Whisky, alcoolisme et courage politique : la France prendra-t-elle modèle sur l’Ecosse ?

 

Bonjour

Le Nord donne l’exemple. Après l’Islande et la cigarette électronique, la leçon écossaise. La petite Ecosse, vieille et grande amie de la France, est devenue, mardi 1er mai, la première nation au monde à introduire un prix minimal pour les boissons alcooliques. Une affaire majeure rapportée par l’AFP et par Slate.fr (Thomas Messias).

« L’Ecosse est la première nation au monde assez audacieuse et courageuse pour introduire un prix unitaire minimum, a déclaré à l’AFP Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise. Je pense que des pays en Europe et ailleurs chercheront à reproduire ce qui a été fait ici, en Ecosse. » L’Irlande et le Pays de Galles souhaitent lancer des projets similaires.

Avec ce prix unitaire minimum (qui prend en compte à la fois la teneur en alcool et le volume du produit) une bouteille de 70 cl de whisky ne pourra pas être vendue en dessous de 15,60 euros et une bouteille de 75 cl de vin à 12,5 % pas moins de 5,2 euros.

Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’alcoolisme a été saluée par le corps médical et le milieu associatif  comme le plus grand progrès en matière de santé publique depuis l’interdiction de fumer en public. « Cette loi sauvera des vies », a ainsi déclaré Alison Douglas, directrice générale de l’organisation caritative Alcohol Focus Scotland.

Haut de gamme

Les commerçants concernés ont déclaré qu’ils s’attendaient à des pertes minimes et qu’ils avaient depuis longtemps anticipé la mise en place de cette mesure. Certains observateurs font valoir que cette mesure empêchera les initiatives de la grande distribution comme les gros rabais sur les spiritueux et les packs de bière .

Tout n’a pas été simple depuis la loi votée en 2012 par le Parlement écossais. « La mesure est entrée en vigueur après des années de querelles judiciaires qui ont retardé son introduction, rappelle l’AFP. L’an dernier la Cour suprême a soutenu l’initiative du gouvernement écossais l’an dernier, rejetant l’appel constitué par la Scotch Whisky Association et d’autres représentants de cette industrie qui s’y opposaient. Sept juges à Londres ont unanimement déclaré que la mise en place d’un prix minimum était « un moyen proportionné d’atteindre un but légitime » et ne violait pas les lois européennes. Cela a mis fin à une bataille juridique qui était allée jusqu’à la Cour européenne de justice en 2015. »

Et maintenant ?  Nicola Sturgeon estime que la mesure ne nuira pas à l’industrie écossaise, hautement lucrative, du whisky. « Les whiskies haut de gamme pour lesquels l’industrie écossaise est si renommée ne figurent pas parmi les produits alcoolisés qui seront les plus touchés par les prix minimums » explique-t-elle. Mme Sturgeon n’a pas précisé si elle comptait la France parmi les pays européens qui pourraient, rapidement, prendre modèle sur l’Ecosse. Une France où les bouteilles de whiskies (vodka, gin, rhum) bas de gamme peuvent être trouvées à des prix désormais nettement inférieurs à ceux en vigueur en Ecosse.

A demain

4 réflexions sur “Whisky, alcoolisme et courage politique : la France prendra-t-elle modèle sur l’Ecosse ?

  1. L’intérêt majeur de cette décision est de faire payer les grammes d’éthanol que l’on achète.

    Une bouteille de vin (75cl 12.5°) –> 75 grammes
    Un litre de bière (5°) –> 40 grammes
    Une bouteille de vodka (70cl 37.5°) –> 210 grammes

    Ainsi les consommateurs finiront par comprendre :

    – qu’il n’y a pas d’alcool forts ou légers, mais qu’il n’y a que des grammes d’éthanol ingérés ;

    – que boire une bouteille de vin équivaut à boire 2 litres de bière ou le tiers d’une bouteille de vodka ;

    – qu’il n’y a strictement aucune différence entre les trois ;

    – que le marketing insidieux (du lobby viticole en particulier) est sans fondement.

    Oui, bravo à l’Ecosse !

  2. Supposition. Je suis écossais, fauché et contraint, comme une personne sur dix dans le monde, de consommer de l’alcool par ma dépendance pathologique. Ou bien je cambriole des bouteilles, ou bien je récupère la vielle cocotte minute qui traine au grenier. Avec quelques fruits ou autres végétaux et un bout de tuyau, je me fabrique mon tord boyau perso.
    Délire de ma part ? Non, observation de ce que j’ai vu en Afrique en 1967 quand sont arrivés des médecins des pays de l’Est, souvent hypertitrés, envoyés au titre de la coopération, pour se débarrasser d’eux.
    Penser régler n’importe quel comportement d’addiction en augmentant les prix démontre simplement que ceux qui agissent ainsi n’ont rien compris de l’aspect humain de ce genre de tentative de vivre. Ecouter, écouter, écouter ce qui se dit dans la vraie vie des vrais gens, et leur misère devant des sociétés aussi inhumaines que les notres. Tellement peu vivables qu’il faut se trouver des béquilles chimiques pour ne pas s’effondrer. Au risque, pas imaginaire du tout, de crever de nos automédications.
    Est-ce trop demander à ceux qui se sentent autorisés à prendre la parole que de prendre les choses dans le bon sens : celui de l’humain qui ne s’en sort pas.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s