Mourir, à 90 ans, dans la salle d’attente des urgences d’un CHU. Accepter ou s’indigner ?

 

Bonjour

18 mai 2018. Nouvelle République : « Deux décès de nonagénaires mal vécus aux urgences » (Olivier Pouvreau). Où l’on apprend que deux femmes, âgées l’une et l’autre de 90 ans, viennent de mourir aux urgences du CHU Trousseau de Tours. Mortes dans la salle d’attente des urgences. La première y était venue adressée par un Ehpad de Tours. Elle y est morte dans la nuit du 11 au 12 avril, à minuit. La seconde avait été adressée par un service de soins de la commune voisine de Luynes, décédée à 20 h 45, le 3 mai. « Cela provoque beaucoup d’émotion chez les familles et dans les services, lit-on dans La Nouvelle République. La plaie reste ouverte. »

Le quotidien régional a interrogé le Dr Pierre-François Dequin, chef de pôle. « Nous avons régulièrement des décès aux urgences, malheureusement, explique-t-il. Le service s’est organisé car nous y accueillons de plus en plus de personnes en fin de vie. Il faut accompagner au mieux ces patients qui ont des pathologies lourdes parfois. Il ne serait pas raisonnable de les transférer dans d’autres services. Ces deux événements nous ont marqués, en effet, car ils ont eu lieu en salle d’attente. Ces personnes avaient déjà vu une infirmière de l’organisation de l’accueil. Les personnels et familles sont évidemment meurtris par cette situation. C’est un drame. Nous sommes de tout cœur avec eux.»

Soignants allongés au sol, sur les voies du tramway

Le Dr Dequin rappelle encore que le vieillissement de la population est un problème sociétal important, que l’hôpital n’est qu’un maillon de la chaîne, qu’il lui faut accueillir ces patients, de façon la plus humaine possible, « même si le cadre n’est pas idéal ». Et que son hôpital s’adapte le mieux possible à cette mission nouvelle.

Contactés par le quotidien deux représentants syndicaux du CHU établissaient un lien entre ces décès et « la suppression de lits et postes ». Et s’interrogeaient sur « les conditions de la prise en charge » des personnes. A leurs yeux, mourir en salle d’attente des urgences c’est « difficilement compréhensible ».

18 mai 2018. Nouvelle République : « CHU : ‘’jeudi de la colère’’ ». Où l’on entend le long « cri du cœur » lancé la veille par Anita Garnier, infirmière de nuit aux urgences au CHU Trousseau, syndiquée Sud. Elle s’exprimait devant ses collègues allongés au sol, sur les voies du tramway, place Jean-Jaurès à Tours, comme pour exprimer la mort de leurs métiers :

 « Mes conditions de travail, ça me tue, revenir sur mes congés, ça me tue, voir mes collègues souffrir, la maltraitance institutionnelle, les suppressions de postes, ça me tue, la fermeture des lits, l’attente aux urgences, le marchandising du soin, ça me tue… Le manque de temps auprès des patients, le mépris, les suicides de mes collègues, la pression au travail, les nursings à la chaîne, ça me tue… »

A demain

2 réflexions sur “Mourir, à 90 ans, dans la salle d’attente des urgences d’un CHU. Accepter ou s’indigner ?

  1. « Le service s’est organisé car nous y accueillons de plus en plus de personnes en fin de vie. Il faut accompagner au mieux ces patients qui ont des pathologies lourdes parfois. Il ne serait pas raisonnable de les transférer dans d’autres services.  »

    ?????
    J’ai du mal à comprendre pourquoi la place de ces patients est au urgences où il faudrait les garder, plutôt que dans d’autres services.
    Il parait même qu’il existe des services de gériatrie aiguë, de soins palliatifs, de médecine interne. de spécialités dites d’organe, pouvant correspondre aux organes dont ces patients sont malades et en train de mourir.
    Des services par définition moins chaotiques et plus reposants pour patients et familles.
    En général c’est dans les étages qu’on les trouve. En haut.

    « mourir en salle d’attente des urgences c’est « difficilement compréhensible>>
    !!!!!

    Oui mais mécaniquement cela doit arriver. Les meilleures organisations ont des limites face au nombre et à l’absence de lits d’hospitalisation.

    Mais non voyons c’est juste une question d’organisation et de formation nous dira-t-on. Comme 2 des 3 singes qui se cachent les yeux ou oreilles. Le 3ème parle d’organisation à moyens constants. Take these broken wings and learn to fly disait l’autre de Liverpool.

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