Médecine: Emmanuel Macron va, demain, dynamiter le numerus clausus. A quelles fins ?

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5 septembre 2018. Oublié le départ de l’ancien animateur Nicolas Hulot. Oublié son remplacement par François Goullet de Rugy, politique plus que roué. C’est une « information France Info » : le nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron souhaiterait supprimer le numerus clausus et réformer en profondeur les études de santé. En finir avec l’ancien monde, en somme. Pour renaître certes. Mais sous quelle forme ? France Info :

« C’est la fin d’une institution vieille de plus de 45 ans pour les médecins. Le gouverneemnt  souhaite mettre fin au numerus clausus ainsi qu’au concours en fin de première année, tel qu’il existe actuellement, révèle franceinfo mercredi 5 septembre. Ils permettaient jusqu’à présent de limiter le nombre des médecins grâce à un concours très sélectif en fin de première année. Dans chaque université, les étudiants passeront, comme partout ailleurs, des partiels, qui leur permettront d’aller en deuxième année. »

On connaît les chiffres de l’invraisemblable gâchis. En 2017, sur 60 000 candidats,  8 200 ont été reçus en deuxième année.

« Le Premier ministre Edouard Philippe et Emmanuel Macron l’ont dit à plusieurs reprises : tout cela ne fait pas forcément ensuite de bons médecins, de bons praticiens. Il faut diversifier le recrutement aujourd’hui bien souvent réservé, aux étudiants qui peuvent se payer une prépa privée en plus ou se payer le luxe de redoubler. »

 Toutefois, ajoute France Info l’idée n’est pas de supprimer le numerus clausus pour laisser la porte ouverte à une dérégulation du nombre de médecins.

« Une déferlante est difficilement envisageable, car les universités ne pourront peut-être pas forcément pousser leurs murs. Sur le terrain, pas sûr non plus de trouver autant de stages que d’étudiants. Deux situations qui pourraient limiter naturellement l’ouverture.

« Pour remplacer le système actuel, le concours sera remplacé dans chaque université par des partiels très classiques. Ensuite, deux options sur la table. Soit le gouvernement ouvre complètement les vannes, ce qu’on appelle le numerus apertus, et alors libre à chaque université de former autant de médecins qu’elle le souhaite. La seconde option est de garder une forme de sélection, à l’issue de la licence, en fin de troisième année, avec, peut-être, un concours. Sur ces deux options, la question n’est pas encore tranchée ».

L’idée gouvernementale générale, nous assure-t-on depuis les ors de l’Elysée, est d’en finir avec l’enfer. Rendre ces études « plus modernes, plus humaines » (sic). Pour l’heure le déjà bien vieux syndicat médical CSMF réveille sa mémoire :

« Les Français font aujourd’hui les frais des décisions politiques des années 90. Instauré en 1971, le numerus clausus qui était de 8 671 en 1977, a été par la suite drastiquement diminué pour atteindre seulement 3 500 en 1993 : on s’imaginait à l’époque qu’en formant moins de médecins, on allait limiter les dépenses de santé !

« Depuis, les gouvernements successifs ont progressivement relevé le numerus clausus qui a retrouvé le niveau des années 70 ces dernières années (8 500 en 2018). Il y aura donc d’ores et déjà plus de médecins dans moins de dix ans. La CSMF appelle à une grande concertation entre tous les acteurs pour une réforme devenue indispensable. »

Où l’on perçoit, une nouvelle fois, la volonté de l’actuel exécutif : en finir avec les vieux carcans, faire exploser les vieux barrages, libérer de nouvelles énergies. Bel et bien. A quelles fins ?

A demain

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