La vaccination contre les papillomavirus sera bientôt recommandée chez les petits garçons

 

Bonjour

Quelques lignes dans Le Quotidien du Médecin (Charlène Catalifaud) et, déjà, l’amorce d’une polémique avec l’incitation à la  vaccination de tous les jeunes garçons contre les infections à Papillomavirus humain (HPV) 1. Pour l’heure le sujet est est « en cours de réflexion » au sein de la Commission technique des vaccinations (CTV), structure désormais rattachée à la Haute autorité de santé (HAS) que présidait, il y a peu encore la ministre des Solidarités et de la Santé.

Force est aujourd’hui de constater que cette vaccination , à l’origine de polémique récurrentes 2, ne rencontre pas un grand succès – et ce en dépit des moyens déployés. Elle est officiellement recommandée pour toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans. Deux ou trois injections sont nécessaires en fonction du vaccin utilisé et de l’âge. Par ailleurs, dans le cadre du « rattrapage vaccinal », la recommandation concerne les jeunes filles et jeunes femmes entre 15 et 19 ans. Cette vaccination est également recommandée, jusqu’à l’âge de 26 ans, « chez les hommes ayant ou ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes ».

Le Pr Élisabeth Bouvet, présidente de la CTV, vient de faire savoir que « l’éventuelle extension d’indication du vaccin ferait l’objet de prochaines recommandations » (sic). « Un certain nombre de pays ont des programmes pour les filles et les garçons, cela incite à se poser la question en France », explique-t-elle.  Les virus pathogènes sexuellement transmissibles sont potentiellement présents chez les filles comme chez les garçons et une  vaccination généralisée permet de limiter la transmission et de protéger contre l’ensemble des pathologies secondaires à l’infection.

Echec sans autocritique

Où l’on en vient à se demander pourquoi cette recommandation n’avait pas, d’emblée été adoptée.  « Des pays comme l’Australie, les Etats-Unis et l’Autriche ont fait ce choix, mais, en France, le HCSP n’a pas retenu cette -option notamment pour des raisons médico-économiques, expliquait, il y a un an,  le Pr Daniel Floret, ancien président du comité technique des vaccinations.

La nouvelle « feuille de route » devrait être établie « incessamment », selon Catherine Rumeau-Pichon, adjointe à la directrice de l’évaluation médicale, économique et de santé publique de la HAS. « Toutefois, l’extension de l’indication de la vaccination pose le problème de l’acceptabilité, alors que la couverture vaccinale chez les jeunes filles est jugée insuffisante » euphémise Le Quotidien du Médecin.

On peut, ici, parler d’un véritable échec : le taux de couverture vaccinale est, en France, l’un d’un des plus bas en Europe : moins de 20% de la population cible est vaccinée. Et ce alors que le Plan Cancer 2014-2019 fixait un objectif de 60%. Les institutions et responsables sanitaires n’ont toujours pas, ici, fait leur autocritique.

A demain

1 Les infections par les HPV sont le plus souvent sans aucun symptôme. Dans la plupart des cas, le virus s’élimine naturellement en un à deux ans et l’infection n’a aucune conséquence sur la santé. Dans certains cas, des condylomes (verrues génitales) peuvent apparaître. L’infection persistante par les HPV est rare (moins de 10% des cas), mais elle peut entraîner, chez la femme, la formation de lésions au niveau du col de l’utérus : on parle alors de lésions « précancéreuses ».

Pour certains HPV ces lésions peuvent évoluer vers un cancer en dix à vingt ans. En France et en Europe, les cancers du col de l’utérus sont causés dans près de trois quarts des cas par les HPV 16 et 18. Ces HPV « à haut risque » sont aussi les principaux responsables d’autres cancers plus rares de la région ano-génitale chez la femme (cancer du vagin, de la vulve) et du cancer de l’anus dans les deux sexes.

2 En mars 2014 une pétition réunissant 420 médecins et adressée à François Hollande avait réclamé  la création d’une mission parlementaire pour évaluer « l’opportunité » de la  vaccination contre les infections par HPV.

 

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