Affaire Vincent Lambert : lettre de sa mère à Emmanuel Macron, obstination et déraison

Bonjour

Dix ans après l’accident initial, l’affaire Vincent Lambert n’en finit pas de resurgir dans les médias. Les avocats des parents de Vincent Lambert déposeront aujourd’hui 17 avril 2018  un recours appelé « référé-liberté » auprès du tribunal administratif de Chalons-en-ChampagneComme ils l’avaient fait devant le même tribunal, avec succès, il y a cinq ans.

Mêmes causes, mêmes effets. Il y a cinq ans c’était à la suite de l’annonce décision médicale d’arrêt des soins que cette action de la justice avait été menée. Il en va de même aujourd’hui. Dans l’intervalle l’affaire a connu de multiples rebondissements, judiciaires, médiatiques et législatifs. Et, mêmes causes mêmes effets, de nouveaux rebondissements sont encore à attendre.

« Ce nouveau recours est suspensif et fait valoir des éléments médicaux laissés sciemment de côté par le Dr Sanchez du CHU de Reims, explique aujourd’hui le « Comité de soutien » #JeSuisVincentLambert  qui revendique plus de 90 000 signatures. De nombreuses incohérences sont dénoncées par les avocats qui ne cessent de rappeler que Vincent ne fait pas l’objet d’une ‘’obstination déraisonnable’’ ».

 Catholiques et politique

Il y a quelques jours dans son discours « aux évêques de France » le président de la République exhortait les Français catholiques a entrer dans le champ politique. Il recevait peu après une lettre signée de Viviane Lambert, la mère de Vincent, qui s’oppose farouchement à l’arrêt définitif de la nutrition et de l’hydratation de son fils – arrêt décidé au terme d’une nouvelle et longue procédure collégiale par des médecins du CHU de Reims. Une lettre publiée dans Le Figaro :

« Ce lundi 9 avril 2018, en France, un médecin m’a annoncé que dans dix jours commencerait la lente et longue agonie de mon enfant, qui va mourir de faim et de soif. Ce même lundi, vous étiez au Collège des Bernardins, à Paris, pour parler du handicap et de la vulnérabilité. Vous avez évoqué l’exigence de l’effectivité. Et vous vous êtes engagé personnellement, avec ces mots: ‘’Je pense, pour ma part, que nous pouvons construire une politique effective, une politique qui échappe au cynisme ordinaire pour graver dans le réel ce qui doit être le premier devoir du politique, je veux dire la dignité de l’homme’’. Mon fils n’a pas mérité d’être affamé et déshydraté. Qui oserait, à cet égard, parler de “mourir dans la dignité” ?»

 (…) Comme les 1700 personnes porteuses du même handicap que lui, Vincent aurait donc dû être placé dans un service spécialisé pour personnes cérébrolésées. Mais il a été mis en soins palliatifs, sans traitements adaptés, sans le service de kinésithérapie qui lui permettrait de faire les progrès permis par son état. Plusieurs établissements qui accueillent des personnes victimes de graves accidents de la route sont prêts à l’accueillir, et le voilà retenu dans le centre de soins palliatifs d’un hôpital incompétent pour une telle prise en charge.

Pourquoi cet acharnement contre mon fils? Et est-ce que ces 1700 personnes handicapées en état pauci-relationnel vont aussi être condamnées à mort ? (…) »

 Et maintenant ?

« C’est sur le terrain médical que nous allons nous placer, explique Me Paillot, l’un des avocats des parents. Ce n’est pas un recours de principe. On fait valoir des éléments médicaux qui ont été sciemment laissés de côté par le médecin.» Dans sa décision de 17 pages, « que Le Figaro a pu consulter », le Dr Vincent Sanchez décrit Vincent Lambert comme un patient « en état végétatif chronique », aux « lésions cérébrales incurables et irréversibles » et sans « code de communication, même minimal ». Pourtant, « en soi, cet état ne peut selon nous, qualifier une obstination déraisonnable», souligne Me Paillot.

Il reviendra donc in fine à la justice, dans sa sagesse, de définir la frontière de l’obstination et de nous dire où, ici, se situe la déraison.

A demain

Une réflexion sur “Affaire Vincent Lambert : lettre de sa mère à Emmanuel Macron, obstination et déraison

  1. Il est facile d’imaginer toute la souffrance que cette affaire engendre et cela depuis 10 ans.
    Souffrance des parents, souffrances de l’épouse, des frères, de toute la famille et sans doute aussi de Vincent LAMBERT lui même.
    Je suis pas sûr que les prouesses techniques que permet aujourd’hui la médecine, aillent toutes dans le sens de l’intérêt des patients et de la préservation de notre humanité.
    Cette histoire en est un triste exemple.

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