Abcès de l’hôpital psychiatrique du Rouvray : la directrice de l’ARS exclut de démissionner  

Bonjour

C’était avant l’aube, sur France Inter. Remarquable interview de Christine Gardel, directrice régionale de l’ARS Normandie et ancienne du cabinet de Marisol Touraine. Un entretien réalisé Pierre Weill. L’embarras d’une directrice d’ARS confrontée à un « conflit social » et interrogée par un journaliste qui connaît son dossier. Désavouée Mme Gardel ? « Pas du tout » dit-elle. Et d’exclure l’hypothèse de sa démission.

« J’ai reçu les grévistes, pour comprendre leurs revendications. Puis le conflit s’est durci autour d’une demande de création de 52 emplois. Là j’ai tout mis en œuvre pour reprendre le dialogue (…) Nous travaillons sur la sortie de grève et un protocole (…) Sur quelles activités y a-t-il des besoins de personnels supplémentaires? C’est la question qu’on s’est posé, notamment sur la prise en charge des détenus, des ados, et des dépendants aux drogues et à l’alcool. »

Les grévistes demandent cinquante-deux postes supplémentaires. Seront-ils créés ? « Sur ces trois thématiques il y aura des créations. On est en négociation sur le nombre. On se revoit ce soir. La bonne prise en charge s’est l’hospitalisation quand elle est réclamée. Sur les ados, c’est la dernière limite, et c’est la prise en charge à domicile qui compte… pour l’éviter. Donc on va mettre en place des équipes mobiles pour cela ».

On sait qu’Agnès Buzyn a, enfin, dépêché trois émissaires « pour mener une enquête-flash, un audit, et voir quels moyens sont nécessaires pour accompagner cet établissement ». « Vous avez raison de pointer du doigt la situation critique de la psychiatrie française », a-t-elle lancé, à l’Assemblée nationale, au député communiste Hubert Wulfranc, qui l’interpellait sur le manque de moyens dans le secteur. C’est dire.

Faire sortir  “les moins pires”. 

« Nous sommes à 115 % de notre capacité d’accueil, il nous faut, au minimum, 52 nouveaux infirmiers, rappelle Agathe Chopart, infirmière et représentante CGT du personnel, décrivant des patients placés dans « n’importe quelle unité, faute de place », certains étant installés d’urgence dans des lits de fortune « sans oreiller », dans un bureau tout juste débarrassé de ses meubles. « On en est au point où la direction et la commission médicale d’établissement ont décidé de faire partir le plus vite possible les patients “les moins pires”. »

Selon Mme Chopart nombre de soignants sont sous antidépresseurs. Ils culpabiliseraient notamment quant au sort réservé aux mineurs. « Les adolescents sont vulnérables. Leur pathologie est balbutiante, mais on ne les soigne pas, on se contente de les prendre en charge », dit-elle, citée par Le Monde (Aurore Esclauze). « Nous avons besoin des infirmiers partout. Ce sont eux qui connaissent le terrain et qui peuvent aiguiller les psychiatres» explique pour sa part le Dr Gilles Barthe, psychiatre dans l’établissement et membre de l’Union syndicale de la psychiatrie.

Une nouvelle fois sollicitée la direction n’a pas, une nouvelle fois, souhaité s’exprimer. Une marche de soutien est prévue mercredi 6 juin à Sotteville-lès-Rouen. Et les dockers du port de Rouen annoncent un « jeudi noir », lendemain, pour soutenir le personnel hospitalier.

A demain

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