Agnès Buzyn dénonce ses confrères hospitaliers mercenaires « à 2000 euros par jour »

 

Bonjour

Ce pourrait être la phrise du jour. Interrogée le mardi 3 juillet par le député Alain Bruneel (Nord, PCF) lors de la séance de questions au gouvernement Agnès buzyn a taclé. Méchamment. A propos des médecins hospitaliers intérimaires. « Nous faisons face à des mercenaires aujourd’hui, qui sont des médecins […] qui travaillent à la journée, payés 2000 euros par jour », a-t-elle déclaré devant l’Assemblée nationale.

La ministre des Solidarités et de la Santé avait déjà dénoncé, fin mai, l’attitude selon elle « irresponsable » du Syndicat national des médecins remplaçants en hôpitaux (SNMRH) après leur appel au boycott des établissements hospitaliers appliquant le décret plafonnant leur rémunération.

« Non contente d’en remettre une couche, la locataire de Ségur a même jugé les médecins remplaçants d’être ’responsables en partie du déficit des petits hôpitaux périphériques’’ ajoute Le Quotidien du Médecin. Une accusation lourde de sens qui risque de faire réagir le Dr Lynda Darrasse, présidente du SNMRH. »

Mais encore ? Interrogée sur les tensions qui planent au-dessus des services d’urgences à l’approche de la période estivale, Agnès Buzyn s’est voulue rassurante : « Tout cela est parfaitement monitoré au ministère ». Monitorer : néologisme créé sur l’anglais to monitor, lui-même issu du latin, surveiller avec un moniteur, faire un suivi dans le temps. Exemple :

« Ces systèmes experts seront des monstres de puissance et d’intelligence : chacun coûtera des milliards de dollars et s’auto-améliorera par l’analyse des millions de dossiers de patients qu’il monitorera. — (Dr Laurent Alexandre, en préface de : Christophe Charlot, UberizeME: l’économie collaborative – entre promesses et mensonges, Lannoo Meulenhoff – Belgium, 2016).

A demain

6 réflexions sur “Agnès Buzyn dénonce ses confrères hospitaliers mercenaires « à 2000 euros par jour »

  1. Bonjour,

    Deux commentaires :

    1- La langue;

    « Tout cela est parfaitement monitoré au ministère ». Monitorer : néologisme créé sur l’anglais to monitor, lui-même issu du latin…. »
    Oops ou non: oups ! j’utilise les guillemets anglais. Plus discrets je trouve.

    1-a.
    Ce n’est pas un néologisme, ou ne devrait pas l »être.

    C’est une faute de français. Pure et dure.

    Aucun besoin de néologisme il existe en français le mot ad hoc: surveiller. Mais monitorer (largement utilisé en médecine) fait plus chic.

    Au final (hispanisme, de « al final », pour « en somme » ou « finalement »): snobisme frimeur, paresse (ouvrir un dictionnaire fait mal aux poils de la main) et ignorance du français (et mépris d’icelui) ignorance de la langue empruntée, en général l’anglais, sont les trois mamelles des anglicismes.

    1-b.
    Les dictionnaires des anglophones trouvent toujours une origine latine à leurs plus de 60% de mots d’origine … française.
    C’est, là encore plus chic, le latin, que la vérité.
    Mais c’est faux, plaide Alain Borer dans « De quel amour blessée », un livre si érudit ou précieux qu’il faut un dictionnaire toutes les 2 pages, où l’on ne trouve pas le mot rare recherché !

    Les mots anglais ressemblant au français , assez souvent des faux amis utilisés à contre-sens, sont en fait d’origine non latine mais française, une maladie honteuse pour les anglais.

    Facile de trouver une origine latine en remontant d’une génération !
    Escrocs !

    Selon Borer :

    « Le plus grand nombre des Anglo-Saxons ignore massivement ceci, ces chiffres-là, précisément : qu’ils parlent 63 % de mots français, utilisent 37 000 mots français, sans oublier la dette grammaticale.
    Qu’un tel fait de société (doublé d’un fait politique majeur : la fondation de la monarchie anglaise par la famille royale française) soit l’objet d’un si vaste refoulement, cela ne laisse pas de surprendre de la part d’une culture préoccupée de matter of facts ; et qui massivement refuse de savoir qu’elle a parlé français et non pas « normand » …
    L’anglais procède de la langue française « comme » le français procède du latin (encore qu’il ait reçu la langue française clés en main). …
    Né d’une fusion française, l’anglais s’en est ainsi désamouré.
    … énormité : que cela ne soit jamais enseigné comme tel, et dans ces chiffres factuels (63 %, 37 000), constitue typiquement un symptôme : on ne veut pas le savoir. On trouve quelque grand intérêt à ne pas le savoir. Il y a sur ce point une forclusion de la culture anglo-saxonne, que transporte l’englobish* : ainsi coïncident les deux symptômes : le refus de savoir (que l’on procède de l’autre langue) et l’hégémonisme (comme désir de substitution totale à l’autre langue).

