«PMA pour toutes» : pourquoi les opposants seraient-ils médiatiquement « diabolisés » ?

Bonjour

Fin des Etats Généraux de la Bioéthique. Quelques incitations médiatiques généralement poussives un public d’habitués souhaitant en découdre … bien difficile de dire que ce fut un exercice pleinement démocratique. Pour l’heure le CCNE se gorge de chiffres sans significations statistiques. Il parle d’une « importante mobilisation des citoyens ». « Importante », vraiment : 29 000 personnes (sur 183 500 visiteurs uniques) participant sur le site internet,18 500 assistant aux 250 débats organisés par ces structures inconnues que sont les « espaces éthiques régionaux ».

Importantes, vraiment, les auditions de 87 « associations », de 36 « sociétés savantes », de 9 groupes de courants philosophiques ou religieux, de 15 institutions et de 3 entreprises ou syndicats d’entreprises ? Et de quelle manière seront traitées les « près de 65 000 contributions » postées par 29 000 internautes ? On observera toutefois que près de la moitié d’entre elles portaient sur le thème « Procréation et société » et une sur quatre sur « la fin de vie ». Pour le reste : au mieux un intérêt poli.

Et puis, dans ce contexte un entretien accordé au Figaro (Agnès Leclair) par le Pr Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), Didier Sicard fait le bilan des États généraux de la bioéthique. On lui demande quelle lecture il fait de la présence massive des opposants à la « PMA pour toutes » dans ces débats. Sa réponse :

« J’ai avant tout été frappé par une forme de diabolisation des opposants à l’évolution de la loi dans les débats auxquels j’ai participé et dans les médias. Ceux qui ne sont pas d’accord avec l’ouverture de la PMA ou la modification de la loi sur la fin de vie sont très souvent traités de «réacs», d’obscurantistes ou désignés comme croyants. Ils sont accusés de mépris envers les couples homosexuels ou les femmes célibataires. C’est une manière de fermer le débat, de dénier à l’autre sa capacité de réflexion ou de mettre en doute son raisonnement en le considérant comme biaisé par une idéologie. J’y vois une confusion entre le débat politique et la dimension anthropologique de ces thèmes. »

 Conséquences en cascade

 On demande au Pr Sicard de nous en dire un peu plus : En quoi le débat sur l’ouverture de la PMA lui semble-t-il complexe ?

« L’ouverture de la PMA peut paraître une demande simple et légitime au plan de la liberté mais transforme la société en faisant des enfants un enjeu et non plus une finalité. Certes, des situations particulières peuvent justifier l’ouverture de ce droit. Mais faire de la PMA une thérapeutique banale interroge. N’est-ce pas faire fi de la complexité de ce qui se joue dans la filiation? On se moque de la question de la place du père en disant que ce n’est pas très grave, mais n’y a-t-il pas un risque de donner aux enfants le sentiment d’être des clones de leur mère?

 « Un désir d’enfant pour soi me paraît un peu contradictoire. Oublier qu’un enfant résulte du désir entre une femme et un homme, c’est peut-être faire prendre un risque à notre humanité future. Ce risque semble particulièrement important dans le cas de l’ouverture de la PMA aux femmes célibataires alors que l’on pourrait comprendre que le mariage pour tous entraîne la PMA pour les couples de femmes. Ces questions bioéthiques sont comme des poupées russes, car elles peuvent entraîner des conséquences en cascade. Ainsi, l’extension de la PMA peut aboutir à la fin de l’anonymat, de la gratuité du don de gamètes et remettre en cause l’interdiction de la procréation post mortem. »

Question que ne pose pas Le Figaro : le Pr Sicard a-t-il déjà été traités de « réac », d’ « obscurantiste » ou désigné comme « croyant » ?

A demain

2 réflexions sur “«PMA pour toutes» : pourquoi les opposants seraient-ils médiatiquement « diabolisés » ?

  1.  » « Un désir d’enfant pour soi me paraît un peu contradictoire. Oublier qu’un enfant résulte du désir entre une femme et un homme, »
    Euh… j’aimerais savoir sur quelle merveilleuse planète un enfant est le résultat du désir entre un homme et une femme ? Sur ma planète en tout cas, ça ne se passe pas tout à fait comme ça, pas systématiquement malheureusement.
    Que l’on soit pour, contre ou sans opinion, la morale ne devrait rien avoir à faire dans ce débat sinon nous ne pourrons prendre que de mauvaises décisions. Ce sont les faits qu’il faut examiner, pas les fantasmes qu’ils soient positifs ou négatifs.

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