Jeux d’Argent : le gouvernement va ouvrir un peu plus largement les vannes de l’addiction

Bonjour

Gratter pour s’amuser. Pour gagner. Puis gratter compulsivement. Gratter et regratter, à perpétuité.

Une nouvelle fois confrontation entre les addictions et la politique ; de la lutte contre les premièree et de l’exercice de la seconde. C’est un communiqué de presse de la Fédération Addiction auquel la presse généraliste n’a étrangement guère porté attention. Sujet perçu comme trop complexe peut-être. Difficile à vendre à sa hiérarchie… Et pourtant… Sujet en or pour les gentils requins transformant désormais une forme de journalisme en vidéos virales avant que les milleniums ne vieillissent.

C’est un sujet au cœur même des addictions financièrement régulées par l’Etat ; celles que l’on retrouve chez les clients du « Bar-Tabac-PMU-Française des Jeux ». Un sujet pleinement d’actualité et qui passionne les buralistes : la privatisation, même partielle, de la Française des Jeux (FDJ).

« Déjà envisagée par Nicolas Sarkozy puis François Hollande, repoussée à chaque fois, l’idée de privatiser au moins partiellement la FDJ est de nouveau sur la table, écrivait Le Monde en septembre dernier (Denis Cosnard). A la recherche d’argent frais, notamment pour alimenter un futur fonds pour l’innovation, le nouveau gouvernement a commencé à étudier le sujet et semble déterminé à mener l’opération, indiquent des sources concordantes. Stéphane Pallez, la présidente de l’entreprise connue pour le Loto et l’Euro Millions, a déjà été consultée. L’Agence des participations de l’Etat est en train d’explorer les différents scénarios possibles : entrée en Bourse, cession à des professionnels du divertissement ou à des fonds, etc. Certains investisseurs intéressés se sont fait connaître. »

Corps et âme

Ministre de l’Economie de François Hollande, Emmanuel Macron avait relancé le sujet qui, aujourd’hui, redevient donc pleinement d’actualité. Mais, en même temps, le président a oublié que, lui candidat, avait haut et fort déclaré qu’il s’engagerait corps et âme en faveur de la « prévention ».  Le moment est venu de lui rappeler.

« Cette privatisation est au cœur d’un nécessaire débat public sur l’addiction aux Jeux d’Argent et de Hasard (JAH) tente de faire comprendre la Fédération Addiction. Il serait envisagé des mesures de ventes plus incitatives auprès des détaillants pour les amener à vendre plus de jeux afin ‘’d’équilibrer’’ le manque à gagner dû à la hausse du prix tabac. Changer le modèle économique de l’offre de jeu en passant d’une conception extensive à une conception intensive n’est pas sans conséquences : l’Italie et l’Australie, après avoir expérimenté une politique libéraliste avec la privatisation, font aujourd’hui marche arrière. »

L’affaire est, médicalement, d’importance. L’Observatoire des Jeux 1 estime à un millions deux cent mille le nombre des joueurs qui, en France, peuvent être « problématiques ». En France, les études récentes portant sur le Jeu de Hasard et d’Argent mettent en exergue « une hausse croissante des pratiques et du budget consacré par les français, même pour les mineurs à qui ils sont pourtant interdits ».

L’addiction au jeu est reconnue depuis 2014. Son coût social est proche de celui de l’alcool et des drogues illicites et ses répercussions en termes de dommages sociaux, familiaux, économiques et professionnels sont importantes. Si les Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) sont concernés les joueurs en difficulté ont encore trop peu recours au système de soin, ou trop tard, bien souvent quand les dommages sont installés.

L’Etat va-t-il laisser un peu plus encore cette forme d’addiction se répandre afin, notamment, « d’équilibrer le manque à gagner dû à la hausse du prix tabac » ? On n’ose imaginer que l’on puisse en arriver à une telle absurdité.

A demain

1 Créé par décret l’Observatoire des jeux (ODJ) a pour mission « d’aider à la définition des politiques publiques dans le domaine des jeux de hasard et d’argent par l’apport d’informations validées scientifiquement tant sur les pratiques de jeux que sur les comportements des joueurs ». « Le jeu devenu un produit de grande consommation, toute perspective d’en étendre l’usage (nouveaux jeux ou nouvelle modalité d’usage) implique donc de connaître les risques encourus par le « consommateur » et d’éclairer ainsi la décision publique » peut-on lire sur son site.

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