Conflits d’intérêts :  le Comité national d’éthique est publiquement accusé de partialité

Bonjour

Il faudra, mardi 5 juin 2018, être à la Maison de la Chimie, à Paris. Objet : découvrir le « rapport de synthèse » des États Généraux de la Bioéthique qui, alors, sera présenté à la presse par des membres du Comité consultatif national d’éthique. Peu après des membres du « Comité Citoyen » présenteront les « Opinions » émises par ce dernier.

S’ils ont lu, sous la plume du biologiste Jacques Testart et de la juriste Marie-Angèle Hermitte la tribune publiée il y a peu dans Le Figaro les journalistes présents pourront poser quelques questions piquantes : les deux auteurs  s’interrogent, avec pertinence, sur « la fiabilité et l’intérêt » des consultations organisées dans le cadre de ces États Généraux. Ils reprochent en substance au CCNE d’être à la fois juge et partie. Une accusation d’une paticulière gravité quand il vise cette institution généralement tenue, dans les médias, pour être au-dessus de tout soupçon. Résumons leur propos qui, déjà, jette le trouble sur la qualité du programme annoncé.

Quoi de plus beau, en théorie, que la « démocratie participative » ? De plus séduisant que la révision, à échéances démocratiquement fixées, du texte de loi qui encadre les pratiques ayant à voir avec la « morale en marche » ? C’est dans ce cadre que la loi de 2011 relative à la bioéthique fut à l’origine « Etats Généraux » qui, sept ans plus tard, viennent de s’achever. Des « Etats Généraux » modestement intitulés : « Quel monde voulons-nous pour demain ? ».

« L’entre-soi »

On lira, dans Le Figaro, les chapitres du réquisitoire signé Testart – Hermitte. Avec d’emblée cette question qui, une nouvelle fois, nous ramène à celle, consanguine et anti-démocratique de « l’entre-soi ». Ou, si l’on veut, du novlangue d’Orwell. Décrypter, en somme, les dysfonctionnements et les maquillages inhérents au « web », aux « débats publics » et autres « auditions ». Ne pas se laisser berner par les chiffres (« 29 000 personnes ont participé à une discussion sur le web et posté 64 985 ‘’contributions’’ », « 250 débats en région », « autour de 150 auditions » etc.). Hermitte et Testart :

« Les données recueillies seront en général pauvres en termes d’innovation de choix politiques du fait de l’absence de temps de délibération collective et de confrontations créatrices. Une fois obtenues, qu’en faire? La loi de 2011 a prévu un «rapport de synthèse», exercice difficile, et a eu tort de le confier au CCNE qui, commanditaire de l’exercice, ne doit pas être à la manette pour les conclusions. Il ne saurait malgré ses efforts être «objectif», ayant déjà rendu des avis sur la plupart des thèmes abordés.

«  Des doutes sur la validité et l’honnêteté du processus sont vite apparus, même s’ils ont été exprimés de manière sommaire. Certains journalistes ont pointé la mobilisation de la «Manif pour tous» accaparant les débats publics pour s’opposer à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes ; mais ils ont oublié de mentionner la mobilisation des pro-PMA et GPA, sur Internet, dans les médias et dans les auditions. »

Faut-il rappeler, comme nous l’avions fait il y a peu sur ce blog, que Didier Sicard, ancien président de CCNE, s’est inquiété de la diabolisation dont sont victimes les opposants à cette ouverture de la loi, traités de «réacs, d’obscurantistes ou désignés comme croyants… accusés de mépris envers les couples homosexuels ou les femmes célibataires ».

Le passage fort du réquisitoire signé Hermitte-Testart :

« Lorsque le CCNE remettra le 4 juin son rapport de synthèse à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPCEST), lequel préparera la discussion parlementaire, les groupes d’intérêts institutionnels auront été largement représentés et vont presque tous dans le même sens: ouverture des recherches sur l’embryon ; sélection élargie des embryons in vitro dans un contexte où le transhumanisme a le vent en poupe ; AMP hors stérilité ; indifférence à la manière dont sera gérée la pénurie du sperme, avec possibilité d’ouverture à la rémunération des donneurs (et ensuite au don du sang, des organes?). Les mêmes acteurs, et d’autres, prônent l’ouverture de l’AMP aux femmes seules, ce qui prive l’enfant non seulement d’un père mais d’une lignée entière, alors que l’ouverture aux couples de femmes, déjà problématique, donne au moins deux lignées parentales à l’enfant. »

Ne retenir qu’une seule phrase ? Celle-ci : « Le principe cardinal d’indisponibilité des éléments du corps humain est de plus en plus écarté au profit du désir des personnes mais aussi de la possibilité de vendre ou louer ces éléments ».

Il faudra, mardi 5 juin 2018, être à la Maison de la Chimie, à Paris. 14 heures.

 

A demain

 

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