Le poids des alcools, le choc de la honte : la thérapeutique annoncée de Jean-Vincent Placé

Bonjour

C’est un dossier comme tant d’autres – à l’exception notable de la personnalité et de la carrière politique du premier concerné : Jean-Vincent Placé, 50 ans, élu sénateur de l’Essonne en 2011 président de l’Union des démocrates et des écologistes (UDE) quatre ans plus tard avant d’être nommé  secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification du 11 février 2016 au 10 mai 2017. Ancien membre des Verts. Chevalier de l’ordre national du mérite.

Connu au chapitre des faits divers : Le 12 novembre 2013, la région Ile-de-France  demande à Jean-Vincent Placé de payer ses amendes, soit 18 161 €, correspondant à 133 amendes pour stationnements interdits et excès de vitesse. Pour sa défense, il indiquera qu’il « n’est pas un homme de chiffres ».

Victime, le  3 septembre 2017, d’une agression et d’une tentative de vol de sa montre de luxe à Paris. Il  déclare alors envisager d’arrêter la politique.

Dans la nuit du 4 au 5 avril 2018, il est placé en garde à vue dans le commissariat du 5ème arrondissement de Paris pour insultes racistes et « outrage à agents » alors qu’il se trouvait en état d’ivresse. La garde à vue ne sera levée que le 6 avril 2018, jour où il est présenté au parquet de Paris. Il devra comparaître le 11 juillet devant la justice.

Pour la suite, l’ancien homme politique a choisi Paris Match . Un témoignage qui mérite d’être rapporté. « Je mesure bien la honte et l’indignité d’avoir été en état d’ébriété, d’avoir eu un comportement déplacé et inconvenant. J’en paierai les conséquences. Je le dois à ma famille auprès de laquelle je m’excuse aussi » a-t-il expliqué, par téléphone à Caroline Fontaine, journaliste de l’hebdomadaire.

Alcoolique mais ni pervers, ni raciste

Il se confie longuement sur les tourments qu’il a traversés, lui qui se définit comme un homme d’action.

 « Les trente-sept heures de garde à vue ont eu un mérite : j’ai enfin pris le temps de réfléchir. J’ai réalisé que, dans les derniers mois, j’avais bu excessivement en diverses circonstances. Il y a eu des excès, de l’alcoolisme. J’assume le mot. C’est une maladie, l’alcoolisme.

« Une chose est de boire trop, une autre d’être pris pour un pervers et un raciste. Je n’ai jamais insulté cette jeune femme. Elle l’a confirmé lors de la confrontation. Je n’ai jamais proféré d’insultes racistes. Encore moins avec ce videur qui se fait appeler Vladimir et se prétend serbe. Lui m’a mis une gifle, mes lunettes sont tombées, elles se sont cassées en deux. L’outrage aux policiers est à replacer dans ce contexte d’énervement »,

Le citoyen Placé a écrit une lettre d’excuses au préfet de police de Paris. Et Paris Match confie qu’il ne pourra cacher quelques sanglots quand il évoquera son enfance difficile quand il est arrivé en France, à l’âge de 7 ans. Aujourd’hui, il veut, dit-il «solder le temps d’avant, présenter (ses) excuses, arrêter de boire. Mais après, je veux qu’on me laisse tranquille ».

Aider à s’identifier, à avancer

Le HuffPost a, le premier, cherché à comprendre en interrogeant Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre et auteure du livre « Les femmes face à l’alcool » 1. Quand prend-on conscience de sa dépendance ? Certaines personnes admettent leur dépendance dès qu’elles trouvent anormale leur relation à l’alcool. D’autres quand elles comprennent ne plus pouvoir pathologiquement s’en abstenir. En parler publiquement ? La psychiatre Christine Barois : « Au début, je trouvais que reconnaître publiquement son addiction était un peu pervers. Mais en même temps, la communauté peut nous porter. Cela a le mérite d’aider à avancer. »

Cela pourrait aussi, surtout, dépasser le seul cas Jean-Vincent Placé. « Cela peut donner du courage à d’autres personnes, assure Fatma Bouvet de la Maisonneuve. Cette déclaration évoque leur souffrance. Ils peuvent s’y identifier. » «  Exactement, j’ai beaucoup de réactions de patients qui sont sensibles à cette prise de position publique  Pour le coup, bravo ! » commente Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction.

« Cette situation lui en évoque une autre, plus ou moins similaire, rappelle Le HuffPost. Au mois de janvier 2015, la chanteuse Véronique Sanson s’était, elle aussi, confiée à Paris Match sur son difficile parcours avec l’alcool. Comme le soulignait Fatma Bouvet de la Maisonneuve, à l’époque dans L’Obs, les mots de l’interprète d' »Amoureuse » sur son alcoolisme avaient permis de diffuser un message de santé publique fort: déculpabiliser les femmes qui souffrent de la même maladie et les pousser à se soigner. »

Où l’on voit qu’après quelques premières hésitations il n’était finalement pas inutile de rapporter ce qu’il en était de l’esclandre, rue Princesse, de Jean-Vincent Placé.

A demain

1 Fatma Bouvet de la Maisonneuve, « Les Femmes face à l’alcool » Editions Odile Jacob.

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