    Le symptôme anglo-saxon, c’est qu’une société soit capable de parler 37 000 mots français sans vouloir le savoir. Pour dire : « Let’s Stop Pretending That French Is an Important Language » (« Cessons de prétendre que le français est une langue importante »), le New Republic (du 2 février 2014) doit quand même utiliser quatre mots français sur cinq. »

    Ce texte (Let’s stop etc. ») est d’ailleurs d’un linguiste francophile, John McWhorther, dont l’excellent livre  » A natural history of language —The power of Babel » est illustré de planches tirées d’albums d’Astérix. Ce linguiste spécialiste des créoles, lui même porteur de gènes africains, rapporte d’ailleurs que le « petit nègre » parlé par les congolais dans « Tintin au Congo » n’est pas une insulte raciste mais fidèle au pidgin ou créole local à l’époque. Et donc n’est pas à mettre au dossier d’accusation de racisme contre Hergé. Mais je divague…

    Point numéro 2 plus tard , donc.

  2. 2- Les médecins remplaçants coûteux

    Et pourquoi existent-ils ?
    La réponse est dans … la réponse que sont les médecins intérimaires.

    Si les hôpitaux avec postes de médecin non pourvus en sont réduits à embaucher des médecins intérimaires (abrégés en mercenaires de façon au moins en partie esagérée voire diffamatoire) ne serait-ce pas parce que ces postes ne sont pas attractifs ?

    Je sais pas hein, juste une suggestion.

    Comme dirait Colucci : « et pourquoi qu’ils sont pas attractifs ces postes ? Je vous le donne Emile ! »

    Travailler aux urgences c’est souvent don Quichotte contre les mulins à vent

    Travailler aux urgences c’est se battre pour trouver des lits pour les petits vieux malades
    – que les services d’aval n’ont pas d’intérêt à prendre en charge
    – pour ne pas gâcher leurs tableaux de bord établis par … l’administration dirigée par … les ministres des affaires sociales, des finances.

    Travailler aux urgences c’est se faire engueuler souvent insulter parfois frapper pour des défaillances qui sont le fait de « plus haut ».

    Travailler aux urgences c’est mal payé et crevant c’est le jour c’est la nuit, c’est le week end , c’est Noel et jour de l’an, et 48 h par semaine il faut se battre pour ne pas les dépasser .

    Travailler aux urgences c’est plus dur que de travailler en réanimation c’est pourquoi beaucoup d’urgentistes se forment pour aller en réanimation et démissionnent de leur poste d’urgentiste, ou vont dans les urgences privées qui souvent ont moins de malades »difficiles à placer ».

    Travailler aux urgences c’est pas cool, et les 2 derniers choix encore récemment après le concours national classant des médecins sont 2 spécialités pourtant indispensables (comme les organes de la fable) : gériatrie et urgences.

    Si on trouve des intérimaires pour travailler pour plus cher aux urgences, cela ne donnerait-il pas des idées ? Mieux payer des urgentistes travaillant moins ? Sacrilège, anathème, subversion, atteinte à la grille, blasphème, iconoclasie, et pourquoi pas moi , capitalisme !

    Supprimer les causes du malaise ? Plus (au sens de « + ») de lits de gériatrie aiguë, des locaux et effectifs adaptés à la croissance permanente de l’affleunce, et comme y’a pas de sous parce que peut-être certains mammouths ont de la graisse bien défendue, et dans les mammouths je mets aussi les niches fiscales improductives et la fraude fiscale, ça ne changera pas ma petite dame, ni mon petit monsieur.

    Déprimant non ?

    On parie que ça changera pas ?

    Au fait, les puissants quand ils sont malades, ils vont aux urgences ? j’ai dit une bêtise hein ?

    A voir aussi:
    http://saturg.blogspot.com/2018/06/le-serment-dhypocrite.html

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