« Service sanitaire » : dès la rentrée, mise en place d’un service militaire à l’envers

Bonjour

Il l’avait annoncé, et cela se fera. Avec tous les risques inhérents aux plâtres que l’on essuie. Dès septembre prochain, 47 000 étudiants en médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie et soins infirmiers vivront une nouvelle aventure, sans précédent connu.

Le décret et l’arrêté instaurant le « service sanitaire » pour tous les « étudiants en santé » ont été publiés au Journal Officiel du 13 juin 2018.  Une usine à gaz ? Peut-être, peut-être pas. En voici le cadre général, rempli de bonnes intentions :

 « Le service sanitaire contribue à la promotion de la santé, notamment à la prévention, dans tous les milieux et tout au long de la vie. Il répond aux enjeux de santé publique de promotion des comportements favorables à la santé et contribue à la réduction des inégalités sociales et territoriales en matière de santé. Il permet la formation des futurs professionnels de santé et renforce leur sensibilisation à ces enjeux en assurant leur maîtrise des connaissances et compétences nécessaires. »

Alcool, sexe et tabac

 Mais encore ?  « Concrètement, les interventions de prévention conduites par les étudiants dans le cadre du service sanitaire privilégieront les thématiques relevant d’enjeux prioritaires de prévention et promotion de la santé : alimentation, activité physique, addictions, santé sexuelle, explique Agnès Buzyn. En effet, la fréquence des comportements à risque reste élevée en France, en particulier chez les jeunes et les publics les plus fragiles socialement, moins informés des attitudes bénéfiques à la santé. »

Un exemple : les étudiants du service sanitaire pourront par exemple se rendre en établissement scolaire ou en université ou au sein d’associations pour sensibiliser aux dangers de l’abus d’alcool ou à la prévention des maladies/infections sexuellement transmissibles.

En pratique ce service sanitaire « représentera six semaines de formation théorique et pratique » incluant l’acquisition de compétences spécifiques ainsi que les interventions auprès des publics. Il sera intégré aux « maquettes de formation » (sic) et se « substituera à des activités pédagogiques ou à des stages existants » sans allongement des cursus. Qui s’en émouvra ? Une usine à gaz ? Peut-être pas. Alcool, MST. On n’oubliera pas le tabac. Une forme de service militaire à l’envers.

A demain

3 réflexions sur “« Service sanitaire » : dès la rentrée, mise en place d’un service militaire à l’envers

  1. Transformer des étudiants en colporteurs du catéchisme hygiéniste de notre société est indigne. Combien de fois faudra-t-il répéter que ce que nous appelons avec pompe prévention ( ce qui vient avant) n’a aucun fondement scientifique solide. Nous ne savons rien de la possibilité d’induire des façons d’être par le seul truchement des discours. Nous sommes dans le domaine de la croyance, du même tonneau que celle de nos braves curés montant en chaire chaque dimanche pour fustiger tous les péchés de leurs ouailles. Sans grand succès, non ?
    Donner aux étudiants une telle mission, qui n’est que, ouvrons les yeux, manipulation, c’est ratatiner encore leur libre arbitre et leur capacité personnelle de ne pas juger.
    L’intégrisme au nom de la médecine est redoutablement dangereux.

  2. Je suis dubitatif sur l’efficacité de la mesure.
    – En premier lieu parce que ce service sanitaire se déroule sur 6 semaines, au cours duquel l’étudiant va devoir d’abord apprendre la pédagogie (tout le monde n’est pas doué pour l’enseignement ou la prise de parole en public), puis aller dans les écoles, les lycées, les facs. C’est un peu court, comme délai…
    – Parce qu’on va envoyer des « bébés médecins » faire ce qu’il y a probablement le plus compliqué à faire en médecine : tenter de convaincre des personnes qu’on ne connaît pas qu’il ne faut pas s’adonner à des pratiques addictives… Moi, on m’enverrai dans un bahut d’une ZEP expliquer qu’ile faut pas abuser des joints et pas faire de scooter sans casque, je crois que je n’en mènerai pas large… Et expliquer la sexualité à une classe de troisième ? non, vraiment, je ne saurai pas…
    – Je crains donc qu’une partie des nos étudiants y aillent en trainant les pieds, ce qui ne redorera certainement pas l’image de la Prévention ni du Corps Médical, alors qu’il y a certainement des personnes non médecins qui ont le tact, le charisme, la volonté et la patience pour faire passer ces messages.

    J’espère de tout coeur me tromper !

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