«Castration chimique»: Laurent Wauquiez la réclame pour tous les «prédateurs sexuels» 

Bonjour

Un drame, une émotion nationale ? Une loi ! Après la tragédie de Wambrechies (Nord) Laurent Wauquiez, président du parti Les Républicains ne veut pas rester « les bras croisé ». Dans un entretien accordé à 20 Minutes il annonce vouloir une nouvelle loi qui imposerait la « castration chimique » aux violeurs.

 « Nous avons tous été touchés par le caractère tragique de l’histoire d’Angélique. J’ai aussi un sentiment de colère et d’incompréhension : comment se fait-il que cet homme déjà condamné pour viol ait pu être remis en liberté sans surveillance ? Malheureusement ce fait divers n’est pas isolé. Les chiffres sont terrifiants : chaque année 62.000 femmes sont violées en France, une femme de moins de 35 ans sur vingt est agressée sexuellement chaque année et un violeur sur vingt récidive. On ne peut pas rester les bras croisés face à ces réalités. »

 « Les prédateurs sexuels doivent soit subir une castration chimique, soit rester en prison. Il faut ouvrir la possibilité pour le juge de rendre obligatoire la castration chimique. Cela consiste en une injection de produits, à peu près tous les trois mois, pour diminuer les hormones et les pulsions sexuelles. C’est un traitement réversible. Cela permet de diminuer de manière très importante le risque qu’un violeur récidive. »

Laure Cometti (20 Minutes) fait justement observer à Laurent Wauquiez que nombre de psychiatres spécialisés soulignent que cette mesure est loin d’être totalement efficace pour lutter contre la récidive.

« Ce qui m’importe, c’est la protection des victimes, pas les droits des violeurs. Aujourd’hui, la castration chimique se fait à la demande du violeur lui-même, c’est absurde. Il faut que le juge puisse l’imposer au violeur, avec un accompagnement médical et psychiatrique. Et si le violeur refuse, alors il devra rester en prison, en rétention de sûreté. Les Républicains déposeront une proposition de loi pour défendre cette mesure. »

 Vingt ans après

 L’affaire va-t-elle prendre de l’ampleur ? Sur RTL Virginie Duval, présidente de l’Union Syndicale des Magistrats (USM) explique que « la castration chimique existe mais qu’elle ne peut pas être le remède miracle ». « C’est très particulier, et le passage à l’acte de ces personnes doit être évalué. On doit travailler avec ces personnes individuellement, précise-t-elle. Une fois que la personne a été condamnée, on peut notamment prononcer un suivi socio-judiciaire, qui peut comprendre des obligations de soins pour permettre à la personne de travailler sur ces questions. »

« Castration chimique » ? L’affaire a déjà été longuement débattue, en France. Et on imagine que Laurent Wauquiez le sait. Il suffit, pour cela, de consulter Wikipédia. Il y a vingt ans déjà, dans le cadre du suivi socio-judiciaire  institué par la loi Guigou (no 98-468 du 17 juin 1998 « relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu’à la protection des mineurs ») les détenus peuvent, sur la base du volontariat, suivre un traitement médicamenteux visant notamment à réduire la production de testostérone.

Laurent Wauquiez sait aussi qu’aujourd’hui ce dispositif n’est pas obligatoire, mais que les détenus qui n’y participent pas, ne peuvent prétendre à des remises de peine ou à la libération conditionnelle.  Et Laurent Wauquiez ne peut ignorer qu’en septembre 2007 le député UMP Bernard Debré avait (déjà) déposé une proposition de loi tendant à imposer la castration chimique aux personnes condamnées après avoir commis une agression sexuelle.

Selon les termes de la proposition, le juge pénal aurait eu la faculté d’obliger les intéressés à suivre un traitement. Celui-ci aurait commencé pendant l’exécution de la peine et aurait pu, le cas échéant, se poursuivre après la sortie de prison. En cas de refus, les intéressés auraient en effet été susceptibles d’être réincarcérés ou placés en détention de sûreté. Mais finalement elle a été refusée par l’Assemblée nationale.

Et Laurent Wauquiez se souvient sans doute que ce projet était réapparu en novembre 2009 avec le projet de loi tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle et portant diverses dispositions de procédure pénale – un  projet de loi voulu par le gouvernement Fillon et porté par la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie. Cette proche de Laurent Wauquiez avait même annoncé dans Le Figaro Magazine  une « loi pour la castration chimique avant la fin de l’année ».

Nous étions alors au lendemain d’une affaire de viol et de meurtre commis par un homme récidiviste, affaire qui avait suscité une vive émotion en France. L’Assemblée nationale avait adopté un amendement permettant au juge d’imposer cette mesure, mais le Sénat l’avait retiré, laissant au médecin le soin d’apprécier son opportunité en fonction du patient. Laurent Wauquiez sait tout cela. Pourquoi n’en parle-t-il pas ?

A demain

3 réflexions sur “«Castration chimique»: Laurent Wauquiez la réclame pour tous les «prédateurs sexuels» 

  1. Ah, la démagogie…
    C’est bien connu, le violeur passe à l’acte à cause de ses hormones,un homme est un homme, il a des besoins sexuels, voilà pourquoi il lui arrive de violer, n’est-ce pas ? Enlevez-lui la possibilité de bander, et il ne violera pas.
    Bienvenue au pays de Oui-Oui le gentil lutin !
    Faut-il être à ce point déconnecter des réalités pour dire des âneries pareilles ? Le viol n’est que rarement qu’une affaire de pulsion incontrôlable, le viol est avant tout une histoire de domination, domination culturellement entretenue et soigneusement valorisée de façon plus ou moins insidieuse.
    Mais faire de grandes annonces permets de passer pour un blanc chevalier, tant pis si elles font plus de mal que de bien en utilisant du temps et de l’énergie qui auraient peut-être permis de poser les faits sur la table afin d’en comprendre les rouages.

    • Désolé, mais sans ses testicules ,le pervers n’a plus de pulsion sexuelle .
      En revanche,il conserve son agressivité et sa haine .
      Bien sûr la castration physique ne donne pas de travail aux pharmaciens et aux services .
      Dans un société de consommation, les délinquants et les criminels sont des produits qu’il faut valoriser de façon a ce qu’ils récidivent au mépris de leurs bonheur et de leur liberté .
      Ainsi les services ont du travail .

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