Absurdité : devoir fumer du cannabis pour financer la lutte contre l’alcool et les addictions

Bonjour

Prévention à tous les étages comme l’avait demandé Emmanuel Macron : 25 mesures disparates présentées comme formant un ensemble cohérent. Le tout présenté solennellement à la presse, ce 26 mars, par Edouard Philippe et Agnès Buzyn. Au terme, excusez du peu, d’un comité interministériel pour la santé dans les locaux de Santé publique France, à Saint-Maurice (Val-de-Marne), Et un tout qui laisse sur sa fin – à l’exception du remboursement des substituts nicotiniques.

Intéressons-nous à l’alcool et (hors tabac) aux autres « produits psychoactifs ». C’est, pour l’actuel pouvoir exécutif, un dossier « préoccupant » : les consommations sont, en France, globalement supérieures à la moyenne des autres pays européens, en particulier chez les jeunes. Pourquoi ? L’exécutif ne le dit pas. Peut-être ne le sait-il pas. Ou ne veut-il pas le savoir. On ne réussit pas en politique sans savoir manier l’art du mensonge et celui du déni.

« La moitié des jeunes de 17 ans interrogés ont connu une alcoolisation ponctuelle massive au cours du mois précédent, près de 4 adolescents sur 10 ont déjà fumé du cannabis. Or il s’agit d’une période de la vie où l’installation de consommations problématiques peut avoir des conséquences très lourdes, comme des troubles du développement, de l’apprentissage ou de la socialisation. Plus une dépendance se déclare tôt, plus il est difficile de s’en défaire ». |

 Objectif de l’actuel exécutif : « empêcher l’installation d’une personne dans des usages répétés et problématiques en intervenant précocement auprès des jeunes consommateurs pour repérer ceux qui sont en difficultés et les orienter vers une prise en charge adaptée s’appuyant sur un ensemble de compétences médicales, psychologiques, éducatives, sociales ».

Pictogramme invisible

 Vaste et beau sujet. Comment faire ? « Renforcer l’intervention des consultations jeunes consommateurs sur le territoire, pour des actions de prévention collective ‘’hors les murs’’ et pour accueillir les jeunes de 11 à 25 ans et leur famille, de manière anonyme et gratuite, lorsqu’ils sont en difficulté avec une consommation de substances (tabac, alcool, cannabis…) ou une pratique (écrans, jeux…) ».

Un peu court direz-vous ? Ce n’est pas tout. Une augmentation de la taille d’un pictogramme invisible (celui qui dit « interdit aux femmes enceintes » sur les bouteilles d’alcool) serait annoncée pour 2019. Sans oublier une amélioration de la démarche de prévention auprès des jeunes pris en charge aux urgences après une « alcoolisation aigüe ».

« Il s’agit aussi de développer des partenariats de proximité entre les établissements scolaires et les consultations jeunes consommateurs pour y orienter les jeunes en difficultés. Ce renforcement des interventions des consultations jeunes consommateurs sera soutenu financièrement par les recettes de l’amende forfaitaire pour usage simple de stupéfiant. »  « Et puis encore, résume Le Monde, les consultations jeunes consommateurs, les structures destinées à venir en aide aux jeunes de 11 à 25 ans et à leurs familles lorsqu’ils sont confrontés à une consommation de tabac, d’alcool ou de cannabis ou à une pratique problématique (écrans, jeux…) seront renforcées. »

Avec quel argent ? Grâce aux « recettes de l’amende forfaitaire pour usage simple de stupéfiants ».

Où l’on voit que plus les consommateurs de cannabis seront nombreux -et nombreux à se faire prendre par les forces de police et de gendarmerie – et mieux la lutte contre l’alcool et les dépendance pourra se déployer 1. C’est à désespérer du politique. On peut, aussi, en rire.

A demain

1 Réaction immédiate de la Fédération Addiction : « S’il est logique de taxer un produit pour contribuer à en traiter les conséquences, il n’est pas envisageable de lier le financement d’une réponse santé à l’interpellation des usagers concernés. De plus, cela accentuerait le déséquilibre de réponses drogue licite et illicite, rendant incohérent le positionnement et la Priorité Santé recherchée. » Pourquoi le gouvernement ignore-t-il à ce point la Fédération Addiction ?

 

Une réflexion sur “Absurdité : devoir fumer du cannabis pour financer la lutte contre l’alcool et les addictions

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