Hypertension artérielle : quand Emmanuel Macron honorera-t-il sa promesse de campagne ?

Bonjour

Flash d’actualité (24 avril 2018) : en France l’hypertension artérielle (HTA), loin d’être éradiquée, demeure un fléau majeur. Une situation inacceptable au regard des outils disponibles et de notre maillage médical. C’est le principal enseignement des résultats (rendus publics aujourd’hui par Santé publique France) de l’étude « Esteban » – une enquête transversale menée en France entre 2014 et 2016 auprès d’adultes âgés de 18 à 74 ans. Conclusion : la prévalence de l’HTA était de 30,6%, plus élevée chez les hommes que chez les femmes (36,5% vs 25,2%) et augmentait avec l’âge. 1

« Seule une personne sur deux avait connaissance de son hypertension. Parmi les personnes hypertendues, 47,3%  étaient traitées par un médicament à action antihypertensive. Parmi les personnes traitées, seulement 55,0% avaient une pression artérielle contrôlée (44,9% chez les hommes et 66,5% chez les femmes). »

« Depuis 2006, aucune diminution de la prévalence de l’HTA n’a été observée en France, avec toujours un adulte sur trois hypertendu. De plus, aucune amélioration du dépistage et de la prise en charge de l’HTA n’a pu être mise en évidence. Chez les femmes, la prise en charge thérapeutique s’est même dégradée sur la période. »

 Rappels : faut-il redire quelques vérités ? Que l’HTA constitue le principal facteur de risque d’accident vasculaire cérébral et un facteur de risque important de morbi-mortalité cardiovasculaire – avec une relation linéaire entre le niveau de pression artérielle et le risque cardiovasculaire quel que soit l’âge. Que la mortalité cardiovasculaire double pour chaque augmentation de 20/10 mm Hg de la pression artérielle systolique/diastolique. Que l’HTA est aussi la cause de nombreuses autres pathologies, tout aussi invalidantes  : insuffisance rénale, insuffisance cardiaque, anévrysme artériel, dissection aortique, arythmie, démence …

Or c’est aussi une pathologie qui peut formidablement répondre à la prévention et à la prise en charge thérapeutique : mesures hygiéno-diététiques (perte de poids, réduction des  apports nutritionnels en sel, de la sédentarité…) et/ou prescription d’un traitement antihypertenseur.

« Ces  mesures ont démontré leur efficacité sur la morbi-mortalité cardiovasculaire dans de nombreux essais thérapeutiques  avec, notamment, une réduction de 7% et 10% du risque de mortalité par coronaropathie et accident vasculaire cérébral pour une réduction de 2 mmHg de la pression artérielle.

« Et pourtant, une proportion encore trop importante d’hypertendus n’est aujourd’hui pas dépistée ; ceux qui sont dépistés ne sont pas toujours traités et les personnes traitées n’ont pas toujours une pression artérielle normalisée. »

La faute médicale de Xavier Bertrand (juin 2011) : contre le bon sens et en dépit des alertes lancées par les meilleurs spécialistes 2 une forme grave d’HTA (l’hypertension artérielle dite « sévère ») était retirée de la liste des « affections de longue durée » – et ce au motif que l’hypertension sévère était un facteur de risque et non une maladie avérée La décision avait été prise via un décret signé, pour François Fillon, Premier ministre, par Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, François Baroin, ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la réforme de l’Etat, porte-parole du Gouvernement – sans oublier Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la Santé.

La promesse d’Emmanuel Macron et du Pr Jean-Jacques Mourad : soit une affaire qui date de mars 2017 ; l’affaire dite « Jean-Jacques Mourad », du nom d’un spécialiste de l’hypertension artérielle qui occupait un poste de « conseiller santé » dans le mouvement « En Marche ! » d’Emmanuel Macron  – affaire alors justement résumée par site Medscape (Jean-Bernard Gervais) : « Fin de campagne pour le Pr Jean-Jacques Mourad pour cause de conflits d’intérêt ».

Il n’en reste pas moins vrai que, sur son engagement dans le « pôle santé » d’Emmanuel Macron, le Pr Mourad expliquait s’être borné à s’investir dans quatre thèmes – dont le rétablissement à 100% de la prise en charge de l’HTA sévère. (« Nous rétablirons le remboursement à 100% du traitement des formes sévères d’hypertension artérielle») .

Un an après le président Macron, champion de la prévention, se souvient-il du Pr Mourad ?

A demain

 1« L’hypertension artérielle en France, prévalence, traitement, et contrôle, en 2015 et évolutions depuis 2006 », Anne-Laure Perrine , Camille Lecoffre , Jacques Blacher, Valérie Olié

2 « L’hypertension, nouveau symbole d’une politique de santé court-termiste et choquante » de Nicolas Postel-Vinay Slate.fr 30 juin 2011.

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