Cigarette électronique et sevrage tabagique : quand Big Tobacco fait la leçon à Agnès Buzyn

 

Bonjour

Mettre un nom, un visage, sur Big Tobacco ? Voici Éric Sensi-Minautier, l’un des directeurs des affaires publiques, juridiques et de la communication d’un géant : British American Tobacco. Alors que ses homologues se montrent généralement plus que discrets pour défendre leurs intérêts, M. Sensi-Minautier aime s’exprimer publiquement – « une présence massive dans les réseaux sociaux et des tribunes régulièrement publiées dans la presse avec des mots souvent bien sentis » se félicitent les buralistes français.

M. Sensi-Minautier vient, précisément, de prendre la parole. Il fait ici écho à l’annonce, par Agnès Buzyn, d’une micro-action gouvernementale en faveur des fumeurs qui tentent de briser leurs chaînes addictives :

 « Deux premiers traitements de substitution nicotinique sont désormais remboursables par l’assurance maladie : des « gommes à mâcher », depuis le 22 mars 2018 et des « patchs », depuis le 16 mai 2018. Cette prise en charge permet à tous les patients l’accès à ces traitements de substitution, y compris aux plus modestes (sic). »

 Commentaire du Directeur des affaires publiques, juridiques et de la communication de British American Tobacco Europe de l’Ouest :

« À 15 jours de la Journée Mondiale sans tabac, la communication l’emporte sur l’efficacité (…) Près de 3 millions de forfaits de remboursements de substituts nicotiniques ont été versés entre 2007 et 2016, soit un coût estimé de 261 millions d’euros pour la Sécurité sociale, si on prend une moyenne de 100 euros remboursés. Résultat : aucun effet sur la prévalence tabagique qui a augmenté sur la même période en passant de 27 % à 28,7 %.

Nous ne comprenons pas que le ministère de la Santé ne soit pas plus innovant dans ses mesures de santé publique. En effet, il dispose pourtant d’une alternative crédible qui est le vapotage, sans coût pour les finances publiques. C’est d’ailleurs ce qu’a fait le Royaume-Uni : sensibiliser les fumeurs et les accompagner vers le vapotage, ce qui a permis une baisse de la prévalence tabagique de 20 à 15,8 % ces six dernières années ».

Résumons : le géant British American Tobacco fait la leçon à Agnès Buzyn, ministre française des Solidarités et de la Santé. Il lui reproche, à elle et au pouvoir exécutif, de ne pas parvenir à réduire la consommation de tabac en France. Mieux : il l’accuse de ne pas être plus innovante en matière de santé publique – soit de ne pas tout mettre en œuvre (comme le fait le gouvernement britannique) pour faire la promotion de la cigarette électronique.

Les codes sont ce qu’ils sont : Agnès Buzyn ne répondra pas à Eric Sensi-Minautier. Il n’en reste pas moins que la question est, une nouvelle fois posée : celle des origines de l’allergie (massive et durable) du pouvoir exécutif français vis-à-vis de la cigarette électronique, outil massif de réduction des risques. Un tel déni intrigue. Il ne pourra pas, dans un futur, proche ne pas faire l’objet d’actions en justice.

A demain

 

5 réflexions sur “Cigarette électronique et sevrage tabagique : quand Big Tobacco fait la leçon à Agnès Buzyn

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