« Arrêts de travail » injustifiés : Agnès Buzyn lance la polémique en accusant les médecins  

Bonjour

La méchante affaire commença à l’aube, sur Radio Classique  – avant d’être amplifiée par Le Quotidien du Médecin. Où l’on entend Agnès Buzyn traiter de la régulation à venir des dépenses d’arrêts de travail – une ministre membre d’un gouvernement ne faisant pas mystère de sa volonté de contenir le coût des « indemnités journalières » (10 milliards d’euros par an).  Pour l’heure la ministre des Solidarités et de la santé « s’interroge » sur le rôle des médecins prescripteurs et celui de la Sécurité sociale  « payeur ». Agnès Buzyn :

« Est-ce que la Sécurité sociale est là pour payer des arrêts de travail extrêmement coûteux qui augmentent de façon incompréhensible ? […] Quand nous contrôlons les arrêts de travail, 15 % sont inappropriés, sont des abus. Il y a quelqu’un qui paye pour tout le monde, c’est la Sécurité sociale. Le médecin peut prescrire facilement, ce n’est pas lui paye. Une entreprise s’en fiche quelque part […] puisque ce n’est pas elle qui paye ! (…) »

Chaque année, rappelle-t-elle les arrêts de travail coûtent 400 millions d’euros de plus à la Sécurité sociale :

« Les arrêts maladie augmentent de 4 % par an depuis plusieurs années. C’est 400 millions d’euros par an supplémentaires qui sont reversés sous la forme d’arrêts maladie et qui ne vont pas aujourd’hui dans les caisses de l’hôpital, ou pour payer des traitements innovants, ou pour payer des soins de ville »

Un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales demande un meilleur contrôle des arrêts maladie et davantage de précisions sur les motifs. Extraits :

« La meilleure connaissance de la justification médicale de l’arrêt constituerait une source d’économies supplémentaire. La mention du motif médical n’est actuellement pas systématiquement vérifiée, quel que soit le format de l’arrêt (papier, électronique). Or la liquidation des indemnités journalières requiert de s’assurer de la réalité de la dépense.

« Les arrêts non motivés médicalement ne devraient plus être indemnisés, comme c’est actuellement le cas pour la quasi-totalité d’entre eux. Par ailleurs, la méconnaissance des éléments d’ordre médical complique le ciblage des contrôles au niveau des échelons locaux du service médical. L’institution d’une obligation de codification de la pathologie en CIM-10 (papier et formulaire électronique) permettrait de sécuriser le contenu du motif. »

Excédés de porter le chapeau

Pour l’heure MG France exprime son « effarement » devant les propos tenus par la ministre :

« Ce taux de 15 % s’applique aux arrêts ayant fait l’objet d’un contrôle. Ces contrôles portent sur moins de 5 % de l’ensemble des arrêts maladie. 15 % de 5 % égalent 0,75 %,ce qui est un chiffre nettement moins spectaculaire … Les arrêts de plus de 6 mois sont systématiquement validés par le service médical. Pour cette raison, les médecins qui les prescrivent ne peuvent être mis en cause. »

MG France « s’étonne » d’autre part qu’Agnès Buzyn puisse sembler regretter que les médecins ne paient pas les indemnités journalières des patients à qui ils prescrivent un arrêt de travail.

« Faudrait-il, pour limiter les dépenses de santé en France, que les médecins paient les indemnités journalières ? Pourquoi pas aussi les médicaments ou les examens prescrits à leurs patients ? Les médecins généralistes, conduits par leur rôle de premier recours à prescrire la majorité des arrêts de travail, sont excédés par ce chapeau qu’on leur fait systématiquement porter pour ne pas avoir à questionner les causes profondes des difficultés physiques, sociales ou environnementales que rencontrent leurs patients.

« MG France comprend ces généralistes et leurs patients, et continuera à défendre les uns et les autres. »

Quant à l’UFML-Syndicat il tacle la ministre et qualifie ses propos de « blessants ». (« Suspecter les médecins de dérives car « ils ne payent pas », c’est faire montre d’une défiance totale à l’égard de la profession dont elle a la charge »).

« “Les arrêts maladie augmentent de 4% chaque année depuis plusieurs années..” Cette réalité dramatique devrait alerter tout gouvernement digne de ce nom : le peuple va mal, le pays va mal… La ministre de la Santé devrait être celle qui lance l’alerte… Au lieu de cela… On désigne des coupables : les médecins, les entreprises et surtout…les patients ! Au lieu de cela, on s’indigne juste du coût ! »

Un texte qui pourrait sans doute être signé par MG France.

A demain

2 réflexions sur “« Arrêts de travail » injustifiés : Agnès Buzyn lance la polémique en accusant les médecins  

  1.  » le peuple va mal, le pays va mal… La ministre de la Santé devrait être celle qui lance l’alerte… « .
    C’est juste ce que je voulais dire avant de le lire.
    Mais pourquoi élit-on des gens prêts à mener une telle politique ?

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