Emmanuel Macron autorisera-t-il la culture du cannabis récréatif au profit des EHPAD ?

Bonjour

 Jacques Pédehontaà est un homme responsable : maire de la commune de Laàs (Béarn des Gaves), conseiller départemental, et président de l’Agence de développement touristique du Béarn et du pays basque. En mars 2016, dans les allées du salon international de l’agriculture, M. Pédehontaà invitait le ministre de l’Economie à venir dans les Pyrénées-Atlantiques. Croisant Emmanuel Macron il l’a salué « comme s’il s’agissait d’un vieil ami ». Puis, l’étreignant, il lui a murmuré quelques mots à l’oreille – l’invitant notamment à venir dans les Pyrénées-Atlantiques. Une scène immortalisée par Francine Trouilh, membre de la confrérie de la Blonde d’Aquitaine de Sauveterre-de-Béarn.

 Aujourd’hui Jacques Pédehontaà « que l’on dit proche de Francois Bayrou » – vient d’écrire à Emmanuel Macron pour lui exposer un projet original : lancer, à titre expérimental et pendant trois ans, la culture du cannabis (à usage thérapeutique et récréatif) sur 10 à 20 hectares dans le Territoire du Béarn des Gaves (cinquante-trois communes des Pyrénées-Atlantiques). Le 26 juin il a détaillé sa proposition, reprise par  France Bleu). Objectif : « préserver les services de proximité et améliorer le revenu des exploitations agricoles » ;  permettre aux paysans locaux la culture et la transformation ; aux pharmaciens, la vente du cannabis thérapeutique ; aux buralistes, la vente du cannabis récréatif. Le tout sous le contrôle des autorités républicaines. Jacques Pédehontaà :

« Nous, ce qu’on propose au président de la République, c’est de lui dire qu’on est prêt à maîtriser toute la filière et faire une expérimentation dans l’attente de la légalisation. Vous pourrez contrôler, mesurer l’efficience du dispositif et de l’expérimentation. Il y a un enjeu majeur en termes de fiscalité pour l’État à s’emparer de ce débat et à l’encadrer. Parce que ce sont des milliards … d’une économie qui est aujourd’hui souterraine en France.

« Cette économie permettrait aux agriculteurs de mieux vivre, aux buralistes de mieux vivre, aux pharmaciens de mieux vivre, et surtout, l’argent perçu par l’État pourrait être réorienté vers l’école et la prévention, l’agriculture ou encore les EHPAD, le monde médical et la ‘’silver économie’’. Il y a là une possibilité importante de réorienter et de redresser les choses ».

Piment d’Espelette

A  la différence des responsables de la communauté d’agglomération du « Grand Guéret « (Creuse) qui réclame le droit de cultiver du cannabis à usage thérapeutique, l’édile béarnais mise aussi sur l’usage du cannabis récréatif  – qui ne serait vendu que chez les buralistes. Jérôme Récapet, président de la chambre syndicale des buralistes de Béarn et Soule,  est prêt « à jouer le jeu » :

« Aujourd’hui, il y a de moins en moins de fumeurs. On sait très bien qu’il va falloir faire d’autres choses, être dynamiques, être de vrais commerçants et non plus seulement des débitants de tabac. Alors pourquoi pas le cannabis ? C’est très avancé de vous dire ça, mais participer au projet, se poser les bonnes questions …oui. Après on verra ce qui peut être fait ».

Le maire de Laàs assure aussi avoir obtenu l’accord d’une vingtaine d’agriculteurs, prêts à cultiver le cannabis et à en assurer la transformation. Jean-Marc Maisonnave, producteur de kiwis et responsable de la FDSEA dans le canton de Sauveterre-de-Béarn :

« On veut essayer de développer notre agriculture, mais franchement j’aurais préféré que ça reste thérapeutique parce que fumer du cannabis, ce n’est pas bon pour la santé, ce n’est pas bon pour nos jeunes. Mais ça se développe dans tous les pays – et nous avons déjà fait de la culture de chanvre, qui était très encadrée ».

Opium, cocaïne et Hospices de Beaune

Au moment où le Palais de l’Elysée recevait la lettre postée à Laàs, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime annonçait que la production mondiale de cocaïne (essentiellement en provenance de Colombie) et celle d’opium (principalement d’Afghanistan) venait d’atteindre son plus haut niveau historique. La production mondiale d’opium a bondi de 65 % de 2016 à 2017 pour atteindre 10 500 tonnes. Et la fabrication mondiale de cocaïne s’approche des 1500 tonnes.

Corollaire : les surfaces de culture de pavot à opium ont progressé de 37 % au niveau mondial entre 2016 et 2017, atteignant aujourd’hui 420 000 hectares.  Quant à la la culture de feuille de coca elle se fait aujourd’hui sur 213 000 hectares au niveau mondial, dont 69 % se trouvent en Colombie.

Vérité au-delà des Pyrénées, erreur en deçà ? Autoriser la culture du cannabis au profit des EHPAD ? On espère que le maire de Laàs aura expliqué au président de la République que cette entreprise ne serait pas très éloignée du maillage solidaire qui, jadis, voyait la culture de la vigne soutenir le budget des hospices. Une solidarité dont on retrouve encore la trace, aujourd’hui, ici ou là. Comme lors de la vente annuelle de quelques grands crus bourguignons au profit des malades des Hospices de Beaune.

A demain

 

 

 

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