Antisémitisme, politique et œcuménisme: des centaines de personnalités accusent les extrêmes

Bonjour

C’est, à coup sûr, l’émergence d’un symptôme français. Il s’exprime ce dimanche 22 avril 2018 dans Le Parisien Aujourd’hui en France : « Manifeste «contre le ‘’nouvel antisémitisme’’ ». Puis, demain, dans un livre (Albin Michel) préfacé par Elisabeth de Fontenay.

Résumons : près de trois cents « personnalités » signent un manifeste «contre le nouvel antisémitisme» en France marqué par la «radicalisation islamiste». Elles dénoncent , qui plus est, un «silence médiatique» et une «épuration ethnique à bas bruit» dans certains quartiers. Parmi les signataires : Elisabeth Badinter, Gérard Depardieu, Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez, Manuel Valls, Bertrand Delanoë, Jean Glavany, Zabou Breitman, Charles Aznavour, Pierre Arditi, Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut – mais aussi des journalistes, des responsables religieux juifs, musulmans et catholiques. Le texte a été rédigé par le souvent controversé Philippe Val, 65 ans, ancien directeur de Charlie Hebdo.

«Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France », lit-on dans ce texte assez œcuménique. « Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés – et certains torturés – parce que Juifs par des islamistes radicaux», écrivent les auteurs, en référence à l’assassinat d’Ilan Halimi en 2006, à la tuerie dans une école juive de Toulouse en 2012, à l’attaque de l’Hyper Cacher en 2015, à la la mort par défenestration à Paris de Sarah Halimi en 2017 et au meurtre récent de Mireille Knoll, dans la capitale.

« Les Français juifs ont 25 fois plus de risque d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. Dix pour cent des citoyens juifs d’Ile de France – c’est-à-dire environ 50.000 personnes – ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Emile Zola et de Clemenceau. »

C’est aussi un appel à forte dimension politique et religieuse. Ce manifeste soutient ainsi que «la radicalisation islamiste – et l’antisémitisme qu’elle véhicule – est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale (…) au vieil antisémitisme de l’extrême droite s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des juifs en victimes de la société. »  «La bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif», observent en outre les signataires.

Ces derniers demandent «que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par (le concile) Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime ».

C’est, à coup sûr, l’émergence d’un symptôme. Lequel ? Rappel : nous sommes en France et, qui plus est, en 2018.

A demain

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