Alcoolisme : l’Agence du médicament va-t-elle trouver une issue à l’affaire du baclofène ?

 

Bonjour

Nouveau rebondissement dans une affaire qui semble ne jamais devoir finir : celle de l’intérêt du baclofène dans la prise en charge des personnes souffrant d’une dépendance à l’alcool. Ce rebondissement émane, une nouvelle fois de l’Agence nationale pour la sécurité des médicaments (ANSM). Résumons.

Dans le cadre de l’instruction de la demande d’ Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) du laboratoire Ethypharm pour le baclofène, l’ANSM publie aujourd’hui l’avis du Comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) chargé de l’évaluation du rapport bénéfice/risque du baclofène dans le traitement de l’alcoolo-dépendance. Extraits :

« En résumé, l’efficacité du baclofène dans la réduction de la consommation d’alcool chez les patients adultes présentant une dépendance à l’alcool et une consommation d’alcool à risque élevé, telle que présentée dans le dossier de demande d’AMM, a été jugée cliniquement insuffisante. Ceci, ajouté à un risque potentiellement accru de développer des événements indésirables graves (y compris des décès) en particulier à des doses élevées, conduit à considérer que le rapport bénéfice/risque est négatif. »

Comment concilier cette donnée avec la très large « prescription-consommation » française de ce même baclofène en dehors d’une AMM officielle ? L’ANSM a trouvé : ce sera « une approche pluridisciplinaire » et  « l’audition des praticiens ainsi que des patients utilisant ce médicament dans l’alcoolo-dépendance ». Une première ! En pratique l’ANSM réunira les 3 et 4 juillet 2018 une commission ad hoc temporaire, composée de membres issus des trois commissions consultatives  de l’ANSM.

Lors de cette Commission, les sociétés savantes et associations de patients concernées seront donc auditionnées. Et ce « de manière à disposer d’un éclairage global ». Mieux encore « ces auditions seront diffusées en direct sur internet ». Rebondissements à attendre.

A demain

 

3 réflexions sur “Alcoolisme : l’Agence du médicament va-t-elle trouver une issue à l’affaire du baclofène ?

  1. C’est avec un profond écœurement que j’ai lu le rapport du CSST …

    Ainsi, ce dernier suit la ligne directrice du Dr Martin droit dans ses bottes : notre étude (CNAM) est solide et la balance bénéfice/risque incertaine voire négative. Le maitre a parlé, les sbires ne le contredisent pas …
    Et en attendant, les patients continuent de mourir d’une maladie pour laquelle le baclofène est un véritable espoir.
    Les patients sont ils fous ? Influencés ?
    Ils clament que ça marche depuis 2009, mais ce ne sont que des cas individuels sans aucune validation scientifique. La parole des patients ne vaut rien …
    Dans 10 ou 20 ans, le baclofène sera reconnu par tous, est ce que le Dr Martin sera poursuivi pour les décès qu’il aura causé par ego ?

    Je viens de recevoir un message d’un patient suivi par le CMP de Luneville : pour eux, c’est le seul traitement qui fonctionne.
    Les médecins, addictologues de surcroit, qui prescrivent du baclofène sont ils eux aussi aveuglés ? Naïfs ? Fous ?

    Nous serons probablement entendus poliment début juillet, mais pour moi la messe est dite.
    L’AMM, s’il y en a une, sera limitée à 80mg/j. Le Dr Martin ne veut pas perdre la face et c’est lui qui décidera in fine. Peu importe les 120 morts par jour, les alcooliques ne méritent certainement ne de vivre, ni de guérir …

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