Pourquoi un chirurgien orthopédiste s’est -il pendu dans son bureau de l’hôpital Simone Veil ?

Bonjour

Rien (ou presque) n’avait filtré. Mais rien ne plus être caché. Ainsi ce papier du Parisien : « Val-d’Oise : émotion à l’hôpital d’Eaubonne après le suicide d’un chirurgien ».

« L’émotion est à son comble à l’hôpital Simone Veil d’Eaubonne, où un chirurgien orthopédique a mis fin à ses jours le 1er juillet dernier, dans son bureau, lors de sa garde. Des collègues de son service, qui s’inquiétaient de ne pas le voir revenir alors que des interventions étaient programmées, l’ont retrouvé pendu. Ce médecin expérimenté a été placé immédiatement en réanimation, où il est décédé le dimanche 8 juillet. Celui-ci n’a laissé aucune explication sur son geste. »

Le Parisien ajoute qu’une assistance psychologique a aussitôt été mise en place « assurée par un cabinet extérieur » (sic) et toujours opérationnelle. L’établissement hospitalier a par ailleurs mis en place « une réduction d’activité du service », en concertation avec les hôpitaux environnants. « On était sous un effet de sidération très importante, explique-t-on du côté de la direction de l’établissement. Il y a une vraie cohésion de la communauté médicale, et avec la famille. Aujourd’hui personne ne connaît vraiment les motivations de ce geste. Mais le fait que cela ait eu lieu sur le lieu de travail ne laisse personne indifférent. De ce fait, on est en train de revoir tous nos dispositifs de prévention. »

Corde

Le hasard et/ou la fatalité fait/font que l’hôpital Simone Veil d’Eaubonne avait été choisi en février dernier par le Édouard Philippe pour présenter un plan de transformation de l’hôpital. Il s’agissait, en février, d’en finir avec les rafistolages (sic).Plan présidentiel aujourd’hui en rade/cale sèche.

« Cela a été extrêmement dur à vivre, dit le secrétaire de la section CGT de l’hôpital. Pour l’instant, nous n’avons pas d’explication. Le fait que ce soit sur le lieu de travail ne met pas de côté toute la dimension personnelle, mais ce n’est pas anodin. Pour moi, le fait que ça se passe dans le service pointe l’organisation du travail. »

Le Parisien : « Des collègues évoquent deux autres cas de suicide parmi le personnel, ces dernières années. Une assistante sociale et une infirmière auraient mis fin à leurs jours, hors de l’établissement. Une enquête judiciaire a été ouverte, ainsi qu’une enquête de l’inspection du travail. Le CHSCT va par ailleurs lancer une expertise. »

Le Quotidien du Médecin précise que le mort était un chirurgien orthopédiste âgé de plus de 50 ans (information de la direction de l’hôpital). Pendaison dans son bureau. Il exerçait dans cet l’hôpital depuis trois ans. L’hôpital a organisé une cérémonie pour lui rendre hommage. Le gouvernement a présenté ses condoléances par le biais de l’agence régionale de santé Ile-de-France.

Mais encore ? La directrice de l’hôpital ne s’« explique pas un tel acte ». Interrogée sur d’éventuels messages d’alerte reçus en amont elle assure n’avoir eu « aucun élément pour expliquer un geste comme ça, ni personnel ni professionnel, qui aurait permis de savoir ce qui allait se passer ». « Le fait que cela se soit passé sur le lieu de travail nous interroge, évidemment », ajoute-t-elle.

Nous aussi. Evidemment.

A demain

 

2 réflexions sur “Pourquoi un chirurgien orthopédiste s’est -il pendu dans son bureau de l’hôpital Simone Veil ?

  1. Encore une mort affreuse, un souffrance psychique afreuse, une famille et des proches frappés.
    Quelle horreur.
    Mais …..
    Cette rapidité à s’interroger sur la responsabilité des conditions de travail et seulement elles, est de l’ordre du réflexe et du pointage facile d’une cause plus séduisante (!) que d’autres que heureusement on ne se permet pas d’aborder. Ce serait trop indécent mais seulement plus indécent que d’accuser le travail sans en rien savoir et sans qu’il soit urgent à la semaine près de le savoir.

    Est-ce que cela sert pas la cause de ceux qui luttent justement contre le harcèlement et la décrépitude financière de l’hôpital que de faire feu de tout bois: cela ne fait pas preuve d’un raisonnement sain et honnête. Mais ça marche. Alors cyniquement pourquio ne pas foncer et accuser sans savoir ?

    On aimerait n’entendre que l’expression de la tristesse, et voir une attente silencieuse avant d’en savoir plus.

    Décidemment homo sapiens aimme bien les raisonnements faciles et la glissade au gré de ses idées préconçues.

    Pour celui qui a un marteau, tout est clou.

    Bien sûr que le travail peut être en cause, tout ou rien.

    Bien sûr qu’il peut ne pas l’être.

    Bien sûr qu’on peut ne jamais rien savoir.

    Tirer argument d’une mort horrible pour appuyer une cause même valable, c’est quasi-systématique lors d’un suiide au travail, mais ce n’est pas moral, et ce n’est scientifiquement et philosophiquement pas recevable. C’est un peu dégoûtant même.

    Que l’on cherche à savoir par une enquête s’il y a des indices de surmenage, de harcèlement, c’est normal par contre et souhaitable.

    Il faut bien se suicider quelque part: maison , travail, ailleurs.
    Si un chirurgien harcelé à la clinique ou à l’hôpital se suicide chez lui alors ce sera une raison familiale ? Dans sa voiture, sous un train que sera-ce ?
    Un peu simple hein?

    Je renvois aux commentaires que j’avais faits et à ceux de Schwartz pour un billet précédent sur de blog:

    2018/06/13/ Pourquoi-une-jeune-chirurgienne-en-vient-elle-a-se-suicider-sur-son-lieu-de-travail

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