Alcoolisme et baclofène : le résumé de l’AFP et la véhémence assumée des partisans

Bonjour

« C’est un revers de taille pour le baclofène, ce médicament utilisé par des milliers d’alcooliques pour soigner leur addiction, résume l’AFP au lendemain du nouveau rebondissement de ce dossier. Un comité d’experts missionné par l’Agence nationale de sécurité du médicament a conclu à une efficacité ‘’cliniquement insuffisante’’ de la molécule, dans un avis rendu public, mardi 24 avril. Une conclusion vivement contestée par les partisans du baclofène, particulièrement véhéments. »

Le comité estime, en outre, dans son avis que le baclofène présente « un risque potentiellement accru de développer des événements indésirables graves [y compris des décès] en particulier à des doses élevées ». Cela « conduit à considérer que le rapport bénéfice-risque [du baclofène] est négatif », poursuivent les experts.

Et l’AFP de rappeler que baclofène (prescrit depuis les années 1970 comme relaxant musculaire) est, en France autorisé depuis 2014 pour traiter la dépendance à l’alcool – dans le cadre d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU). « Il y a un an, un laboratoire, Ethypharm, a fait une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) afin de le commercialiser spécifiquement dans le traitement de l’alcoolisme, résume encore l’Agence. L’avis du comité d’experts est la première étape de cette demande d’AMM. La prochaine sera la réunion, les 3 et 4 juillet, d’une commission temporaire qui auditionnera les sociétés savantes et les associations de patients concernées. L’ANSM souligne donc prudemment que l’avis des experts ne préjuge pas de la décision finale. »

Prudence, donc. L’ANSM « attend d’avoir l’ensemble des avis – sociétés savantes, associations de patients et experts de la commission – avant de se prononcer et de prendre sa décision d’AMM », explique-t-elle à l’Agence France-Presse. Selon elle, cette décision interviendra « avant la fin de l’année ».

Prudence d’un côté du champ de bataille. Véhémences de l’autre. Pour le collectif Baclohelp l’avis des experts « aboutit inexplicablement à des conclusions diamétralement opposées » à celles de précédents comités qui avaient « constaté l’efficacité et la sécurité du baclofène » pour accorder la RTU. Les partisans dénoncent notamment la composition du dernier comité d’experts mandaté par l’ANSM, formé de cinq membres, dont aucun n’est addictologue, ni psychiatre.

Prochaines échéances polémiques : les 3 et 4 juillet. Décisions officielles de l’ANSM quans à une AMM : « avant la fin de l’année » (2018).

A demain

2 réflexions sur “Alcoolisme et baclofène : le résumé de l’AFP et la véhémence assumée des partisans

  1. Il est déconcertant que ce type d’évaluation soit confié à des « experts » n’ayant aucune compétence dans le domaine de la dépendance à l’alcool et aucune connaissance de la maladie alcoolique. Le résultat de leur évaluation est donc, comme on pouvait s’y attendre, catastrophique. Ils n’ont pas compris qu’ils évaluaient un traitement qui est aujourd’hui le seul à pouvoir guérir des malades mortellement atteints.

    Ma sœur prend du baclofène à forte dose (30 comprimés par jour). Elle a commencé le traitement fin 2014 et l’a augmenté très progressivement. Avant ce traitement, elle buvait quotidiennement, au minimum, une bouteille d’alcool fort par jour, soit de l’ordre de 23 unités d’alcool. A la moindre interruption de sa consommation, elle faisait des crises d’épilepsie et tombait dans le coma, dont seule une réanimation lourde pouvait la sortir, avec une diminution des chances de survie à chaque fois. Elle était malade depuis 30 ans et de nombreux médecins, vus aux urgences et en réanimation, avaient estimé qu’il ne lui restait plus que très peu de temps à vivre.

    Aujourd’hui, elle va très bien et n’a jamais eu d’effets secondaires notoires. Elle n’a plus jamais été hospitalisée depuis qu’elle prend ce traitement à dose efficace. Elle peut maintenant boire de façon tout à fait occasionnelle un verre de vin, sans le moindre dommage, ce qu’elle fait trois ou quatre fois par an, sans ressentir la moindre frustration. Et pourtant, elle était physiquement dépendante depuis au moins 25 ans. Ses lourds syndromes de sevrage en étaient une preuve irréfutable.Comme beaucoup d’autres, elle est une preuve vivante que ce traitement fonctionne.

    Malheureusement l’ANSM ne s’intéresse pas à la santé des malades alcooliques, et le ministère de la santé non plus. Pour preuve, ils ne répondent jamais au courrier et ne prennent pas en considération les témoignages des nombreux malades traités avec succès par le baclofène.

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