Rentrées : Emmanuel Macron va-t-il tirer le trait sur les auxiliaires et le participe passé ?

Bonjour

Rentrée. Lundi 3 septembre 2018. Pas moyen, pour le citoyen français connecté, d’y échapper. Avec, cette année une tribune originale  publiée dans Libération : « Les crêpes que j’ai mangé (..) » 1

Un texte centré sur l’un des monstres orthographiques français. Un serpent de mer et d’encre orthographiques ;  les accords du « participe passé » (avec les verbes être et avoir). Les auteurs ?  Deux  professeurs de français (Walllonie) : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron. Et un buzz assuré : « instaurer l’invariabilité du participe passé avec l’auxiliaire avoir » en toutes circonstances. Ces deux simplificateurs ont reçu le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles – qui dit s’appuyer sur « les avis du Conseil de la langue française et de la politique linguistique de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du Conseil international de la langue française ».

Où l’on en revient aux céphalées inhérentes à l’invariabilité – « sauf si le « COD » est placé devant ».  « Les règles d’accord du participe passé actuelles sont obsolètes et compliquées jusqu’à l’absurde », écrivent MM. Hoedt et Piron. Mais qui sont ces professeurs pour, au-delà du Quiévrain, décréter ce qui n’était pas hier absurde et ce qui, désormais, le serait ? Ecoutons-les :

« Souvent, les enseignants savent expliquer comment on accorde, mais pas pourquoi. L’incohérence des règles traditionnelles les empêche de donner du sens à leur enseignement. Le temps moyen consacré aux règles actuelles est de quatre-vingts heures, pour atteindre un niveau dont tout le monde se plaint.  Il ne s’agit pas de tout changer, de déstabiliser tout le système ou de supprimer ce qui est porteur de sens dans notre orthographe, mais de maintenir une norme unique, renforcée dans sa cohérence »,

Pour faire entendre leur voix ces deux enseignants ont élaboré un spectacle, La Convivialité, joué en France et en Belgique dans lequel ils fustigent et se gaussent des absurdités de l’Académie, gardienne de notre éternelle langue française. Il faudra aussi, demain, nous intéresser au merveilleux subjonctif et à son incomparable imparfait.

A demain

 1 Rappel: « Employé avec l’auxiliaire avoir, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct quand celui-ci le précède (les crêpes que j’ai mangées). Mais si le complément suit le participe, il reste invariable (j’ai mangé les crêpes).»

4 réflexions sur “Rentrées : Emmanuel Macron va-t-il tirer le trait sur les auxiliaires et le participe passé ?

  1. A y réfléchir , je ne trouve pas d’explication logique au « …ées » de « les fleurs que j’ai mangées » (Oui je mange des fleurs, pas le droit ?). La seule chose qui me pousse à l' »ées » c’est que c’est ainsi que j’ai appris, et lu et donc ça m’écorche les yeux de ne pas les voir là où je les attends. En toute logique l’invariabilité n’est pas gênante.
    Mais si on reproche a de vulgaires Belges de se prononcer sur la langue Française alors moi ….
    Au moins ce sont des Gaulois eux.

  2. Il faut réfléchir avant de croire simplifier: Quid lorsqu’il y a un complément du nom? « Les légumes de cet homme qu’ils ont mangé ». Anthropophages ou végétariens? « Les règlements de cette ministre que j’ai violé ». Infraction ou crime grave? Bref, une confusion de plus… un progrès de plus vers la tour de Babel.

    Schola Nova (Belgique)

      • En effet sans la bonne vieille règle vos exemples posent en apparence un problème.
        Mais convenez qu’ils sont un peu tirés par les cheveux ! Et il manque le contexte qui d’habitude éclaire.
        Je ne pense pas que le problème se pose souvent cas auquel on peut imaginer contourner le problème par une construction différente.

        Et pardon, mais en Anglais, Español /Português et Allemand, on fait il me semble sans l’équivalent de la règle française. Ca fait du monde. Bon l’Allemand c’est un peu différent d’autant que le verbe vient après de principe , je triche.

        Je ne crois pas qu’ils violent souvent les ministres.

        Les légumes que j’ai mangés sont infects. Tu as mangé les légumes ?
        Das Gemüse, das ich gegessEN habe, sind ekelhaft. Hast du das Gemüse gegessEN?
        Las verduras que he comiDO son repugnantes. ¿Has comido las verduras? (on dirait en fait plutôt « comiste  » au passé simple mais ça ne fait rien)
        Os legumes que hé comiDO sao nojentos. Você tem comiDO os legumes? (Idem , normalement on met le passé simple c’est juste ici pour l’exemple)
        The vegetables I have eatEN are disgusting. Have you eatEN the vegetables? (Idem , prétérit recommandé)

        Note : les légumes viennent de la grande distribution , tout s’explique.

        Bref: même si ça me fait mal de voir « Les légumes que j’ai mangé sont infects » je crois qu’on peut passer outre.

        Juste une opinion .
        My 2 cents .

        Note : les légumes viennent de la grande distribution , tout s’explique.

        Note à JYN: je sais pas heu… thanks, danke sehr, gracias, obrigado ?

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