Quand Emmanuel Macron annoncera-t-il la création de la « Française du Cannabis » ?

Bonjour

Voilà une question à laquelle Emmanuel Macron, président libéral, n’échappera pas avant la fin de son mandat. Formé aux meilleures écoles de la République, enseignant la philosophie « libérale », auteur prolixe Gaspard Koenig a été croqué comme un jeune homme pressé. Il est aussi président du think-tank GenerationLibre, qu’il a lancé en 2013 et où il défend cette substance à très haut risque qu’est le libéralisme.

« Gaspard Koenig a difficilement arrêté le café mais assume une consommation, épisodique, de cannabis, révélait, hier, Le Journal du Dimanche.  Au nom de « la liberté individuelle » et « à condition d’être majeur et informé » ». Un grand classique. Et en exclusivité l’annonce que GénérationLibre, publiait un rapport de deux experts – rapport prônant une légalisation du cannabis en France : production, régulation, distribution. Ces deux experts sont Francis Caballero, avocat et militant anti-tabac et le Pr. Amine Benyamina, psychiatre, spécialiste des addictions (hôpital Paul-Brousse, Villejuif). Leur argumentaire est connu :

« Troisième substance psychoactive la plus consommée au niveau mondial, juste après le tabac et l’alcool, le cannabis constitue aujourd’hui un véritable phénomène de société. Coûteuse et inefficaces, notamment en matière de santé publique, les politiques de prohibition sont de plus en plus critiquées et contestées. Face à ce constat, de plus en plus d’Etats choisissent alors le chemin de la légalisation du cannabis.

En France, où 17 millions de personnes déclarent avoir consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie, cette alternative reste encore inenvisagée et très peu discutée. En témoigne le rapport d’information parlementaire le plus récent dont les conclusions écartent toute perspective de légalisation et concluent à un renforcement de la répression déjà à l’oeuvre en la matière.

La légalisation se justifie du simple point de vue utilitariste de la santé publique. Elle permet d’éradiquer les trafics, de contrôler la qualité des produits, et d’améliorer les programmes de prévention, notamment en direction des mineurs – sans même mentionner les bénéfices économiques. »

Plus original, les deux options de légalisation étudiées : celle d’une légalisation contrôlée par un « monopole d’Etat de production et de distribution du cannabis » ; et celle d’une légalisation par le marché. Et, surprise, le philosophe libéral dit « reconnaître que le choix de cette légalisation par monopole est probablement plus facile à appliquer et à se faire accepter en France que la légalisation par le marché. Elle est conforme à la tradition colbertiste de notre pays ».

« Cannaboutiques » et « cannabistrots »

Comment s’organiserait la distribution de ce nouveau produit légalisé ? Francis Caballero nous explique tout dans le détail – soit un modèle calqué sur les PMU, débits de boissons et de tabac.

« Comme pour la production, la Française du cannabis ne distribuera pas ellemême le cannabis légal. Elle fera appel à des distributeurs agréés auxquels elle délivrera des licences comme l’administration le fait déjà pour les débits de boissons ou les bureaux de tabac. Ceux-ci devront se soumettre à des règles de fonctionnement définies dans leur contrat tant ce qui concerne les produits vendus que les taxes perçues à cette occasion. Ils se procureront leur marchandise auprès de la Française du cannabis qui jouera le rôle de transformateur des produits de l’agriculture et de répartiteur des commandes des distributeurs. »

Dans le système qu’il défend, la distribution se fera dans un circuit séparé des circuits existants de l’alcool, du tabac ou des produits pharmaceutiques. Il y aura deux catégories de débits, selon qu’il s’agit de débits à emporter ou à consommer sur place. On propose d’appeler « cannaboutiques » ceux qui donnent seulement la possibilité d’acheter le produit et « cannabistrots » ceux qui permettent aux fumeurs de consommer ensemble pour se retrouver.

« Le nombre et la répartition des débits restent à préciser, mais du fait de l’existence du monopole de distribution, la concurrence entre débits sera limitée. Une fois agréé par la Française du cannabis, le débitant aura un territoire protégé, un peu comme les pharmacies. Cela relève du bon sens dans la mesure où le nombre de points de vente dépend de l’ampleur du marché.

« Le débitant restera toutefois sous le contrôle du monopole qui pourra lui retirer son agrément s’il ne respecte pas les règles fondamentales de ce commerce, comme par exemple une interdiction de toute publicité commerciale sur les lieux de vente.  La Française du cannabis fixera des prix minimums par variété, étant précisé que les prix peuvent varier en fonction de la qualité des produits et de leur circuit de distribution, selon qu’il est court ou long. »

Au total l’expert estime qu’entre 33 000 et 79 000 emplois seraient ainsi créés dans l’économie française. « Il est tout de même stupéfiant de voir que les politiciens français qui parlent sans arrêt de l’emploi des jeunes ne s’intéressent pas à cette nouvelle source d’emplois marchands au profit de la jeunesse ! ». Sans oublier que la légalisation contrôlée fournirait des ressources fiscales et sociales à l’État. Si l’on fixe le prix moyen de production et de distribution à deux euros « avec taxe au col d’un euro le gramme (25% du prix de vente) et une TVA de 25% » cela rapporterait à la collectivité environ deux milliards d’euros. Un milliard pour l’État et un milliard pour la Sécurité sociale.

Au des dégâts du tabac et de l’impunité dont jouissent les buralistes français quelques questions pratiques restent encore à régler. Comme celle de la mise en œuvre de l’interdiction de la vente aux mineurs. Car Gaspard Koenig estime que le cannabis doit être réservé aux majeurs informés. Sans oublier le problème  « du développement du cerveau chez les jeunes » puisque certains médecins soutiennent que le cerveau mûrit jusqu’à 21 ans… ». Il ajoute : « Voilà le genre de discussions apaisées qu’il faut avoir plutôt que de se faire peur avec le mot ‘’droque’’ : le cannabis est moins addictif que le café et n’entrâine pas d’overdose ; tans que la consommation reste raisonnable et hors cas d’épilepsie, il ne provoque pas d’effets de long terme sur l’organisme. En tout cas pas plus que le sucre ou l’alcool… »

Où l’on voit que pour ce philosophe libéral l’important, en matière de consommation, est de conserver la raison. Ce qui est, très précisément, la pierre philosophale de la lutte contre les addictions.

A demain

 

 

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