Scandales du jour : le  faux comateux de Tolbiac, le vrai pendu du mitard de Toulouse  

Bonjour

Jadis, entre Orléans et Tanger, la rumeur lambinait. Aujourd’hui, partout en France, elle furette en diable, est déjà passée par ici, déjà repassée par là. Les rumeurs réseautent plus qu’à l’envi : renardes, elles n’attendaient que ces poulaillers numérisés. Et puis, immobile, comme fait aux pattes, face à elles, le marbre de la loi, les trois pieds ferrés de l’exécutif. Généralement le propriétaire du poulailler hésite avant de tuer.

21 avril 2018, dans une France lézardante, en fin de dormance, deux exemples :

1 Le comateux de la fac de Tolbiac. Message de la Police : « Depuis le début d’après-midi circulent sur les réseaux sociaux, et sont transmises aux médias, de nombreuses rumeurs faisant état d’une personne grièvement blessée se trouvant dans le coma, à la suite de l’opération d’évacuation de la faculté de Tolbiac. Comme l’a indiqué le communiqué de presse diffusé par la préfecture de Police ce matin, aucun blessé n’a été recensé sur cette opération. Pour faire suite aux rumeurs évoquées, Michel Delpuech, préfet de Police, a demandé au Pr Safran, conseiller technique santé de son cabinet, présent au sein du dispositif lors de l’évacuation, de faire des recherches auprès des services de secours (SAMU et BSPP) et des différentes unités de réanimation des hôpitaux du secteur.

« Il ressort de ces recherches : – qu’aucun blessé grave qui puisse être en lien avec cette opération d’évacuation n’a été hospitalisé dans les services de réanimation tant médicale que chirurgicale ou neurochirurgicale ; – qu’à 6 h 11 un jeune homme a été conduit par la Brigade des SapeursPompiers de Paris à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière pour une douleur au coude ; l’intéressé a quitté l’établissement de lui-même à 7 h 30. Toutes ces informations ont été confirmées au cabinet du préfet de police par l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (APHP) dans un communiqué publié ce samedi 21 avril. » Dont acte

2 Jaouad, 27 ans, retrouvé pendu dans sa cellule de Toulouse. Message de la Justice : « Le ministère de la Justice condamne « les allégations circulant sur les réseaux sociaux » après la mort le 14 avril de Jaouad, un détenu de 27 ans retrouvé pendu dans une cellule du quartier disciplinaire de la maison d’arrêt de Seysses, en banlieue toulousaine.

« Selon la Chancellerie, aucun élément ne permet d’avancer que sa mort est due à des « violences volontaires » :

« Une enquête judiciaire est actuellement en cours. Aux termes des informations communiquées par le procureur de la République, rien ne permet d’alléguer que la mort de cette personne détenue puisse être due à des violences volontaires, a fortiori imputables à des agents du service public pénitentiaire. Ainsi, l’autopsie réalisée le 16 avril a conclu à un décès par asphyxie. »

Le ministère a par ailleurs annoncé qu’il se réservait le droit de donner toute suite à l’encontre des auteurs, ou relais, de ces allégations. Celles-ci ont pris la forme d’un courrier écrit par des prisonniers de la maison d’arrêt de Seysses, publié vendredi sur le site de L’Envoléeun journal trimestriel qui s’adresse aux prisonniers et à leurs familles. Intitulé « Encore un mort au mitard », le long texte évoque la mort du jeune détenu. Selon les auteurs, Jaouad aurait été « battu par cinq ou six surveillants, pendant plus d’une demi-heure »« parce qu’il tapait dans une porte ».

« Puis il y a eu un grand silence, et les surveillants se sont mis à discuter entre eux, à estimer son poids et sa taille pour s’accorder sur une version des faits. Puis ça a été l’heure de la gamelle et, quand sa cellule a été rouverte, ils ont fait mine de le découvrir pendu. » Pour sa part Jérôme Combelles, surveillant à la prison de Seysses et délégué syndical UISP-FO a réfuté ces accusations auprès du Monde : « J’affirme catégoriquement que Jaouad n’a été ni battu ni assassiné, c’est une honte d’avancer de telles choses sur nos personnels. Perdre un gamin de cet âge, c’est aussi un drame pour nous tous. »

La maison d’arrêt de Seysses, ouverte en 2003, accueille aujourd’hui 1120 détenus pour 600 places, la plupart en détention provisoire ou attente de jugement. Les conditions de détention avaient déjà été dénoncées par le personnel pénitentiaire en janvier au cours d’un mouvement de grève.

On aimerait, ici, entendre un peu plus fort, depuis la Place Vendôme, Mme Nicole Belloubet, ministre de la Justice. Mais, on le sait, c’est trop demander.

A demain

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