Remboursement de l’homéopathie : sérieux avertissement à Agnès Buzyn et au gouvernement

Bonjour

Le titre est sans précédent  : « La Commission s’étonne du maintien du taux de remboursement à 30% des médicaments homéopathiques à nom commun compte tenu du taux de remboursement à 30% voire 15% de médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité ».

C’est un avertissement de la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS). Il s’agit d’une instance scientifique composée de médecins, pharmaciens, spécialistes en méthodologie et épidémiologie. Elle évalue les médicaments ayant obtenu leur autorisation de mise sur le marché (AMM), lorsque le laboratoire qui les commercialise souhaite les voir remboursés par la Sécurité sociale. Cette Commission a aussi pour mission de donner un avis aux ministres chargés de la Santé et de la Sécurité sociale sur la prise en charge des médicaments par la Sécurité sociale et /ou pour leur utilisation à l’hôpital.

Cette Commission avait récemment à réaliser l’évaluation de l’efficacité de quatre spécialités homéopathiques en vue de maintenir leur remboursement, procédure automatique programmée tous les cinq ans. Ces substances sont actuellement sur le marché sans indication thérapeutique ni posologie – charge revient aux prescripteurs de les déterminer en fonction de leurs patients.

Georgina Dufoix

Or, coup de théâtre, la Commission de la transparence affirme d’entrée « ne pas pouvoir se prononcer sur le ‘’service médical rendu’’ par ces spécialités ». Et ajoute cette pique : « La Commission s’étonne du maintien du taux de remboursement à 30% des médicaments homéopathiques à nom commun compte tenu du taux de remboursement à 30% voire 15% de médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité ».

Comment expliquer que le remboursement de ces produits soit toujours en vigueur alors que leur « Service Médical Rendu » n’a jamais été évalué ? Comment justifier cette situation alors que l’Académie de médecine comme les Académies des sciences européennes ont depuis longtemps tranché la question scientifique : en l’absence de toute substance active détectable, les spécialités homéopathiques ne peuvent, en toute rigueur, avoir d’action propre.

C’est là une exception française qui date de trente-quatre ans avec la publication au Journal Officiel d’un arrêté daté du 12 septembre 1984 signé par Georgina Dufoix, alors la ministre des Affaires sociales et de la solidarité nationale du gouvernement de Laurent Fabius.

Boulets rouges

« Le taux de remboursement initial de la caisse était fixé à 65 %, rappelle Le Quotidien du Médecin. C’est seulement en 2004 que ce taux est ramené à 30 %. Il sera gravé dans le marbre dans la loi de financement de la Sécurité sociale. Cette même année, l’Académie de médecine avait tiré à boulets rouges sur l’homéopathie, l’accusant d’être dénuée de fondement scientifique. »

« Le remboursement de ces produits par la Sécurité Sociale apparaît aberrant à une période où, pour des raisons économiques, on dérembourse de nombreux médicaments classiques pour insuffisance (plus ou moins démontrée) du service médical rendu.

« Qui plus est, cette mesure n’aurait rien d’exorbitant car elle a été prise par beaucoup de pays notamment en Europe. C’est tout récemment, en fin 2003, que le gouvernement allemand a décidé de supprimer le remboursement des médicaments homéopathiques par les Caisses de maladie. Mais c’était déjà le cas en Italie, en Espagne, en Finlande, en Suède, en Norvège et en Irlande. »

Vitriol

Quatorze ans plus tard l’abcès reste entier. Mais il a, aussi, pris une dimension politique avac une tribune vitriolée publiée en mars dernier par Le Figaro dans laquelle les signataires dénonçaient notamment les « pratiques ésotériques » de certains praticiens. Depuis Agnès Buzyn s’est plusieurs fois exprimée, la ministre des Solidarités et de la Santé variant notablement de position sur le sujet.

Mme Buzyn avait finalement déclaré le 24 mai sur France Inter qu’elle envisageait de conditionner le remboursement de l’homéopathie à une évaluation scientifique stricte, ajoutant par ailleurs que le débat sur le déremboursement serait ouvert cet été.  C’était en mai. Nous sommes en été.

A demain

8 réflexions sur “Remboursement de l’homéopathie : sérieux avertissement à Agnès Buzyn et au gouvernement

      • @Anne Pendariès:

        Un comble votre réponse !
        A léger, léger et demi.
        Poutre et paille.

        Au cas où cela ne serait pas clair c’est une réponse qui tente de montrer l’inanité de l’argument du coup de boutoir de BIGPHARMA. Si c’était le cas oui ce serait une forme de complot.

        Vous n’avez pas d’argument moins léger que « la faute A BIGPHARMA, vous ?

        Boiron, par exemple, n’est pas un exemple de bigpharma ?

        Et je ne tiens pas l’industrie pharamceutique comme une industrie pourvue d’éthique sans reproche, loin de là, j’ai lu et relaie Götzsche, qui démontre que c’est l’industrie la plus (une des plus ? ) condamnée (s) au monde et en général pour des tromperies scandaleuses (« Deadly Medicines and Organised Crime: How Big Pharma Has Corrupted Healthcare ») .Organized crime. Et il le documente.

  1. Je trouve que l’étude véritable du bénéfice-risque et du service rendu est primordial en médecine.

    Je propose donc de commencer par les médicaments les plus chers et d’en analyser les services rendus.

    Je pense que les oncologues vont devoir se mettre aux prières pour les traitements. Le coté positif, c’est que l’on va gagner sur la iatrogénie.

    • Si le rapport « bénéfice-risque/service rendu » des médicaments était systématique apprécié et évalué, BIGPHARMA aurait bien du souci à se faire ! Aujourd’hui, on le sait, ce sont les patients qui servent de cobayes, en particulier en cancérologie, où les prix atteignent des niveaux astronomiques ! Le résultat de la collusion/corruption de nos « élites », là aussi, on le sait aussi, le niveau atteint est astronomique !

  2. L’homéopathie est une médecine douce reconnue par l’Assurance Maladie et séduit près de la moitié des français pour ses bienfaits sur notre santé….on comprend bien que l’état a plus intérêt a mettre l’homéopathie dans les super marchés pour moins rembourser son utilisation…mais qui faudra-t’il accuser en cas de mauvaise utilisation par auto médication ?

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