Homéopathie et charlatanismes alternatifs : l’Ordre et les pouvoirs publics accusés d’incurie

Bonjour

Nous vivons des temps de tribunes. Après celle, dans Le Monde, des députés « en marche » pour l’euthanasie voici, dans Le Figaro, celle des « 124 professionnels de la santé contre les ‘’médecine alternatives’’ ». Où l’on retrouve des mots que l’on croyait oubliés – à commencer par celui de « charlatans ». Ici ceux « qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l’efficacité illusoire ».

Chapô de cette tribune : « Des médecins ont décidé d’alerter sur les promesses fantaisistes et l’efficacité non prouvée des médecines dites alternatives comme l’homéopathie. Ce collectif demande l’exclusion de ces disciplines ésotériques du champ médical ». Extraits choisis  :

« En 2018, l’Ordre des médecins tolère des pratiques en désaccord avec son propre Code de déontologie et les pouvoirs publics organisent, voire participent, au financement de certaines de ces pratiques (…) L’homéopathie comme les autres pratiques qualifiées de «médecines alternatives», n’est en rien scientifique. Ces pratiques sont basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risques. En septembre 2017, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes a publié un rapport confirmant l’absence de preuves de l’efficacité de l’homéopathie. Dans la plupart des pays développés, les médecins se voient interdire de prescrire des produits homéopathiques.

Les thérapies dites ‘’alternatives’’ sont inefficaces au-delà de l’effet placebo et n’en sont pas moins dangereuses. Dangereuses, car elles soignent l’inutile en surmédicalisant la population et en donnant l’illusion que toute situation peut se régler avec un «traitement». Dangereuses, car elles alimentent et s’appuient sur une défiance de fond vis-à-vis de la médecine conventionnelle comme le montrent les polémiques injustifiées sur les vaccins. Dangereuses enfin, car leur usage retarde des diagnostics et des traitements nécessaires avec parfois des conséquences dramatiques, notamment dans la prise en charge de pathologies lourdes comme les cancers. »

Christian Boiron et le Ku Klux Klan

Et, sans doute pour séduire le gouvernement en général, Agnès Buzyn en particulier, les signataires d’ajouter que ces pratiques sont également « coûteuses pour les finances publiques ».

« Des formations sont assurées dans des structures recevant de l’argent public. Des consultations sont ouvertes dans des hôpitaux, aux dépens d’autres services. Certains de ces traitements sont pris en charge par l’Assurance-maladie, largement déficitaire. Ainsi, les produits homéopathiques peuvent être remboursés à 30 % (et jusqu’à 90 % en Alsace-Moselle) avec un statut dérogatoire les dispensant de prouver leur efficacité.

 «  Ceci finance une industrie prospère dont les représentants n’hésitent pas à insulter gravement ceux qui les critiquent («Il y a un Ku Klux Klan contre l’homéopathie», accusait le président du leader mondial du secteur, Christian Boiron, dans le journal Le Progrès du 15 juillet 2016) ou à balayer d’un revers de main les exigences de preuves scientifiques.

 En pratique les signataires demandent, instamment et à visage découvert, au Conseil de l’Ordre des médecins et aux pouvoirs publics de tout mettre en œuvre pour en finir. A commencer par ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir. Et ne plus reconnaître d’une quelconque manière les diplômes d’homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture comme des diplômes ou qualifications médicales. On attend avec un certain intérêt, pour commencer, les réponses ordinales et gouvernementales.

A demain

 

 

3 réflexions sur “Homéopathie et charlatanismes alternatifs : l’Ordre et les pouvoirs publics accusés d’incurie

  1. Merci pour ce rappel, oh combien important, demandant haut et fort que la médecine soit une science, basée sur des preuves. Et qu’il faut retirer le titre de médecin à ceux qui sortent de ce cadre strict.

    Ainsi, la population en liesse devant une si forte demande y agrège la sienne, que CHAQUE traitement proposé à CHACUN des patients soit basé sur des preuves effectives et que CHAQUE médecin qui prescrit (ou a prescrit) hors amm (donc sans preuve scientifiques) n’ait plus le droit de garder son titre de médecin.

    Nous pourrions commencer par radier de l’ordre les médecin qui prescrivait du médiator comme coupe-faim, nous poursuivrons avec tous ceux qui prescrivent du titrage de PSA pour tout le monde, idem pour les mammographies pour toutes. Ensuite nous demanderions à tous les oncologues de nous montrer les études justifiants les chimios qu’ils prescrivent et nous pourrions radier tous ceux dont le service rendu est faible ou nul (inférieur aux 30% des placebo)..

    Comme nous serions très à cheval sur le principe de la science et radierions tous les médecins ayant prescrit et prescrivant des anti-alzeimher. Si nous avions du bon sens nous clouerions au pilori les médecins qui font peur aux famille avec la rougeole des enfants.

    Bien entendu, nous éjecterions des facultés ceux qui enseignent ces pratiques. Il ne resterait pas beaucoup de médecins.

    Parce que le truc, c’est que l’on ne sait pas si l’homéopathie marche ou pas, l’étude qui passe en revue les études sur l’homéopathie conclue que les preuves sont _faibles_ et que l’on ne peut pas dire si cela marche ou pas. En revanche pour toutes les pratiques citées ci-dessus, on SAIT que cela ne marche pas, c’est alors facile de conclure que le médecin qui les prescrit est un charlatan, plus que l’homéopathe qui lui peut toujours se dire que les preuves que ça marche sont faibles, mais qu’il n’y a pas de preuve que cela ne marche pas.

    Si on veut être plus pragmatique, cette « tribune » a pour seul but de préparer au déremboursement de l’homéopathie, pour « soulager la sécu » (histoire de ratisser large). Mais un gamin de 9 ans peut comprendre.
    D’un coté un tube homéo à 2.50€ remboursé à 30% -50cts soit 75cts pour la sécu qui pourra donner 26 prises soit 2 ou 3 épisodes fievreux
    D’un autre un antipyrétique comme le doliprane sirop 2.31€ remboursé à 65% -50cts soit 1 euros pour au mieux 2 épisodes (périmé en 3 semaines)

    coût pour la sécu : 2 fois plus chère l’allopathie. Et je suis resté sur des sirop peu onéreux, nous ne sommes pas aux trucs à 15 euros la boite.

    On sait que l’industrie pharmaceutique a phagocyté toutes les strates de la médecine, elle parle dans cette tribune.

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