Samu de Strasbourg : le scandale prend une dimension politique, syndicale et nationale

Bonjour

« Quand le Samu ne répond plus ». L’injustiable affaire de Strasbourg, ce matin, est sur toutes les ondes radiophoniques et France Inter donne des extraits de cetinvraisemblable échange orwellien :

« Allo ne quittez pas le permanencier du samu 67 va vous répondre…. Allo ne quittez pas le permanencier du samu 67 va vous répondre… »

Beaucoup oublient que les faits remontent à la fin du mois de décembre – et que la France ne saurait rien sans un « micro-média » strasbourgeois : le lanceur d’alerte alsacien Heb’di, C’est bien sa révélation de l’affaire (et de l’enregistrement de l’échange entre la malade et la permanencière du Samu)  qui a conduit à l’ouverture de plusieurs enquêtes et à l’indignation d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Comment ne pas s’interroger sur le caractère tardif de la réaction de la ministre ?

« C’est une histoire stupéfiante et incompréhensible, commente le Dr François Braun, président de l’association Samu-Urgences de France. Il est fréquent qu’une personne appelle pour des maux de ventre. Cela peut être très banal. Mais un assistant de régulation ne doit pas, de lui-même, orienter le patient vers SOS médecins. Il doit passer l’appel à un médecin du Samu. »

 « Visiblement, il y a eu une erreur individuelle sur laquelle l’administration ou la justice devront statuer, souligne le Pr Patrick Goldstein, responsable du Samu de Lille. Mais il ne faudrait pas, à partir de cette erreur qu’on tire à boulets rouge sur le Samu, comme c’est actuellement le cas sur les réseaux sociaux.»

 « Elle a de la fièvre et elle va mourir »

Autre lecture, politique, du Dr Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France (AMUF). Et, sur France Info, des propos qui feront crépiter les réseaux sociaux :

« Il faut éviter la banalisation, le burn out et tout ce qui correspond à une saturation du travail. Dans ce drame absolu, on entend la souffrance de la malade, et on entend une banalisation de l’urgence de la part de ceux qui répondent au téléphone et ce n’est pas convenable. C’est cela qu’il faut analyser pour ne pas que cela se reproduise.

 « On ne peut pas dire que c’est normal d’avoir le même nombre de personnes qui répond au téléphone au Samu quand on avait 10 millions d’appels et quand on en a 30 millions aujourd’hui. Ce n’est pas possible. Il faut moderniser le système avec un objectif de dire que chaque appel doit être pris en charge. On doit avoir les moyens de notre ambition qui est de répondre correctement à toute personne qui nous appelle. »

 Prévenir le « burn out » ? Avoir les « moyens de ses ambitions » ? Sans aucun doute. Pour autant il faut écouter et réécouter la totalité de l’échange orwellien (3’ 04’) pour comprendre que la grille syndicale du président de l’AMUF n’est pas, ici, pleinement opérante :

« Allo ne quittez pas le permanencier du samu 67 va vous répondre…. Allo ne quittez pas le permanencier du samu 67 va vous répondre… »

A demain

 

 

2 réflexions sur “Samu de Strasbourg : le scandale prend une dimension politique, syndicale et nationale

  1. Compte-tenu de la triste affaire #Naomi, l’occasion de faire le point sur l’organisation et carences des systèmes français de prise en charge de l’urgence (pré et intra-H), quelle chance de pouvoir compter sur énergies et volontés individuelles de @BonSamaritainFr ! En Marche ! Je cherche votre mail et votre compte Twitter Mr Nau, cher collègue.

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