Reculade : les hôpitaux devront passer l’été sans savoir comment ils seront transformés

Bonjour

Le changement ce ne sera pas pour maintenant: on est prié de marcher sans avancer. Emmanuel Macron avait publiquement promis en avril (face à MM Bourdin et Plenel) que la réforme tant attendue de l’hôpital serait annoncée avant l’été. Nous sommes le 4 juillet et Agnès Buzyn annonce aujourd’hui que ce sera, au mieux, pour la rentrée. La confirmation de cette reculade est à lire dans Libération (Eric Favereau).

« La réforme de l’hôpital sera présentée au tout début du mois de septembre. Après avoir établi un diagnostic complet de la situation, nous avons décidé de mener une réforme particulièrement ambitieuse, en abordant tous les domaines, et pas seulement celui de l’hôpital, mais aussi par exemple les liens ville-hôpital. Cela prend du temps, ce n’était pas une réforme qui avait été programmée. Elle est venue d’un constat sans complaisance que nous avons établi (sic). Ce n’est donc pas une réforme de l’hôpital, il s’agit d’une réforme beaucoup plus large et plus complexe. C’est, enfin, une réforme qui vise le long terme, par une transformation en profondeur de notre système. »

Comment transforme-t-on une entité ne sachant plus qui elle est, une machinerie devenue folle ? En pratique c’est la complexité au carré : des « groupes de travail » qui commencent à rendre des « rapports », nous avons l’élaboration d’un « projet » que l’exécutif discutera avec la myriade des acteurs du système : innombrables organisations professionnelles, syndicats, élus locaux etc. Le tout pour arriver, au mieux en septembre, à la présentation d’un « projet de grande ampleur à la hauteur des défis ». Une pieuvre réformatrice qui pianotera sur cinq leviers : la « qualité et la pertinence des soins », les « modes de financement et de régulation », le « virage numérique », la « formation et la qualité de vie au travail des professionnels de santé » et, in fine, « l’organisation territoriale des soins ».

Futur de l’imparfait

L’exécutif est ici au pied du mur hospitalier et il le sait. Agnès Buzyn : « Nous savons que si on laisse faire, les difficultés d’accès aux soins vont s’aggraver (…) Nous suivons de près la situation avec les Agences Régionales de Santé. Nous avons un tableau de suivi qui nous permet d’anticiper les besoins. J’ai rencontré les urgentistes, car ce sont les services les plus en tension. L’idée est de piloter au plus près, et nous ferons un point hebdomadaire. »

Et puis la ministre des Solidarités et de la santé use d’une étrange formule, un propos venu des temps anciens des mandarins. Interrogée par Libé quant à son analyse de la « très forte attente du monde hospitalier » Agnès Buzyn répond que, pour formuler son diagnostic elle « a permis, de fait, l’expression de son mal-être ». L’expression de cette souffrance avait-elle vraiment besoin d’une autorisation ministérielle ?

« L’hôpital souffrait fortement, les professionnels de santé ont pu l’exprimer, ajoute-t-elle. Et c’était important. » Il n’est pas certain que l’usage, ici, de l’imparfait soit pleinement d’actualité.

A demain

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