Plaquages et anatomie : les Gros Pardessus du rugby français ne peuvent plus se cacher

Bonjour

Jadis, sur les prés du rugby, tout était simple :  le plaquage consistait à « mettre à terre l’attaquant porteur du ballon en encerclant ses cuisses dans l’étreinte des bras et en accompagnant la chute ».  Une effusion castratrice, en somme. Puis l’affaire évolua vers le haut du corps – au point qu’il est aujourd’hui possible de « plaquer » jusque « sous la ligne des épaules ». Une sorte de liberté donnée à la seule fin de « défoncer » le porteur du ballon. Avec toutes les conséquences que l’on peut redouter, toutes les lésions thoraciques et cérébrales que l’on peut imaginer.

La récente mort d’un jeune joueur d’Aurillac (Louis Fajfrowski) continuant à semer le trouble dans la jungle de l’Ovalie, le dossier du plaquage est plus que jamais d’actualité. L’Equipe du 28 août y consacre deux belles et pleines pages (Frédéric Bernès) : « Baisse-toi et plaque ». Et nourrit son propos d’un travail scientifique édifiant réalisé par l’analyste Ben Hester pour World Rugby. Un vrai spécialiste avec publications scientifiques. L’Equipe :

« Ce mardi midi, au stade Arcul de Triumf à Bucarest, des cobayes samoans et des souris de laboratoire hongkongaises vont s’affronter sous l’oeil du microscope de World Rugby. Dans ses réflexions autour de la sécurité du jeu, la Fédération internationale a choisi le Trophée – 20 ans – Coupe du monde des équipes de Deuxième Division organisée en Roumanie (28 août-9 septembre) – pour tester pour la première fois l’interdiction de plaquer au-dessus de ce que les anglophones nomment la «nipple lane», la ligne des tétons. Le match d’ouverture Samoa – Hongkong inaugurera le labo. Dans quelques semaines, une initiative cousine sera menée par la Fédération anglaise à l’occasion de la nouvellement créée Championship Cup, la Coupe des équipes de Deuxième Division. Mais cette fois, la démarcation sera fixée par la ligne des aisselles. Il faut suivre.

Dans la géographie des plaquages, l’expérience roumaine ne se propose d’abaisser la limite maximale que d’une dizaine de centimètres, entre ce qui est autorisé aujourd’hui (la ligne des épaules) et ce qui va être testé (la ligne des tétons). «Même si ce n’est que huit ou dix centimètres, ça peut changer beaucoup de choses, pense Sébastien Piqueronies, entraîneur des champions du monde (moins de 20 ans) français. Je prends souvent l’exemple d’une cible. Si elle fait trois mètres de circonférence, tu peux y aller comme un bourrin. Si elle devient plus petite, il te faudra être plus précis. Cette initiative peut également enrayer le phénomène du plaquage qui ripe (qui commence à bonne distance mais finit au-delà … »

« Encerclant ses cuisses dans l’étreinte des bras et en accompagnant la chute » 

Tout ou presque est là. Et tout pourrait (peut-être) bientôt changer. Le règlement interdit actuellement les plaquages au-dessus de la ligne des épaules – mais World Rugby envisage de les proscrire au-dessus de la poitrine. Des expérimentations sont en cours tandis que, en Top 14, les arbitres ont été appelés à plus de sévérité.

On lira, dans L’Equipe, les détails et le chiffres scientifiques fournit par Ben Hester. L’homme a décortiqué 4.500 plaquages Une première qui confirme l’extrême dangerosité des plaquages thoraciques. Et l’on découvre que modifier expérimentalement la règle conduit à une véritable réduction des risques. Modifier la frontière verticale du plaquage ? Un monument de marbre du rugby mondial (Steve Hansen, sélectionneurs des  All Blacks) est pour :

« Je pense que c’est bien parce que c’est plus clair que ‘’la ligne des épaules’’. On sait tous où se trouvent les tétons »

Un effort, Steve : nous savons tous, aussi, où se trouvent l’abdomen, l’ombilic, les hanches et la frontière septentrionnale indépassable des crêtes illiaques. Et il ne doit pas être très difficile de traduire, dans toutes les langues de l’Ovalie « mettre à terre l’attaquant porteur du ballon en encerclant ses cuisses dans l’étreinte des bras et en accompagnant la chute ».

Descendre pour progresser, en somme. On aimerait, précisément sur ce sujet, entendre de lourds spécialistes jadis affûtés. A commencer par le responsable estampillé de la section médicale des Gros Pardessus ouatés du rugby français.

A demain

Une réflexion sur “Plaquages et anatomie : les Gros Pardessus du rugby français ne peuvent plus se cacher

  1. Ce n’est pas forcément le plaquage seul qu’il faut règlementer, mais aussi le jeu. Si les plaquages hauts sont si nombreux, c’est aussi lié à la règle du maul.
    A terre, si le ballon ne sort pas, il reste en possession de l’équipe qui avance (avantage à l’attaque donc).
    En l’air, c’est le contraire, c’est la défense qui sort gagnante, d’où l’intérêt de ne pas plaquer au jambes…

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