Addiction aux jeux d’argent : pourquoi la France ne suit-elle pas la leçon offerte par la Suisse ?

Bonjour

A l’heure de l’écriture de ces lignes, les citoyens de la Confédération helvétique semblaient avoir largement approuvé, dimanche 10 juin, le projet de loi sur les « jeux d’argent » – un texte qui prévoit d’interdire l’accès aux sites internet de jeux d’argent basés à l’étranger et d’autoriser uniquement ceux enregistrés légalement en Suisse. Ce texte va favoriser les casinos et loteries suisses.

La « loi fédérale sur les jeux d’argent » avait déjà été approuvée par le Parlement, mais les électeurs suisses étaient invités à donner leur avis par référendum à la suite du dépôt de 50 000 signatures récoltées par les opposants à la loi, essentiellement les jeunes des Verts et du PLR (droite). Où l’on voit, d’ici, les vertus d’une autre conception de la démocratie.

Ne pas se tromper de camp pour autant : les opposants dénonçaient des « méthodes dignes d’un Etat autoritaire » et accusaient le gouvernement de vouloir instaurer une « censure d’internet ». La loi est censée lutter contre les addictions au jeu, mais il s’agit surtout pour le gouvernement de ramener dans les caisses de l’Etat une partie des quelque 250 millions de francs suisses (215 millions d’euros) dépensés par les joueurs suisses sur les jeux en ligne proposés par des sites étrangers.

Bénédiction républicaine française

Cette loi entrera en vigueur en 2019 et taxera désormais tous les jeux autorisés en Suisse (y compris en ligne), pour pouvoir continuer à alimenter un « fonds anti-addiction » ainsi que les systèmes d’assurance sociale ou des programmes culturels et sportifs. En pratique les exploitants de jeux en ligne basés à l’étranger devront fermer les accès à leur site aux internautes suisses. S’ils n’obtempèrent pas, ils seront inscrits sur une liste noire et les fournisseurs d’accès renverront les utilisateurs sur une autre page.

« Pour ses détracteurs, la nouvelle loi est surtout une aubaine pour les vingt-et-un casinos enregistrés en Suisse qui vont pouvoir proposer des jeux de poker, black jack et roulette en ligne et les loteries helvétiques qui offriront des paris sportifs » précise l’AFP.

Selon « Addiction Suisse », fondation spécialisée dans l’étude des dépendances, environ 75 000 personnes (8,3 millions d’habitants) souffrent d’une addiction au jeu – une dépendance qui coûte environ 500 millions de francs suisses (430 millions d’euros) à cette collectivité. En France aucun débat de ce type – ou presque. Grattage-tirage. Aucune réflexion politique ni démocratique. Avec la bénédiction républicaine la Française des Jeux est reine.

A demain

2 réflexions sur “Addiction aux jeux d’argent : pourquoi la France ne suit-elle pas la leçon offerte par la Suisse ?

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