Les soignants peuvent-ils « séquestrer » leurs « managers » pour mieux se faire entendre ?

Bonjour

Les médias généralistes nationaux n’en parlent pas. Ou si peu. Une larme sur France Culture. Sécheresse sur France Inter. Depuis plusieurs semaines un mouvement de grève du personnel affecte le fonctionnement de l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet du Havre (ville dont l’actuel Premier ministre Edouard Philippe fut un temps un édile). Pourtant les images sont là : depuis dix jours un groupe de sept agents occupe le toit de l’établissement pour réclamer l’ouverture d’une nouvelle unité d’hospitalisation, la création de cinquante postes, l’arrêt de la polyvalence des agents et la titularisation des personnels aux statuts précaires. Nous sommes loin, ici, du maintien d’on ne sait quel « privilège ».

« Ce mouvement a franchi un cap le jeudi 5 juillet au soir. Entre 19 h 30 et 20 h 20, les grévistes ont retenu le directeur de l’établissement, son adjointe et la directrice des soins au dernier étage du bâtiment, rapportent quelques médias. Ils avaient été, le matin, une vingtaine à prendre la décision de séquestrer leur directeur après l’échec des négociations organisées le matin.  Tous ont quitté les lieux vers 21 heures après avoir discuté avec les représentants syndicaux et deux médecins de l’établissement. »

Les syndicalistes rejettent le terme de « séquestration » pour lui préférer celui de « blocage ». Le Syndicat des managers publics de santé (SMPS) a aussitôt dénoncé des méthodes « injustifiables et inadmissibles ». Le syndicat se désole qu’« une nouvelle fois, l’intimidation, la contrainte, l’emploi de la force ne soient pas considérés comme des lignes rouges, mais comme des moyens utilisables pour obtenir satisfaction ». Les grands mots. Le refus de comprendre la dimension symptomatique, le poids du symbolique. Faut-il redire que la « satisfaction », ici, vise les malades ?

Que disent d’autres ces syndicalistes-managers ? Ils  appellent de ses vœux le retour à l’apaisement et demande aux pouvoirs publics de rappeler « fermement à la règle les personnes à l’initiative de tels actes ». Où l’on mesure, au Havre comme ailleurs, le chemin qui reste à accomplir pour une convergence des luttes syndicales au sein de l’hôpital.

A demain

 

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