La direction de l’hôpital psychiatrique du Rouvray occupée : va-t-on faire donner la police ?

 

Bonjour

Revenons, trois jours plus tard, à l’hôpital du Rouvray (Seine-Martime). Nous avions vu des soignants faire une grève de la faim pour pouvoir œuvrer dans la dignité, la leur et celle de leurs patients. « Nouvel abcès hospitalier, écrivait-on. Nouveau symptôme du déchirement d’un tissu que le politique exécutif ne parvient plus à ravauder ». L’affaire prend aujourd’hui une nouvelle dimension après la visite, médiatisée, de Benoît Hamon.

Cinquante-deux agents du centre hospitalier occupent ainsi les locaux de leur direction, après y avoir passé la nuit du 31 mai au 1er juin. « L’occupation par cinquante-deux personnes se poursuivra jusqu’à obtenir la création de cinquante-deux postes ou bien d’être délogés par la police », affirme Sébastien Ascoet, cadre de santé au nom de l’intersyndicale CGT, CFDT, SUD et CFTC. Selon lui, « les personnels de direction avaient abandonné leurs bâtiments dans la matinée du 1er mai ». « L’état de santé des grévistes de la faim est de plus en plus critique. Ils pourraient en ressortir avec des séquelles », estime d’autre part M. Ascoet.

Mutisme directorial

Les grévistes dénoncent « une surpopulation chronique » de ce centre hospitalier et « une dégradation des conditions de travail et d’accueil ». Sollicitée, la direction de l’hôpital n’a souhaité faire « aucun commentaire sur les événements en cours », précise l’AFP.  Le 24 mai, elle avait estimé qu’il n’y avait « plus de suroccupation dans l’établissement à la suite d’un ensemble d’actions mises en place le 15 avril ». La direction avait notamment annoncé l’embauche de cinq contractuels, un chiffre jugé « ridicule » par les syndicats -des syndicats qui en réclament dix fois plus.

« Le nombre d’hospitalisations a augmenté de 8,4 % entre 2014 et 2016, selon les données du dernier rapport d’activité de l’établissement, ajoute l’AFP. Entre 2014 et 2016, les effectifs en équivalent temps plein n’ont progressé que de 0,5 %. » Tout est dit, ici, de ce tissu déchiré, de cette impossibilité de communiquer entre soignants et direction, de ce silence incompréhensible du pouvoir exécutif. Ne manque plus que faire donner la police.

Nous avions cru comprendre qu’Agnès Buzyn avait tout saisi du grand mal dont souffre la psychiatrie hospitalière française. . Une psychiatrie qu’elle qualifiait elle-même, en janvier dernier, de « paupérisée ». La ministre des Solidarités entend-elle aujourd’hui, depuis les lambris de Paris, la colère du Rouvray ?

A demain

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