Agnès Buzyn va-t-elle bientôt interdire l’utilisation des masques «antipollution» ?

Bonjour

C’est un rapport assez dérangeant. Un document nettement plus politique que ce que laisse penser son titre : « Évaluation du bénéfice sanitaire attendu de dispositifs respiratoires dits antipollution ». Rendu public aujourd’hui par l’Anses ce rapport établit que rien ne permet, raisonnablement, de recommander l’utilisation des masques dits « antipollution ». Au terme d’une longue « expertise collective » les auteurs concluent ainsi à l’insuffisance de données disponibles pour attester d’un bénéfice sanitaire lié au port de ces masques par le grand public.

Deux points principaux. La plupart des dispositifs proposés à la vente sur le marché français sont conçus pour protéger des particules présentes dans l’air ambiant et ne protègent pas contre les substances présentes à l’état gazeux. Plus grave : le port d’un masque dit « antipollution » peut donner un faux sentiment de protection à son utilisateur et entrainer des comportements conduisant éventuellement à une surexposition aux polluants dans l’air.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail avait été saisie de cette question par les ministères en charge de la santé et du travail. Il s’agissait notamment d’évaluer le bénéfice sanitaire potentiel du port de tels masques pour la population générale et en particulier les personnes les plus sensibles à la pollution de l’air.

Ressort politique

Conclusion : « l’Agence ne recommande pas aux pouvoirs publics d’encourager le port de tels dispositifs ». A dire vrai l’Anses va plus loin, dépasse la frontière technique et s’aventure dans le champ politique. Elle rappelle que la pollution de l’air ambiant représente aujourd’hui, selon l’Organisation mondiale de la santé, le principal risque environnemental pour la santé dans le monde – et  que l’exposition à la pollution dans l’air est (notamment) responsable du développement de pathologies respiratoires et cardiovasculaires.

Pour l’Anses l’important est d’agir en priorité à la source, et ce « en limitant les émissions polluantes pour réduire les impacts sanitaires ». De plus, elle préconise « d’améliorer l’information de la population et des personnes sensibles sur les comportements à adopter afin de limiter l’exposition quotidienne ». Concernant les travailleurs exposés à la pollution de l’air ambiant, l’Agence recommande aux acteurs de la prévention « de se saisir de la problématique et de l’inclure dans leur démarche d’évaluation des risques ».

Quant aux masques l’Anses recommande au pouvoir exécutif « d’améliorer la transparence sur les revendications d’efficacité des produits mis sur le marché ». Et ce « afin de s’assurer que les dispositifs vendus soient conformes aux obligations requises et que les utilisateurs de ce type de protection soient dûment informés ».

En d’autres termes il faudra expliquer aux acheteurs potentiels, inquiets pour leur santé, que ces masques sont, au mieux, inefficaces  et, au pire, dangereux. Expliquer que la solution contre la pollution atmosphérique est, avant tout, du ressort quasi-exclusif du politique.

A demain

6 réflexions sur “Agnès Buzyn va-t-elle bientôt interdire l’utilisation des masques «antipollution» ?

  1. A reblogué ceci sur The Ad Spreadet a ajouté:
    Encore une histoire de fous où l’on se laisse enfumer au point de ne plus savoir qui fait quoi dans cette plus que nébuleuse pollution aux particules fines et son simpact sur la santé ausi bien des trav ailleurs exposés que du public.
    Où l’on retourve le dilemne entre un principe de précaution et un équipement de portection individuel (EPI) sous la forme de masques faciaux qui filtrent les particules fines (dont les virus).
    La question ici posée était donc de savoir si les masques disponibles à la vente, type FFP3 (norme EN 149:2001) sont efficaces et par voie de conséquence à recommander en situation d’exposition à une pollution de l’air?
    La réponse de l’agence gouvernementale, l’Anses est visiblement :NON, préférant agir directement sur la source émettrice de polluants et ainsi de ne pas reconnaitre nio efficacité, ni avantage en terme de santé publique.
    C’est un peu choquant toout de même et au moins pour deux raisons:
    1) cette position de l’Anses va à l’encontre de la norme européenne EN 149; la conséquence devrait donc de supprimer cette norme et de la remplacer par une autre qui permettra aux fabricants de vendre des appareils respiratoires sécurisants par une protection efficace.
    2) On prend le risque sanitaire de ne pas préconiser le port d’un masque antipollution même si celui-ci représente, pour le moment, le seul moyen pour diminuer les impacts de la pollution sur la santé. (je renvoie au débat sur prévention/principe de précaution).
    N’y a t il pas derrière cette prise de position assez étonnante, la difficile position du gouvernement et des ministères de la santé et du travail, a devoir financer et mettre en ouevre la distribution de tels masques à chaque épisode de pic de pollution?
    Je n’ai pas la réponse à cette question politique…

