«De chaque instant» : l’AFP rend hommage à un film qui rend hommage aux soignants

Bonjour

C’est une dépêche éclairante de l’Agence France Presse (24/08/2018 07:40:22 – Paris AFP – © 2018 AFP). Une dépêche réconfortante dans un univers où les dépêches, sur le fil, ne le sont guère.

Le sujet : la sortie en salle, le 29 août du film du documentariste Nicolas Philibert : « De chaque instant » (Les Films du Losange). Avec Les formatrices, formateurs, étudiantes et étudiants en soins infirmiers de l’IFPS de la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, Montreuil

« Chaque année, elles sont des dizaines de milliers à se lancer dans les études qui leur permettront de devenir infirmières. Admises au sein d’un « Institut de Formation en Soins Infirmiers », elles vont partager leur temps entre cours théoriques, exercices pratiques et stages sur le terrain. Un parcours intense et difficile, au cours duquel elles devront acquérir un grand nombre de connaissances, maîtriser de nombreux gestes techniques et se préparer à endosser de lourdes responsabilités. Ce film retrace les hauts et les bas d’un apprentissage qui va les confronter très tôt, souvent très jeunes, à la fragilité humaine, à la souffrance, la maladie, et aux fêlures des âmes et des corps. »

Ici la bande-annonce – grâce à Télérama.

Ce film suit un parcours et complète une œuvre : après un institut dédié aux enfants sourds (« Le pays des sourds », 1992) ou une petite école primaire auvergnate, (« Être et avoir« , 2002) Nicolas Philibert a posé sa caméra à Montreuil (Seine-Saint-Denis). L’AFP :

« Cours théoriques, travaux pratiques, immersion brutale des étudiants en stage: en filmant pendant près de six mois « l’apprentissage », le réalisateur entendait capturer les « soubassements » du métier d’infirmière, « mettre en lumière ce que le temps et l’expérience finissent par rendre imperceptibles ».

« Il révèle, notamment, la complexité des « soins ordinaires », gestes répétés à l’infini qui demandent précision, maîtrise et dextérité, mais aussi des savoirs indispensables, règles d’hygiène et protocoles de sécurité à apprendre par coeur. Il illustre avec force, surtout, l’épineuse mais essentielle mise en place d’une relation avec le patient, la douloureuse confrontation avec la maladie, la souffrance et la mort. »

Pourquoi ? Nicolas Philibert voulait ainsi « rendre hommage à ces personnels, habituellement dans l’ombre et souvent déconsidérés, qui travaillent dans des conditions difficiles » dans les hôpitaux et maisons de retraite en tension, « confrontés au manque de personnel, contraints de travailler à la chaîne » mais « qu’on entend très peu ».  Sauf, il est vrai, lorsque ces soignants se révoltent quand ils estiment ne plus disposer des conditions pour exercer leur métier. Un métier dans lequel certains perçoivent une vocation.

Embolie et Providence

Le documentariste explique que l’idée lui «tournait dans la tête ». « Puis la providence m’a envoyé faire des repérages » dit-il. L’AFP précise que le documentariste évoquant une embolie pulmonaire, qui après l’avoir conduit aux urgences, lui a donné le « déclic ».

Sans voix off, le film est construit en trois mouvements : la théorie, les stages hospitaliers et, au retour, les échanges avec les enseignants-formateurs.

« Certains ont accompagné des patients jusqu’à leur dernier souffle. D’autres ont écouté des récits douloureux, soutenu des familles. Plusieurs ont été confrontés aux problèmes de management voire de harcèlement « dont l’actualité fait souvent écho » » souligne encore l’AFP – cette même AFP qui sait ce qu’il en est de l’écho donné à ces luttes menées pour parvenir à soigner, à réparer les vivants.

L’occasion est ici fournie au documentariste, de pointer « l’écart entre les aspirations et le réel », quand les grands principes enseignés à l’école, notamment sur le plan humain, l’importance de l’écoute et de l’attention portée au patient, sont mis à mal ». « Il faut soigner nos soignants » conclut Nicolas Philibert. Sans pour autant sombrer dans le pathos : l’ « Hôpital-Entreprise » déshumanise, certes, mais son film « ouvre plein de fenêtres », « montrer le désir d’apprendre ». Le désir d’une jeunesse engagée, tournée vers les autres, sensible et multiculturelle. Merci.

A demain

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