ?

  1. Donc, l’entité imaginaire qu’ils appellent dieu veut devenir père, pour cela il prend une femme, sans lui demander son avis ceci dit en passant, pour opérer sur elle une fécondation en « totale dissociation entre la procréation et l’acte conjugal » (je cite). Mais faire la même chose, dans le cas de personnes consentantes, elles, serait mal selon ce dieu ?

    Aupetit parle d’individualité exacerbée en qualifiant la PMA. Leur « dieu » (si ce conte était vrai tout au moins) aurait été capable de faire venir un enfant sans passer par une femme puisque il est tout-puissant etc., non ? Il aurait donc sciemment choisi une voie qui se rapproche énormément de la PMA il me semble. Donc si j’en crois cet archevêque, dois-je conclure que leur dieu aurait une « individualité exacerbée » ?

    Ceci dit peut-on parler « d’individualisme exacerbé » dans le cas d’un individu (ou d’une entité) qui en toute connaissance de cause impose une grossesse, ne s’implique que très peu dans l’élevage d’un enfant, ne le laisse pas choisir la vie qu’il souhaite mener, en lui assignant une mission avant même sa naissance, et tout ça pour le conduite à des tortures et à la mort ? Si c’était un homme il serait qualifier de salopard manipulateur, mais là il s’agit de dieu, donc il est bienveillant et infaillible ?

    Il n’y a pas des trucs qui clochent ?

    On peut s’opposer pour des tas de raisons à la PMA, mais certainement pas au nom de la morale. Les décisions politiques devraient être prises en s’appuyant sur des faits solides, pas sur des contes ni sur des peurs.

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