  2. On observe là un trouble du raisonnement ou une tentative de noyer le poisson, sans masque de plongée.

    Si l’on apprenait à raisonner à l’école, on résonnerait moins, façon cloche.

    Voyons:
    ===================================
    « l’insuffisance de données disponibles pour attester d’un bénéfice sanitaire lié au port de ces masques par le grand public. »

    En clair : il n’y a pas de données qui indiquent un bénéfice.

    C’est très différent que de dire  » les données indiquent qu’il n’y a pas de bénéfice ».

    S’il n’y a pas eu de recherche visant à savoir s’il y a bénéfice sanitaire la réponse c’est ON NE SAIT RIEN ET ON NE PEUT EXCLURE un bénéfice.

    C’est pourtant simple.

    Autrement dit : « l’absence de preuve (d’effet) n’est pas une preuve d’absence (d’effet).

    Zéro à l’épreuve de philosophie du bac en France. Normalement en classe de première on apprend à raisonner ce n’est vrai ?

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    « il faudra expliquer aux acheteurs potentiels, inquiets pour leur santé, que ces masques sont, au mieux, inefficaces  »
    NON ! on ne sait pas . Il n’y a pas de données qui le disent et s’il y en avait montrant le contraire on nous l’aurait dit; Donc : NON, on ne peut pas dire que ces masques sont, au mieux, inefficaces « .

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    « Plus grave : le port d’un masque dit « antipollution » peut donner un faux sentiment de protection à son utilisateur et entrainer des comportements conduisant éventuellement à une surexposition aux polluants dans l’air. »

    Ils prennent les gens pour des CRETINS ?

    Un écolo tout vert qui met un masque pour rouler à véo en ville va aller se promener dans le nuage noir de la camionnette diesel ? Pardon, du van diesel. On est en France.
    Ces gens sont grotesques: noyage de poisson.

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    « Pour l’Anses l’important est d’agir en priorité à la source,
    Ah ? Sans blague ! Génial ! (j’ai envie d’écrire oh pu… qui l’eût crû !) mais ce n’est pas la réponse à la question posée.

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    Quant on a rien à dire , les mots pour le dire viennent aisément, il semble (pardon, Boileau!)

    • Je ravale….

      Il semble qu’il y ait des données utiles indiquant qu’en conditions réelles d’utilisation, les particules passent en masse.

      Attendons de voir le rapport

      (Donc je continue à rouler sans masque)

      • peut être que les particules passent en masse mais ce n’est pas la question, ce qu’il faut savoir, c’est si le masque arrête quelque chose.
        Pour cela c’est facile à faire : 2 tests (ou 2 fois 200) un double tube qui aspirent, un sans masque et l’autre l’air ambiant dans différentes situations (villes, périfs, métro…) et regarder s’il n’y a pas de différences majeures entre les deux. On serait peut être surpris.

        Croire que cela protège de tout est une chose, croire que cela protège de rien en est une autre, et il y a un éventail de possibilités entre les deux.

        ps : j’aimerais une vraie étude épidémiologique entre un fumeur modéré (5-10 cigarettes par jour) habitant à la campagne et un cycliste à paris non fueur pour voir ce qui est pire pour la santé.

  3. Le rapport qui se hausse un peu du col « expertise par ci , expertise par là  » et un peu long.
    Va falloir du temps
    Avis aux amateurs, dans leur grand pragmatisme les auteurs ont enfoui la table des matières page 33 !
    remplacez les  » « N » par 3 « w »:
    NNN.anses.fr/fr/system/files/AIR2015SA0218Ra.pdf

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